jeudi 9 octobre 2008

miettes XII (douces)

miettes XII (douces)

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Internet serait un jeu de hasard qui nous mangerait la force productive. Même si ça nous fait gagner, il faut le rejeter.

Riders on the storm : j'écris à ma cousine prof de fac. Amuse-toi et ne t'ennuie pas. Je voudrais être d'avant-garde et je danse, je découpe des photos et les colle les unes sur les autres.

Dessiner un pentacle, avoir en face une athlète nue, une ouvrière héroïque. Porter des chapeaux à queue de renard. Le peuple a besoin de fêtes, quoique dernièrement il n'y a rien eu à fêter. Les grisettes languissent.

Il y a pas de clivage entre les héroïnes de la classe ouvrière et le prophète déclassé. Le rock nous unira et fera de nous des dieux.

Les hésitations de la brosse, les petits dépassements. La bourse craque et tout était là.

Il y a un trop de bonheur à rater un tableau. Un trop de bonheur insupportable.

De longs trains parcourus dans la nuit, en fumant des joints avec des inconnues.

Le pentacle suspendu sur la Sainte endormie, ses rêves la font se contorsionner, on dirait une chrysalide en fin de métamorphose. Elle se réveille et consulte le miroir, le paradis est là.

Sainte Catherine d'Alexandrie apparut à l'astronome, qui quitta l'observatoire pour les routes et les cabarets.

Le monde le plus proche est la Lune. L'affection qu'on peut en avoir nous la rend proche.

L'acte des sens qui savourent le plaisir pour nous mortifier.

mardi 7 octobre 2008

lundi 6 octobre 2008

miettes XI

miettes d'automne II

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C'est Led Zeppelin ? Non, Marianne Faithfull. Pour toi, tout est équivalent. Ce qui est fascinant (et stimulant au plus haut degré de l'aphrodisiaque) c'est le clivage entre les sexes dans le couple d'artistes.

L'ordre du son, voici la différence entre classique et jazz.

Croire tout ce qu'on lit sur la toile, comme croire aux nouvelles sentimentales ou à la télévision, fait partie de notre inconscience, de l'illusion qui pèse sur le réel. Par exemple la simplification qui consiste à dire que les bibliophiles sont d'extrême-droite.

Je suis sûr que le musicien suit la partition du discours du président.

Ce qui se prépare c'est des nouveaux Berlioz et Rameau, sans chaîne de musique ni ipod, entourés d'écriture, et d'un violon ou d'une guitare. Camembert en fin de semaine, et les mardis de la mi-mois des huîtres.

Quelle serait la différence entre celles qui aiment le clavecin et celles qui le détestent ?

Fumer à la fenêtre et prendre un rhume, dangers du tabac.

L'idée de mini roman je l'ai tirée d'un poète, mais je ne peux pas vous dire le nom, parce que je ne m'en souviens pas. J'ai ses deux livres dans ma chambre en Espagne.

Il peut être salutaire, de ne pas avoir d'internet, se dit-il.

Cher ami, mon oeuvre est toujours humide. Voudrais-je lui coller une étiquette, ça n'accrocherait pas.

Le style devient de la pose quand le photographe arrive.

Le présent historique sur la toile n'est pas de rigueur. Surtout si on raconte ce qui s'est passé, les temps ont une fonction renouvelée, qui tisse des liens toujours quelque peu causals. Si un ami me raconte en octobre dans un mail ses vacances d'été, ou pire, sa fin d'année scolaire, au présent historique, je risque de le prendre pour un allumé.

À présent je vais me remettre à lire Cervantes et démontrer que Garcilaso opère un agencement semblable à celui de Sacher-Masoch.

Les relectures de Cervantes tout au long de la vie constituent le quotidien mental de l'Espagnol, c'est inévitable d'abhorrer celui-là quand on veut faire la critique de celui-ci. On parle de l'objet-quotidien-Cervantes.

Certains noms ne résistent pas à la dialectique, les porter c'est forcer votre public à se boucher les oreilles.

dimanche 5 octobre 2008

Nouveautés sur Léo Scheer (m@nuscrits on-line)

En cliquant sur ce titre vous arrivez a mon petit aperçu accéléré et critique de la poésie espagnole. Voyez aussi chez Léo Scheer "Des parasites", "Le vomi", et autres.

samedi 4 octobre 2008

miettes X (W)

miettes X (W)

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La fonction de l'amulette : appauvrir plus doucement.

Être dans la mouvance néo-pauvre, voici ta seule consolation.

Le néo-pauvre ce n'est pas seulement l'artiste, mais tous ceux qui descendent socialement et qui sont forcés de se tourner vers l'art pour maintenir un reste de délivrance.

ça existe déjà, les néo-pauvres ? c'est ce qui arrive, dans la littérature de transmission numérique.

L'art néo-pauvre ne se retrouve pas dans un circuit particulier, il relève d'un public néo-pauvre au-dessus de lui qui le détecte grâce au dépôt de culture dont il est dépositaire.

Parfois sympathique, cet Art ne porte pas moins, pour autant, le poids de lourdes existences.

Dans la littérature de transmission numérique l'idée de prestige éclate sans pour autant disparaître.

Le vrai néo-pauvre signe encore ses pièces ou miettes, mais le prestige est lié à sa présence sur-place. Il se doit d'avoir honte en quelque sorte, le nouveau Tartuffe.

Voyez Cioran au début de la chaîne de montage.

Bientôt des grosses collections d'oeuvres détruites, en sorte de catalogues de ce dont on ignore presque tout, maintenus sur le maigre vestige d'un salon.

Je n'oublierai jamais le commentaire de Véra à Knight ayant pour topique "caviar sicut camembert". Est-ce une matrice, notre toile ? On n'est pas seulement leurré quant aux autres, mais quant à nous mêmes.

Tous les vieux intellectuels appelaient le petit-fils pour qu'il dépanne leurs ordinateurs et modems. Depuis, il a pris le pouvoir et leur donne de quoi vivre.

Je ne veux pas déprimer. Me voici en pleine fureur poétique, livré au luxe mental.

miettes IX

miettes IX

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Si, comme on vend des tableaux non finis, l'on vendait des livres inachevés, combien de travail mécanique nous serait-il épargné...

L'ivresse de la phrase écrite n'est pas alcoolique. L'on ne s'exclame pas un texte en hoquet.

L'aberration comme effet de l'erreur, ce sont les traits de mon visage ce matin.

Vivement le soir, nous serons ensemble et nous ferons des enfants.

La Reine peut sourire et boire en même temps, prodige de la monarchie.

Vous ne savez pas que, la coupe, c'est un pur objet de pensée, non matériel ?

Le Roi, en reniflant le camembert, s'exclame : un coiffeur, vite !

La phrase royale est courte. Sauf en espagnol.

Reine et Roi sont à portée de la main, pourvu qu'on aie des bons coudes.

Nous sommes immortalisés par les mortels.

Victoire sur la médisance. Le journaliste retourne à sa soupe après s'être bouffé tous les canapés de la star. Il reste souple.

Profiteroles à la Closerie des Lilas, nourriture du souvenir.

Le peintre se doit de ne pas avoir de vanité, être un génie c'est terrible.

Les ciseaux de la mémoire ne t'ont pas coiffée à la garçonne. Le mode unisexe est déjà démodé.

L'enfant est impatient pour dessiner les cheveux. Il voudrait les faire un par un, et il fustige la feuille d'un geste général.

Le sexe nous simplifie les choses. Nous n'avons plus besoin de polémiques, dit-il. Et voici qu'elle le surprend à se gratter le nez.

Le philosophe a des callosités dans le cerveau, selon Cicéron, à cause de la dialectique. L'idiot est plus sensible au plaisir, surtout à table. L'un et l'autre ne doivent pas prendre de vin. Mais les nouveaux philosophes le peuvent, puisqu'ils n'ont rien à démontrer.

mardi 30 septembre 2008

miettes VIII (nouvelles)

Nouvelles miettes

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Miette (propre) citée à des buts non-lucratifs : Sénèque écrivit un livre sur la Pauvreté, je vous conseille vivement de lire Sénèque.

L'exercice de rédaction, tous les profs le savent, est à la base du futur romancier. Me revoilà en classe supérieure, vous savez ce que je viens d'écrire ?, s'écrie-t-il en pensant à ses lecteurs. Le professeur mâche.

Péniblement, je finis par m'adapter aux tâches masculines : rien faire, être narcissique et déplacer des poids.

La science au journal radio, c'est le cirque.

Le jour de la mort venu, les images s'approchèrent du peintre. "Pourquoi m'as-tu fait avec un défaut ? Pourquoi juste un coup de brosse ? Pourquoi ...?" Et il les amena toutes dans l'autre monde pour les retoucher.

C'est pas la fée marraine qui d'un coup de baguette rendit Cendrillon pauvre ?

S'adapter à un style, passe. S'adapter à son propre style, c'est mourir.

La vie du peintre dans l'autre monde : jamais bossé comme-ça...

Mal à la gorge d'écrire sans chauffage. Les modèles posent habillées.


Je me suis dit de modérer mon humour noir. L'oeuvre part dans tous les sens et toute la mélancolie du monde nous revient dedans. Il s'agit de modérer l'image dans sa quantité. Ce qui caractérise la fureur poétique par rapport à celle du romancier est que l'image clignote constamment, saccadée comme la page par le vers. Je me suis dit d'écrire des paragraphes plutôt que des phrases, et faire la cure par la philosophie et par la science spontanée, retour au sapientiel.

miettes VII

miettes VII (intégrales)

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Le sept serait-il un chiffre rond ?

Celui qui lance les miettes sera autre chose que professeur.

Il va prendre de l'homéopathie parce que les défenseurs de la dope sont black-listés ?

Je pense à Stalker, mais du coup je fais de la pub pour Nabe. Je suis prudent. Le lecteur espagnol ne comprendra rien.

Beauté de la violence. L'on dévient dépendant de la Méduse du bouclier.

Les grecs changeaient de rang comme aujourd'hui l'on change de sexe.

A force de peindre, ils deviennent des peintres. Si en plus tu fais de la figuration, tu feras de la figuration.

Pourvu qu'on puisse faire des chiffres, ce n'est pas la cata... Mais au juste... Tout lui semble indéchiffrable.

La mort agit sur la violence comme l'aspirine sur la douleur, avec emphase.

Quand un chakra ferme la boutique, tous les six autres font le deuil.

Il n'y a plus de rituel qui puisse contenir l'angoisse d'un cerf mort.

Il s'acharnait à affirmer que les exo-planètes étaient des planètes. Finalement la science reconnut que les exo-planètes étaient des planètes.

Il psychanalyse sa radio.

Le pauvre a le dégoût des miettes, le riche les adore. Bande d'oiseaux.

Je fume moins, je mange moins, je marche moins, je fais moins l'amour.

Bizarres, les anges, qui ne sont pas composés de sang.

Vaut mieux être dans les monographies, qu'entassé dans les romans.

Pouvez-vous ramasser deux miettes dans une seule ? Je ne sais pas pourquoi, mais j'attendais de faire ce geste.

Viendront des miettes inédites de ton coté de la table ?

Expo à The Box in Paris

Juste rappeler que ce mois d'octobre il y a l'expo collective chez Aline Geller, à la galerie The Box in Paris, 6 cité du midi. Un impasse sur le boulevard de Clichy entre les métros Pigalle et Blanche.

miettes VI (...)(...)

miettes VI (...)(...)



Le brushstroke taoïste monte, le coup de pinceau parisien descend. Bientôt des plâtres mourants à coté des poubelles.

Le plaisir de mouler du soutien-gorge à du nu.

Deux poêlées de migas. Il n'y a qu'un directeur d'espace artistique, ou un exilé, qui fasse ça.

On est tous exilés de la même Espagne, mais l'on ne fait pas tous le même Paris.

Le policier demande du respect pour sa matraque.

La sagesse est la seule science.

Vade ad foeminam, tu fac similiter. Cherchez la femme en votre intérieur et suivez-la.

Du coup il nous fait un cinéma. L'on ne peut changer de chaise, sinon dormir.

C'est si rare de balancer complètement dans le symbolique. Le plus souvent on surnage par scepticisme et l'on se secoue la veste en sortant.

Ce tableau est ambigu, chacun sort ses théories.

Les seins seraient trop pointus, et le sexe trop sombre. Je peins des porte-jarretelles.

Ne cherche pas l'aile des cuisses grillées.

Credo quia sit absurdum, si ce n'est pas absurde, je n'y crois pas, en catholique.

La pyramide fuyait la sphère, jusqu'à ce qu'elle lui parle des deux hémisphères en bas de sa colonne. La pyramide, alors, sortit sa patte de sphinx. Oedipe arriva et joua aux devinettes. Le pharaon s'y prêta. Je crois qu'il s'agissait de sauter sur un pied.

La pyramide qui fuit la sphère ne la perce pas.

miettes V (biscottes II)

biscottes II



Ce qui fascine chez le réactionnaire qui se veut écrivain c'est d'avoir un dessin poétique (imagé) du parcours de sa réaction.

Il n'y a pas de peintres réactionnaires. Il y a des mauvais et des bons peintres.

Nous sont permises les hésitations de l'adolescent ?

La haine circule dans toutes les idéologies.

Voyez les fourmis, elles sont imitées par les taupes en Afrique du Sud.

Quand la taupe imite la fourmi, n'y a-t-il pas quelque chose d'humain dans sa décision ?

Quelle est la limite entre la taupe et la fourmi ?

Un peintre fait son oeuvre pendant qu'elle sèche.

A mordre la biscotte, on goûte sa faim.

Arrive la mythologie, notre métabolisme se remet en marche. Le vieux festin carnivore a besoin d'histoires. Même à la fin, quand on ronge.

La nourriture deviens très chère. Il n'y a que Plutarque et les néoplatoniciens pour s'occuper de la diète des dieux. En tout cas les prêtres pensaient qu'ils étaient mal nourris.

A se contenter de la silhouette fine d'Hercule, qui aujourd'hui ne boit que de l'eau. Son astre s'est éloigné des autels.

Il collectionne des statuettes égyptiennes et des canettes de bière.

Hercule, susceptible, faisait tout ce qu'on lui disait. Vous n'avez qu'à faire l'expérience...

L'oeuf du Saint Esprit est couvé par la chauve-souris. Elle adjure la Lune dans le blanc de cet oeuf, et le jaune c'est pour le poussin.

Risquer sa peau. C'est surtout celle des fesses qu'il faut risquer.

La chauve-souris fabrique ses ailes avec la peau des fesses. Et le moustique pète pour voler, selon les grecs.

Une sonorité européenne complètement incompréhensible, elle chante pour nous, Zsuzsanna Vàrkonyi.

Prééminence de la douleur dans notre appréhension de l'oiseau. Il abandonne ses déchets dans le vide, et sa voix est enfantine. L'oiseau stresse le mammifère.

Réveil par le coq. Pour les latins, ou à la Renaissance, du moins chez Cesare Ripa, le coq figure la bonne santé.

La douleur nous renforce. La routine nous épuise.

dimanche 28 septembre 2008

miettes IV (...)

miettes IV

...

Cam ne riait pas du sexe de Noé, mais de la blague qu'il avait racontée tout-au-début.

Je demande de la morue pochée avec un peu de mayonnaise à la Fontaine Gaillon, le restaurant de Depardieu. Un expresso et pas de dessert. C'est la première fois que je ne vomis pas, je vais retrouver ma ligne.

Le commentaire qui m'a valu la "palme d'or de la connerie pure, voir dangereuse" chez Léo : La question de l'antisémitisme tel que Nabe la décrit, ainsi que celle du machisme dans l'Espagne de gauche et celle d'avant, me font penser à mon atelier, on ne sait pas qu'est ce qui est plus dommage, de se tacher la veste en passant ou de venir d'abimer un tableau frais.

Du vendredi au dimanche, je séjourne au salon. Pas de psychanalyste sur place, je me livre au symptôme.

Donc vous travaillez à Ste-Anne. Vous donnez des ateliers littéraires ou quoi ? Moi, aussi, à ma façon je travaille à produire de la folie.

Stooges : avise toi, appréhende en boucle, à genoux...

Il a fait une expérience et il s'est planté à la porte du bordel. Heureusement les femmes l'ont aidé à démontrer son hypothèse.

Vous ne vous envoyez en l'air de lundi à jeudi ? Vous me semblez plutôt écrivain que peintre.

J'arrête les termites. Je les avait choisies parce qu'elles font des tunnels dans les dictionnaires, et dans la pucelle voltairienne, comme les écrivains.

C'était de très vieilles termites, les miennes, quoique leurs larves jouaient aux vidéo-jeux.

Oh, lord, won't you buy me a color TV ? Dauphins à midi, et sirènes au soir.

samedi 27 septembre 2008

Expo à The Box in Paris

L'expo à la galerie d'Aline Geller, The Box in Paris, 6 cité du midi, Paris 18e, continue jusqu'à fin octobre.

miettes III

miettes d'automne

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Il y a du temps pour l'huile et du temps pour l'aquarelle, dans la vie d'un peintre.

L'aigle, tout grandiose, si différent du corbeau, et pourtant aussi porteur de nouvelles.

Je ne suis pas un hibou, vous n'avez qu'à éteindre la lumière. Si on pouvait ne pas être un hibou !

La chose fut réduite en miettes. Même un moineau pouvait l'avaler.

Se frotter à une relique, et guérir du cancer et de l'impuissance, voilà ce qui nous manque.

Des nationalistes qui achètent les anarchistes pour défiler au pas, voilà la ruse de la Catalogne, et du Québec.

Revoilà l'analphabète. Il se programme pour être un classique.

On nous découvre l'idéologie de la tragédie athénienne. Elle aurait adapté à volonté les croyances ataviques. Encore elle aurait faussé, disent les évéméristes de notre temps, et mis sans dessous-dessus des pratiques et des biographies de tradition orale. Nous avons besoin du sacrifice de l'oral à l'écrit pour pouvoir dormir.

Peut-on avoir société sans spectacle ? Les larves de termite se donnent des coudes quand l'une d'entre elles monte d'étage. Le prestige du dormeur est son insouciance.

Les larves de termite savent ce que c'est qu'un gratte-ciel. Aucun infantilisme, ça vient après, dans leur rapport à la reine et à ses soldats.

miettes II (biscottes)

II

biscottes

Quels jardins verdoyants et fleuris que ceux des cimetières ! Qu'on les chante, qu'on pleure de joie sur l'Histoire et son ingénue végétation.

Et si l'univers était carré ? Ou du moins rectangulaire, avec quelque chose d'une boîte à sardines ? ça donne envie de sortir faire un tour, nous aurons des nouveaux moines et nonnes.

Le malheureux, épris d'une joie assommante, cherche des champignons bizarres sur les tombes.

Que cherche le gendarme dans le jardin ? Une clé ? Heureux s'il trouve la racine d'un arbre sec qui pousse et pousse.

La cuite d'hier est déjà passée. Avec la philosophie qui reste dans le placard je vous sors quelques biscottes.

Quelle revanche sur les danseurs de réveillon à la télé que de lire les écrivains sur un écran. On peut abhorrer toute bibliothèque physique quand on a le vrai tout-Paris éclairé sur sa table, et que c'est instantané comme le Nescafé.

La laitue pousse sur les fauteuils du salon, et le radis. Et sur l'aire des centaures encore des triangulaires pizzas.

L'homme est la pizza de la littérature mondiale.

Narcisse est l'homme et la femme d'hier. Aujourd'hui nous chantons en écho les plaintes de Narcisse devant la source, pour seules antiennes.

L'ivresse amoureuse de Narcisse est elliptique, une truite nage au centre de son désir, la truite qui se mord la queue. Sous un jour de justice, le bibliothécaire transpire.

Mauvaise humeur du prophète, c'est le degré zéro de la rhétorique, par lequel on commence à compter la petite monnaie.

Déspoina, mère de Perséphoné, étends sa culotte beige à la porte d'Éleusis sur la corde de lyre d'un professeur de chant décapité. Grandiose, la signora, surmonte un deuil par un autre.

jeudi 25 septembre 2008

miettes

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Suis-je en train de devenir un abruti ? Permets-moi, dit-elle, de ne pas te donner une réponse.

Stade métaphysique platonicien dans la divination afro-americaine: c'est par le regard du regard même, exercice idéaliste, que l'on avance l'oracle, du moins à la "santeria" spirite que j'ai pu connaître.

Interstellar overdrive: il suffit d'ouvrir la parole.

Quand on considère que le soleil est notre étoile, stella nostra, un nouveau complexe s'annonce. L'extase dévient frivole et seule l'ivresse semble bien-séante.

On m'annonce que je suis retors. Le goût de la toile a besoin de palais pour le contradictoire. Et pour autant elle reste l'école de courtoisie du solitaire.

La politesse s'achète à la petite monnaie, l'exaltation est publicitaire, l'ironie est l'alibi du médiocre.

Divination par la mie de pain. Un bon prétexte pour toucher ton genou.

La maladie en tant que comble de la coquetterie, quand elle accomplit la tâche de la dissuasion stratégique, du non-satisfait. Ou bien la verrue comme un aveu, comme une promesse ferme. Ce n'est pas la maladie du mourant, quitte à être un suicidaire.

Le suicide vend sa dernière parole trop bon marché.

L'artiste suicidaire a autant de public que les soldes, voici la vulgarité de Leonardo.

Encore la maladie, elle est la raison de mon style. Le Christ, trop en prises aux derniers états d'âme, s'était pensé pâture des vautours. Et c'était des pélicans !

Celui qui me tient pour ennemi, m'a pour maître.

Je cherche une explication magnétique... et la boussole menteuse signale mon coeur malade.

mardi 23 septembre 2008

Expo à The Box in Paris

Ne pas oublier que jusqu'à fin octobre il y a l'expo collective à The Box in Paris, 6 cité du midi.

Le nouveau Tristan, copie de travail (bilingue)

J'honore les fées comme des princesses. L'humaine vertu, et royale, ne s'absente pas de mes rencontres. Soient-elles des fées, des mirages, j'en reconnais le reflet d'une aristocratie de l'esprit.

Honro a las hadas como a princesas. La humana virtud, y real, no se ausenta de mis encuentros. Sean ellas hadas, espejismos, reconozco el reflejo de una aristocracia del espíritu.

Combien ne me fait perdre de fois ce dieu anéantissant qu'on appelle Amour ? Je quitte ma maison d'enfance pour suivre ma belle dans son périple et je me trouve être en trop. Je m'habille chaque matin de regrets et d'amertumes. La belle aimait un autre, ne soit-il qu'un peu, et puis la force du mariage est venue me contrer sur la grande ville, me laissant abandonné ruminer les chemins dénudés de la solitude.

Cuántas veces no me hace perder ese dios anonadante que han llamado Amor ? Me voy de mi hogar de infancia para seguir a mi bella en su periplo y encuentro que estoy de sobra. Me visto cada mañana de arrepentimientos y amarguras. La bella amaba a otro, no sea sino un poco, y enseguida la fuerza del matrimonio es venida contrariarme en la gran ciudad, dejándome abandonado rumiar los caminos desnudados de la soledad.

Si la femme avait aimé l'aurait-on vu réduite en servante ? Ou disparaître du monde, tel une étincelle joyeuse puis triste ? Ainsi correspond à l'amant prendre sur soi les faiblesses des objets. Et étant homme, je me suis imposé le destin de la victime, d'une mère oubliée et qu'on renie.

Si la mujer hubiese amado la habríamos visto reducida a criada ? O desaparecer del mundo, tal una brasa contenta y luego triste ? Así corresponde al amante tomar en sí las flaquezas de los objetos. Y, siendo hombre, me he impuesto el destino de la víctima, de una madre olvidada y que renegamos.

Amené à écouter la haine, mensongère par nature. Ne serait-elle l'anti-nature dans la nature, quant au nom de l'humaine perversité on évoque la figure de l'animal, attribuant au loup les crimes des seigneurs ? L'amour ne meurt mais se transforme en supplice.

Llevado a escuchar el odio, mentiroso por natura. No será él la anti-natura en natura, cuando en nombre de la humana perversidad se evoca la figura del animal, atribuyendo al lobo los crímenes de los señores ? El amor no muere, sino que se transforma en suplicio.

S'il pleuvait du venin, l'amant, en philosophe, écouterait de la pluie sa danse de prétentions faussaires et garderait pendant la dure saison sa douleur cachée. Le modèle du mensonge scelle de sa surfaite figure toutes les expressions de la violence. Le savoir est imité par le singe, sous l'instruction malveillante du méchant. L'objet même de l'amour est bousculé et mis par terre.

Si lloviese veneno, el amante, en filósofo, escucharía de la lluvia su danza de pretensiones falsarias y guardaría durante la dura estación su dolor oculto. El modelo de la mentira sella de su contrahecha figura todas las expresiones de la violencia. El saber es imitado por el simio, bajo la instrucción malévola del malvado. El objeto mismo del amor es empujado y tirado al suelo.

Comme celui qui dans le mercure de sa fenêtre s'aperçoit de l'oiseau trop malchanceux, l'amoureux ne respire plus, et se prépare au pire, avisé pour ci-faire par les indices de sa belle. Le voici qui s'habille, lui-aussi, tel la corneille, en noir et lance, en stridence.

Como aquel que en el espejo de su ventana reconoce al pájaro infortunante, el enamorado no respira, y a lo peor se apresta, avisado para así hacer por los indicios de su bella. Hélo aquí que se viste, él también, tal la corneja, en negro y lanza, en estridencia.

Comme pris d'une ivresse paradoxale, l'heureux époux se voit remplir toutes ses taches sans embarras : s'agisse-t-il de faire la vaisselle, tendre le linge, courir aux courses, ou engendrer des fils. De son coté, le mal-aimé s'absente de chez lui, courant à l'eau de la musique, des pleurs. Il pond l'oeuf du désespoir. A son insu, dans l'attente, son malheur se perfectionne.

Como tomado de una embriaguez paradójica, el feliz esposo se ve cumpliendo todos los deberes: se trate de lavar los platos, tender la ropa, correr a las compras, o engendrar hijos. Por su parte, el mal amado se ausenta de su casa, corriendo al agua de la música, a los llantos. Él pone el huevo de la desesperación. Sin saberlo, en la espera, su infelicidad se perfecciona.

Une langue souffre, une autre se complait, dans la communication ou traduction de l'amour à un autre. Étant communiqué du mariage d'autrui, nulle maison ne me parut mienne et j'errai dans les parcs et les rues.

Una lengua sufre, mientras otra se conforta, en la comunicación o traducción del amor a otro. Siendo comunicado de las nupcias de otro, ninguna casa me apareció propia, y erré en los parques y las calles.

L'existence a une structure pyramidale le plus souvent, tous les êtres tendent dans la pyramide. Ce n'est pas qu'on s'entasse tel des pierres, mais que la montée diminue notre masse. Cum inde notre masse doit monter, dans sa diminution. Moi, dès que je reviens à vos yeux inexistant, lourd comme le météore de la grêle j'éprouve le vertige de descendre, et je gèle.

La existencia tiene una estructura piramidal de costumbre, todos los seres tienden en la pirámide. No es que nos amontonemos tal piedras, sino que el ascenso disminuye nuestra masa. Cum inde nuestra masa debe subir, en su disminución. Yo, desde que vuelvo a sus ojos inexistente, pesado como el meteoro del granizo presiento el vértigo de descender, y me hielo.

lundi 1 septembre 2008

The Box in Paris (expo collective)


Chers amis, nous revoilà avec une Suite du Cerf que j'expose dans la galerie The Box in Paris, dont vous avez le lien en haut ou dans l'aparté liens, dans le cadre de l'exposition collective "The new Box' wave".
Je travaille sur des textes concernant la Suite, qui seront bientôt en ligne. Sinon, venez m'écouter de vive voix à la galerie lors du vernissage le 9 septembre 2008 à partir de 18h30. Plein d'événements sont prévus in The Box in Paris pour cette rentrée, je vous invite à suivre leur actualité.

Por las mismas invito al lector español a interesarse por mis novelas publicadas en Meligrana clicando en el vínculo Mon éditeur.

vendredi 18 juillet 2008

mardi 8 juillet 2008

Portrait de Pierre Merejkowsky



Excusez le retard.

Disculpen el retraso.

mercredi 18 juin 2008

Portrait de Saad Salman (détail) bilingue


Ce tableau fait partie d´une série de portraits dont j´ai montré ici quelques-uns...

Les séances de pose durent un maximum de trois heures.

Détail du visage de Saad Salman, cinéaste underground Irakien qui s'est fait connaître avec "En raison des circonstances", et qui a tourné, entre autres "Visa pour le Paradis", "Le procès K", "Bagdad On/Off". Peinture à l'huile sur toile d'environ un mètre carré faite cette année.

Detalle del rostro de Saad Salman, cineasta underground irakí cuyas películas más destacadas cito aquí arriba y pintado al óleo sobre una tela de algo más de un metro cuadrado este año. Forma parte de una serie de retratos de personajes que he conocido y que me han parecido interesantes, de la cual ya he dado aquí alguna muestra.

Las sesiones de pose duran un máximo de tres horas.

Las tres bodas (espagnol)

Un ratón que vivía del queso ajeno y una mariposa musical o una paloma de luz se encontraron en un baile. "Quisiera tener una casa llena de queso como tú", le dijo la paloma. "Cásate conmigo", le respondió el ratón. La mariposa, es decir, la paloma de luz, estaba tan contenta que se puso a girar y girar un rato alrededor de la bombilla del salón. Hay que ver qué conquista acabo de hacer, se decía.
Mientras ella estaba revoloteando así, se acercó al ratón una avispa, o era una cucaracha acompañada de su amiga la avispa. Se casaron las dos con él prometiéndole todo el queso del mundo, que en realidad no tenían. Pero eran grandes mentirosas y siempre le decían que estaban a punto de heredar una tienda de quesos.
El ratón, hambriento y desgraciado, un día fue picado por la avispa. El veneno lo puso de color verde primero, luego amarillo. Iba a pedir ayuda por la ventana y vio cómo la cucaracha y la avispa se escapaban en el camión de la cucaracha. Lo habían dejado solo, temiendo que muriese y acusasen a la avispa o a la otra.
No tenía ninguna medicina eficaz, y su voz era débil, así que fue a mirar en el trastero y encontró una cosa que había fabricado la avispa para pasar el rato. Un avispero de papier maché, que ella hacía con la boca. Todo estaba a oscuras y el ratón separó un alvéolo del avispero y se dio cuenta de que por su forma podía servir de lámpara. Arrastrándose, con las patitas paralizadas por la picadura de avispa, llevó la lámpara a la ventana y la enchufó como pudo.
Esto servirá para alertar a los vecinos, pensaba él asomado a la ventana. El aire de la noche lo refrescaba un poco. Un enorme deseo de queso lo atormentaba. Llamaron al timbre y él dijo "Adelante". Como nadie entraba, fue hasta la puerta y la abrió él mismo. No había nadie en la escalera.
"El veneno de avispa, en este tipo de casos, se cura solo al cabo de..." La paloma estaba vestida de enfermera, muy guapa, con sus seis patitas en la ventana y sus alas alrededor del cuerpo. Miraba su reloj de arena y su libro. "...al cabo de dos minutos".

En la noche, los búhos eruditos expresaban de vez en cuando alguna duda profunda, siempre acerca del significado de la letra U. El ratón y la mariposa musical fueron felices hasta el final de sus días y dejaron asombrado a todo el mundo con su boda, tan original.

samedi 14 juin 2008

Expo d'Anne

Bonjour, j’ai vu l’expo d’Anne d’Autruche avec musique de Sophie Bommart (je lui disais qu’elle portait dans son nom le mot Art). Qui plus, qui moins, nous avons tous un rapport au numérique, ne soit-il que conflictuel. J’ai parlé de cela avec la musicienne. Une partie de la pièce électroacoustique avait un son qui me faisait penser au souffle d’un tyrannosaure rex, j’espère qu’elle ne l’a mal pris. Pour moi c’était jouissif parce que cela me rappelait les vacances scolaires, et j’ai apprécié qu’à part la partie technologique elle s’est mise à “habiter” sa propre composition en jouant du saxo soprano dans le vernissage.

Voir dans les archives du blog l'interview que je lui ai faite, à Anne d'Autruche, je veux dire.

Tempête ENSCI, 48 rue Saint Sabin - 75011

jusqu'au 20 juin

Cadeau pour la Maison Scheer

Ceci est dédicacé aux Éditions Léo Scheer, qui viennent de mettre en ligne La crème du régime dans leur site.

Esta tinta china está aquí dedicada a la editorial Léo Scheer, que ha publicado on-line La crème du régime (un texto mío más) en su página web.

vendredi 6 juin 2008

La gorgone romantique (2004)



Huile sur toile, 114 x 75 cm. Manuel Montero. Photo Eve Livet.

La veste rose (2004)



huile sur toile, 146 x 115 cm, 2004. Manuel Montero; photo Eve Livet.

Sous ce tableau j'aimerais vous raconter une histoire. Je prie ma mémoire de se présenter aux caisses du blog. Que c'est pénible d'écrire en pareilles conditions. Le meilleur pour l'art solitaire et puis cette maudite machine m'exige une certaine virtuosité.


C'est un tableau qui n'est pas mis à la vente, peut-être l'extase a été trop voyante. La modèle le garde pour elle. Un tableau du même jour et pareillement icastique, comme La Gorgone romantique, peut très bien se vendre. Je crois en avoir même fait trois, ce jour-là.

C'est parti, je me limite au français. Je portais des gants, ce que je n'ai pas refait depuis. Pour le reste j'étais nu, plus nu que ma modèle. Rue de Prague j'avais acheté de la poudre d'indigo et du rouge de cochenille. Ce deuxième étant spécialement fragile et cher, je l'ai mis en tremblant sur la veste, à coups de pinceau. Les jambes sont faites à la main. L'indigo est sur la jupe et sur le fond. D'autres couleurs ont été utilisées.

Pour la Gorgone elle avait posé débout et après une pause elle s'était assise jambes croisées pour cette autre toile. Elle s'était endormie, comme mollement évanouie. Je pense que je vais vous présenter la Gorgone au chevet du blog. Elle montre le doigt d'honneur, ce geste ayant été repris, suite à la diffusion de mon catalogue, par d'autres artistes, moi-même l'ayant pris d'un tableau d'une kabyle clocharde dans un squatt de mon quartier. Elle a changé de vêtements d'un tableau à l'autre.

samedi 31 mai 2008

Fiat Umbra, de Isabel Escudero (bilingue)


Chez Hölderlin, ce qui dégoûtait Goethe, c'est que le rapport au réel était coupé, apparemment, par le fait que toute l'écriture tournait autour de l'émotion, et de surcroît l'émotion de la littérature même. En fait Hölderlin ne parlait de rien, n'avait avisé d'emprise sur le monde, mais sur le ciel.

En Hölderlin, creo que lo que disgustaba a Goethe, era que la relación a lo real estaba cortada, aparentemente, por el hecho de que toda la escritura giraba en torno a la emoción, y para colmo la emoción de la literatura misma. De hecho Hölderlin no hablaba de nada, no había previsto un contacto con el mundo, sino con el cielo.

Ceci vaut plus pour moi et mes élancements que pour la consistance de la poésie d'Isabel Escudero, sapientiale. Mais je l'évoque parce que ces courts poèmes entassés m'émeuvent comme une musique qui me ferait bondir de mon siège pour danser. Il y a une telle concentration d'un univers personnel et universel dans chaque chansonnette... Moi, dans le morne de la poésie espagnole, je n'ai trouvé de l'inspiration pour écrire que d'elle, et aussi de Blanca Andreu, et de la démarche personnelle de Leopoldo Maria Panero, tous des auteurs en marge et des cas exceptionnels qui confirment la nullité des autres.

Esto vale más por mí y mis acaloramientos que por la consistencia de la poesía de Isabel Escudero, sapiencial. Pero lo evoco porque esos cortos poemas acumulados me conmueven como una música que me haría saltar del asiento para ponerme a bailar. Hay una tal concentración de un universo personal y universal en cada cancioncilla... Yo, en la sosez de la poesía española, no he encontrado inspiración para escribir más que en ella, y también en Blanca Andreu y en la forma de ser poeta de Leopoldo María Panero, todos autores al margen y casos excepcionales que confirman la nulidad de los otros.

Elle mériterait une analyse savante et détenue que je ne peux dans mon désordre fournir. Je suis à moitié de lecture de Fiat Umbra et je connaissais depuis des années Coser y cantar. Serve cette note comme témoignage d'une oeuvre vivante.

Ella merecería un análisis erudito y detenido que no puedo en mi desorden ofrecer. Estoy a mitad de lectura de Fiat Umbra y conocía desde hace años Coser y cantar. Sirva esta nota como testimonio de que existe una obra viva.

jeudi 29 mai 2008

"Rapport d'activité" (Deuxième ou troisième callipyge: cfr images)




La toile mesure un mètre et quelques par un mètre de base environ, et elle a été peinte à l'huile en 2008.

dimanche 25 mai 2008

Portrait de la mère de Saint Augustin (détail)

Cliquez pour agrandir. Le crayon couleur originel mesure 150 cm x 150 cm. Il est encadré avec moulure argentée et verre naturel, et ainsi il a été exposé au Salon Oedipe, le jour de la présentation du livre "La part obscure de nous-mêmes. Une histoire des pervers" par Elisabeth Roudinesco. De même il s'est suivi la présentation du livre de Vannina Micheli-Rechtman "La Psychanalyse face à ses détracteurs".

vendredi 23 mai 2008

sur le petit dictateur (bilingue)






Premières réflexions au fil de la lecture d'Iluminaciones filosoficas, et de Sobre el Fundamento, d'Ignacio Gomez de Liano.

Primeras reflexiones al hilo de la lectura de Iluminaciones filosóficas, y de Sobre el Fundamento, de Ignacio Gómez de Liaño.



Todos tenemos un dictadorcillo dentro que nos dice cómo deberia ser el mundo. Creo que Maquiavelo supo hacer a la vez, en El Príncipe, la disección tanto de nuestro interior político como de lo que pasa realmente en el mundo. El filósofo acostumbra a esforzarse en pensar el mundo tanto como el interior, y no todos se satisfacen de la decepción de Maquiavelo. Es lugar común que Platón tenía veleidades totalitarias. Y que Auguste Comte, erigiendo la sociología en regente de todos los saberes hacía otro tanto. El extremo del ridículo se alcanza con Pavlov, haciendo salivar a un perro al sonido de un silbato, engaño consumado que no podrá demostrar sino una verdad sádica. Pero el Platón oculto, o el aspecto esotérico de una parte del platonismo suponen un refreno hacia el interior de ese Platón erigido en gran dictador. El valor del ejercicio de la metafísica como Imposible, y la petición de lo imposible a la socialidad me parecen las maneras más éticas de impedir a nuestro dictador interior expandirse y operar maldades por el mundo, como antaño el sacrificio del filósofo en la lava del volcán (símbolo de todos los excesos) protegía la ciudad.


Nous avons tous un petit dictateur à l'intérieur de nous qui nous dit comment devrait être le monde. Je crois que Machiavel a su opérer à la fois, dans Le Prince, la dissection tant de notre intérieur politique que de ce qui se passe réellement dans le monde. Le philosophe a l'habitude de s'exercer à penser le monde autant que l'intérieur, et ce ne pas tous qui se satisfont de la déception de Machiavel. Il est un lieu commun que Platon avait des velléités totalitaires. Et qu'Auguste Comte, en érigeant la sociologie en régent de tous les savoirs faisait de même. L'extrême du ridicule est atteint avec Pavlov, faisant saliver un chien au son d'un sifflet, tromperie consommée qui ne pourra démontrer qu'une vérité sadique. Mais le Platon occulte, ou l'aspect ésotérique d'une partie du platonisme supposent un frein vers l'intérieur de ce Platon érigé en grand dictateur. La valeur de l'exercice de la métaphysique comme Impossible, et la demande de l'impossible à la socialité me semblent les manières les plus éthiques d'empêcher notre dictateur intérieur de se répandre et d'opérer des méfaits de par le monde, comme antan le sacrifice du philosophe dans la lave du volcan (symbole de tous les excès) protégeait la ville.

La suite par ici.

Segunda parte en este link.

jeudi 22 mai 2008

Cena en el Dali (Hotel Meurice) (espagnol)

Alguien importante debía de haber, porque esta noche, aparte de las diversas jerarquías de grooms y stewards encargados de los taxis y de la recepción, montaban guardia en la puerta del Hotel Meurice tres policías armados de pies a cabeza; no es que patrullaran la elegante Rue de Rivoli, estaban a la puerta del hotel. Yo debería opinar de lo que me incumbe. No del diseño, donde el elemento daliniano lo da el motivo de las muletas en las lámparas, o de la clientela, sino a lo sumo de mi sensación de excesivo calor a pesar del amplio espacio del Dalí, y esencialmente debería tener unas palabras para la pintura que decoraba el techo.

No, no sé de quién era. Sé que es una mujer joven quien la ha hecho, hija de un diseñador célebre. Y eso me sirve para traer a colación cierta manera de pintar que me interesa y que encuentro en otras mujeres como Brigitte Szenczi o Eleodora Nesúa. También podría hacer pensar en Garouste o en Juan Antonio Mañas, pero en ellos, hombres, los sentimientos se enturbian y el conjunto del cuadro es siempre anguloso, con un no sé qué de fracaso. Me preguntaron si me gustaba el vino afrutado para acompañar o si lo prefería rico en taninos. Dije lo segundo pero cuando me dieron a probar opté por tomarlo afrutado. Un señor tocaba el piano y el perro de otro señor tuvo algún mal recuerdo, porque intervino sonadamente en algún momento. Todo era espejos y dorados. Comprendo que Dalí necesitaba sitios así, yo, llegado el momento, también lo tendría como cuartel de invierno.

La presencia de Gala también era importante, y ella además preparaba, en Figueras, o en Port Lligat, una langosta al chocolate que Ignacio Gómez de Liaño me contó que llegó a probar, cuando Dalí se interesó por los estudios de éste acerca de Giordano Bruno y Giullio Camillo y el Teatro de la Memoria. Pero no la encontré en el menú del Dalí. Al menos no de la forma en que me imaginaba.

Tomé unos rabiolis de langosta con una salsa especial que no quise apuntar en mi cuaderno, así como un cordero al pimentón, titulado Primavera, porque los títulos formaban parte del contexto surrealista suave del Dalí, que me sugería resonancias españolas. Realmente al punto al que he llegado de adicción al café con leche, fue solamente al final, tomándome mi café y luego fumando con las jerarquías exteriores sobre el mosaico del soportal como alcancé la actual saciedad.

lundi 19 mai 2008

Balval, concert tsigane près de Belleville (bilingue)


On a été deux possédés. Un inconnu a souffert la contagion de mon démon, s'il n'était déjà sous l'emprise du sien à lui. Je pourrais dire que pour ce qui tient à la théorie que j'envisage ici, les musiciens (en l'occurrence Balval, comme pour l'autre concert d'il y a un mois) ne seraient qu'un prétexte. Je devrais nonobstant me référer pour des raisons évidentes à leur musique et leur jeu.

Hemos sido dos posesos. Un desconocido sufrió el contagio de mi demonio, si no estaba ya bajo los influjos del suyo propio. Podría decir que por lo que toca a la teoría que abordo aquí, los músicos (en la ocurrencia Balval, como para el otro concierto de hace un mes) no serían sino un pretexto. Debré no obstante referirme por razones evidentes a su música y a su juego.

Par la lecture de Tobie Nathan, qui met en avant les techniques musicales de transe et de possession comme dispositif thérapeutique des cultures "autres" et par propre expérience je connaissais le démon (devrais-je dire "mon démon", comme Socrate). Chez moi la culture "autre", en Espagne, étaient mes voisins gitans, mais je dois compter aussi dans mon dialogue avec "l'autre" la danse contemporaine, dont j'ai été à une époque spectateur, et le syncrétisme du melting-pot de la musique rock.

Por la lectura de Tobie Nathan, que pone de relieve las técnicas musicales de trance y de posesión como dispositivo terapéutico de las "otras" culturas y por propia experiencia yo conocía al demonio (debería decir "mi demonio", como Sócrates). En mi caso la cultura "otra" en España eran mis vecinos gitanos, pero debo contar también en mi diálogo con el "otro" la danza contemporánea, de la que he sido en una época espectador, y el sincretismo del melting-pot de la música rock.

Mais de même que le Christ ne s'est pas affiché comme guérisseur sur un journal d'annonces, sinon qu'il a réagi à ceux qui venaient à lui, les musiciens (qui seraient déjà assez occupés avec leurs propres démons) n'ont pas fait, si ce n'est par la nature de leur musique ou magie, la moindre demande de ce qu'on vienne tomber en transe chez eux. Ils seraient là pour le charme discret et quelque peu fade du public général, habitué à entendre sans surprise n'importe quelle sorte de musique, les oreilles faites et le corps anesthésié.

Pero igual que el Cristo no puso ningún anuncio como curandero en el periódico, sino que reaccionó a los que venían a él, los músicos (que estarían ya bastante ocupados con sus propios demonios) no hicieron si no es por la naturaleza de su música o magia la menor petición de que se viniese a caer en trance en su concierto. Estarían ahí por el encanto discreto y en cierto modo soso del público general, habituado a escuchar sin sorpresa no importa que tipo de música, las orejas hechas y el cuerpo anestesiado.

On apprend par imitation, même quand la lecture moyenne et quand nous nous sentons emplis de scientia infusa. Je savais par mes lectures que les rythmes dans la musique des confréries soufis correspondaient à des esprits spécifiques ou à un djinn particulier à chacun. Que je ne puisse écouter certains rythmes sans me mettre à danser me montre que je suis mon corps et l'esprit qui l'accompagne. Comment l'ai-je appris sinon en voyant danser le monde ? Il en va peut-être de même pour le deuxième danseur de ce soir. Bien-sûr une certaine quantité de personnes dansait au concert, mais le fait singulier est que nous étions les deux frénétiques dans notre danse et les seuls danseurs masculins.

Aprendemos por imitación, incluso cuando media la lectura y cuando nos sentimos repletos de ciencia infusa. Yo sabía por mis lecturas que los ritmos en la música de las cofradías sufís correspondían a espíritus específicos o a un djinn particular a cada uno. Que yo no pudiese escuchar ciertos ritmos sin ponerme a bailar me muestra que soy mi cuerpo y el espíritu que lo acompaña. ¿Cómo lo he aprendido sino es viendo bailar a los demás? El caso es el mismo para el segundo bailón de esta noche. Por supuesto una cierta cantidad de personas bailaba en el concierto, pero el hecho singular es que éramos dos los frenéticos y únicos bailones masculinos.

Un rôle ou royaume voilé était celui de la chanteuse Awena Burgess, dépositaire de la langue presque secrète des tsiganes et des paroles dites dans le chant. Des poèmes, donc, ou des prières, ce qui revient au même. Le Verbe ou Logos qui occupe une place très technique dans la connaissance et dans le charme.

Un papel o un reino velado era el de la cantante Awena Burgess, depositaria de la lengua casi secreta de los zíngaros y de las palabras dichas en el canto. Poemas, pues, o bien plegarias, lo que condesciende a lo mismo. El Verbo o Logos que ocupa un lugar muy técnico en el conocimiento y en el encantamiento.

Nous sommes sortis pleins d'énergie mais en arrivant chez nous une singulière retombée ou fatigue s'empare de moi, sous forme d'une sorte de honte ou regret. Ma danse était un aveu corporel et toute mon identité se faisait voir. De retour chez moi je me sens vidé. Que ne doit-il être pour le métier du musicien, qui donne tout l'intérieur de lui, soit parole, le chant des cordes, ou le battement du coeur de tout l'ensemble ?

Hemos salido llenos de energía pero llegando a casa una singular recaída o cansancio se apodera de mí, en forma de una suerte de vergüenza o culpa. Mi danza era una confesión corporal y toda mi identidad se hacía ver. De vuelta a casa me siento vaciado. ¿Qué no debe ocurrir en el oficio de músico, que da todo el interior de sí, sea palabra, el canto de las cuerdas, o el latido de corazón de todo el conjunto?

http://www.balval.com/accueil.htm


Le groupe a un disque sur le marché: Blizzard Bohème

jeudi 15 mai 2008

Lettre aux jeunes gens de théâtre à Paris


Lettre aux jeunes gens de théâtre à Paris

C'est vrai que je suis peintre, mais écoutez-moi : il est péremptoire que je réalise dans les quelques années qui suivent l'oeuvre d'art totale. Je m'adresse à vous, acteurs, metteurs en scène, musiciens et danseurs, parce que depuis la fin des années 90 une vision d'art m'est apparue qui m'a fait prendre la plume pour coucher par écrit, dans quelques ouvrages, le squelette d'une oeuvre à venir.

Ce qui fait totale dans son noyau l'oeuvre que constituent mon roman Pleroma et mes trois poèmes dramatiques, c'est leur qualité de mystère en accord avec la transmission dans notre temps d'une Tradition Universelle.

Vous êtes des gens de théâtre mais je ne voudrais pas vous embarquer dans un seul bateau, vers un seul port, à travers juste un petit lac. Dans ma tête bouillonnent plusieurs issues formelles. Je pense aussi bien à la représentation théâtrale comme au film d'Art et Essai, je songe à faire devenir les vers un Opéra et je songe à l'exécution des pièces sur papier en photo-roman comme livre ou en collage photographique composé de textes et mises en scène blanc et noir en tant que tableau à exposer dans des galeries.

Sur le site de Léo Scheer avec le titre Le Larvado (ils ont fait une erreur de frappe) il y a une pâle ressemblance, déjà ancienne, de ce que pourrait être juste le début d'une traduction française d'un des ouvrages.

Je vous incite plutôt si vous comprenez l'espagnol à lire ou faire lire mes trois poèmes dramatiques, qui sont dans ce blog-ci, si vous le cherchez dans "littérature (espagnol)" : El Larvado, Neron y la catedra de Roma, et Teatro de odaliscas con tacones de aguja.

Pour l'autre ouvrage, Pleroma, je vous invite à me contacter d'une façon ou une autre, il faut qu'on prenne un café, car c'est un roman que je voudrais dans la mesure du possible, hors sa mise en scène toujours ouverte, réserver en tant que texte pour l'édition sur papier et illustrée. D'ailleurs il est peut-être le plus semblable à un scénario de bande dessinée, de pièce de théâtre (quoique longue) ou de cinéma.

Pour l'argent il n'y a pas de souci, puisqu'il n'y a en a pas. Je veux dire que ça viendra.

Roland Barthes dirait de mon écriture se voulant théâtrale (et traduisible en français) la même chose que de la volonté du marquis de Sade de faire du théâtre : on serait en train de demander l'Impossible, mais je pense que cette lourde demande est dans le tonnerre et l'air agité du Temps.

Manuel Montero, Paris, mai 08.

mardi 13 mai 2008

Portrait de Patience Tison I, 2007


Il s'agit d'une huile sur coton d'environ'un mètre vingt ou trente de côté. La date d'exécution est visible en cliquant sur l'image, inscrite sur la surface du tableau. Je tiens à reproduire ici une réponse faite sur un autre blog.

L’Art serait mort sur le plan de l'Histoire, amie Corine, dans la mesure où, comme à l’époque byzantine on vit une crise, si vous préférez, de l’Image. Il y a un flux visuel omniprésent mais pas de vraie image comme quelque chose d’humain qu’on investit. Il reste le rock avec ses idoles qui d’une manière nietzschéenne seraient le relais des images. Mais dans le domaine contemporain, genre Artpress, palais de Tokyo, (et je voudrais discuter de cela avec le collectif Fresh Théorie, dont j’ai un volume, et avec Richard Leydier, qui a ébauché une approche du peint) l’image se fait rare. Sans que cela n'empêche qu’on puisse éprouver chez eux des émotions esthétiques parfois douleureuses mais en effet sublimes. Mais c’est là l’émotion produite par cette fameuse Mort de l’Art, l’absence de l’image, qui peut être orgiastique et ravissante parce qu’on participe à un délire collectif comme à la Terreur la foule se rendait voir fonctionner la guillotine. J’ai passé par les deux expériences, la Vie et la Mort, et je peux vous dire que toutes deux sont réfractaires à la critique.

Je cherche aussi un autre commentaire posté quelque part (il a été englouti ou censuré) à propos de la sainteté et la façon dont deviennent des purs et mornes martyres les artistes qui ne produisent pas des images. Fascination de la misère et peur du fric. Quoi de plus humain et fréquent statistiquement ? Il sont là à mener une existence ascétique qui a besoin de tout un travail d'hagiographie derrière. Mais c'est le cas de notre condition humaine, ne serait-ce qu'on demande tout simplement à nos fils d'avoir un souvenir de nous, ou à nos maîtresses où amants.

La femme du portrait a mon âge (née en 70) et travaille la sculpture en terre et en plâtre avec des motifs inspirés, entre autres, de Balthus qui fait partie du domaine de sa famille, les Klossowski. Je me suis servi, selon le conseil de Dali, du rouge vénitien mais aussi d'un ton qu'il appelle "le traitre, l'espion des couleurs", le brun Van Dyck. Les bleus sont plus profonds que sur l'écran, et je m'en suis servi de plusieurs à la fois. La photo, si vous cliquez, donne assez de détails et elle est due à Eve Livet.

lundi 12 mai 2008

Sobre Tobie Nathan y otros (texte espagnol)

Novedades francesas.






Sin saber para qué revista, me pongo a escribir este artículo, exorcismo y bálsamo. Ortega los hacía así, con lo último que estaba leyendo o curioseando, seguro de quedar bien. Yo escribo desde una posición menos confortable, pero con la añoranza de tranquilidad que se lee en Ortega.
Por lo que he podido ver, se acentúa el divorcio entre la escuela etnopsiquiátrica y el psicoanálisis. La etnopsiquiatría, empero, echa sus raíces en la antropología y en Freud. ¿Por qué ahora esta ruptura? Inicialmente, la escuela, que aprovecha las aportaciones mestizas entre psicología y antropología de psicoanalistas freudianos como Ferenczi, Róheim (tan citado por nuestro poeta “lacaniano”, Leopoldo María Panero) o el propio Sigmund Freud (en Tótem y Tabú) viene a aglutinarse en torno a la figura de Georges Devereux, psicoanalista y antropólogo. Hasta ahí se mantiene en la ortodoxia freudiana. Varias traducciones al castellano de Devereux nos son conocidas. En Icaria su libro “La vulva mítica”, y en Seix Barral el conjunto de los “Ensayos de etnopsiquiatría general”. En sus ensayos posteriores sobre el arte griego se desarrolla por un lado una estética de la sublimación (en el sentido freudiano bien conocido) a través del genio y la técnica del poeta o artista, y, por el otro, se profundiza, con la ayuda de la inmensa erudición de su autor y de su experiencia en trabajos de campo, en el estudio antropológico de la Antigüedad.
A la muerte de Georges Devereux, a principios de los ochenta, toma el relevo en la dirección de esta corriente su discípulo Tobie Nathan. La escuela entonces se vuelca en la clínica con pacientes emigrantes llegados a Francia. Del estudio de la especificidad de los síntomas y las necesidades respecto a la terapia de estas personas “no-occidentales”, Tobie Nathan y sus colaboradores extraerán conclusiones que dan un vuelco a las verdades del psicoanálisis. Se pone en duda la validez universal del complejo de Edipo, por ejemplo, o se critica el racismo de Freud en Tótem y Tabú, cuando atribuye a los africanos un estado de neurosis infantil permanente (conclusión de Freud en relación a los llamados cultos fetichistas, un tanto precipitada en efecto si consideramos que, después de todo, nuestros griegos tenían una relación similar con sus estatuas). Aquí al lado tengo dos libros que ilustran la ambivalencia de esta posición polémica con el psicoanálisis:
- El primero se llama (me permitiré traducir los títulos en adelante) Psicoanálisis pagano. Su primera edición es de 1987. Aunque Tobie Nathan lo llame “pagano”, su psicoanálisis sigue teniendo en Freud un punto de referencia, aunque sea susceptible de matices. El libro combina de forma muy atractiva la erudición sobre mitología y religión griegas con la antropología de las culturas africanas, agrupando ambos fenómenos bajo la definición de paganismo y poniéndolos en conexión con la terapia analítica. En él se apuntan algunas de las singularidades de la actual clínica etnopsiquiátrica: la presencia de más de un terapeuta (sesiones “asamblearias”, podríamos decir) o la puesta en un mismo plano de dos etiologías posibles: la científica y la cultural o religiosa.
- El segundo es una obra de teatro, escrita en grupo, titulada La perdición de Freud. Con algo de parodia del Fausto de Goethe en la letra de su título francés, la obra nos presenta la ficción de un tiralleur negro de la Primera Guerra Mundial, que recibe tratamiento en el gabinete de Sigmund Freud en Viena. Con una acidez y un sarcasmo ilimitados los autores denuncian los prejuicios de tipo racista que, como hombres blancos, tuvieron Freud y la mayoría de los primeros psicoanalistas, colocados frente a un paciente “primitivo” o de otra raza. Las pretensiones de asepsia científica y de “método” revelan ser una coraza para protegerse de quienes son diferentes, forzándolos a convertirse en ilustraciones ridículas de las teorías de los occidentales.

En otro orden de cosas, y por quedar de momento dentro del mundo de lo psicoanalítico, he tenido ocasión de leer un pamfleto antilacaniano que podríamos traducir como La “copista” de Lacan. La autora, Maria Pierrakos, fue durante años la persona que estenografiaba y pasaba a limpio los seminarios de Jacques Lacan. Explica que se sintió despreciada en su trabajo, por un lado, y por el otro enumera todo lo que considera “fundadas refutaciones” de las teorías lacanianas.
Debo decir que, un poco a su pesar, el libro de Maria Pierrakos es inmensamente cómico (y desde luego eso basta para justificar su lectura) por su obstinación y por la cantidad de observaciones “retratísticas” y de anécdotas. A partir de este tipo de materiales M.P. levanta contra los lacanianos ¡y sus pacientes! una acusación general de cinismo moral y formal. Como cuando, citando a Houellbecq, dice que: (traduzco libremente los adjetivos en femenino “connasse” y “pétasse”) el psicoanálisis sirve para convertir a un pelmazo en un caradura.





*


Para un lector extranjero que no sea parte de la vida cultural francesa adviene un apasionante aluvión de preguntas: ¿Ha salido ganando la etnopsiquiatría con el paso a la polémica? ¿Está caducado el psicoanálisis lacaniano después de la venganza de la persona que lo pasó a máquina? ¿Estos dos fenómenos, escandidos en el tiempo de forma distinta y ambos con su epicentro en París, son realmente tan opuestos, tan ajenos el uno al otro?

Una diferencia de tipo estilístico separa, al margen de las innovaciones teóricas, los libros de Georges Devereux de los de su sucesor. Ustedes juzgarán el sentido que hay que otorgarle. Si la escritura de Tobie Nathan pasa rápidamente a la polémica no es sólo por su acidez. Lo es también por su impacto inmediato, su eficacia: sea porque escribe en forma de diálogo, porque elabora los casos clínicos con un sentido del suspense y de la elegancia de estilo que hace de ellos verdaderas mini-novelas, o porque sabe cambiar de registro con habilidad, se trata siempre de una escritura que interpela, como a veces algún inquietante título de libro suyo (El esperma del diablo). El estilo de Devereux es más pesado, más abrupto, aún siendo personal y con eventuales confidencias. Parece descubrir las ideas en el momento de escribir, buscarlas con esfuerzo a través de la escritura, marca de estilo muy extendida entre filósofos y psicoanalistas, cuando no en los novelistas con “voz interior”. En su descargo debo decir que dos terceras partes de lo que he leído de él eran traducciones, pero creo haber podido confirmar mi impresión en el tercer tercio.
No obstante, la crítica de tipo estilístico que, en el otro tenor, ha hecho Pierrakos a Lacan, a saber un exceso de poeticidad, puede ser aplicada a Tobie Nathan igualmente. ¿Tiene ella razón o por el contrario es la poesía, como lo fue en los presocráticos, un registro sublime de la Ciencia? A pesar de su alejamiento polémico, lacanianos y etnopsiquiatras tendrían en igual medida algo de artistas. Por supuesto, como con todos los artistas, el que acude a terapeutas así debe tener con ellos el mismo olfato para distinguir al genio del simple imitador que debe tener un buen coleccionista de pintura o de artesanía . El mismo concepto de Inconsciente en que se apoyan unos y otros (los unos como estructura de orden lingüístico en el sujeto, los otros como diversidad inexorable) presupone la utilidad de la metáfora en terapia para actuar sobre el núcleo del alma, y no sólo de la metáfora ejemplarizante como en el conductismo, sino de la que se abre sobre el infinito (matemática en unos, arcaica o arcaizante en los otros, paradójica en unos y otros si se pretende que sea activa). Unos y otros, si nos atenemos a la acusación lanzada por M.Pierrakos, operan por medio de paradojas. ¿Y por qué no conceder el socorro de una paradoja al que viene aplastado por el peso de una lectura unívoca de su síntoma, o por la imposibilidad de conjugar la interpretación que le viene dada a su síntoma con una interpretación que “no fuese la misma” ?

Otra cuestión de estilo sale a la superficie, el gusto a la vez metódico y caprichoso, que era propio del estructuralismo y que perdura. ¿No podemos leer acaso como un hecho relevante del mismo tipo de ambición la insistencia de Tobie Nathan en los objetos, siempre investidos de virtualidad, propios a las prácticas terapéuticas tradicionales (fetiches, talismanes, filtros, perfumes, tatuajes o escarificaciones, etc.), cargados de sentido, o los mitos, igualmente entendidos como máquinas de producir sentido, respecto a la insistencia de Lacan en las fórmulas o los matemas, como evidencias de la estructura emergente? No es inoportuno hacer notar que, aunque el tiempo haya pasado, uno y otro se reclaman lectores entusiastas de Claude Lévy-Strauss...

Reconoce Maria Pierrakos que la mayoría de los psicoanalistas y psicoterapeutas de su generación, aún los no lacanianos, han intentado informarse sobre la obra de Lacan, y aunque hayan podido disgustarse con su hermetismo, frecuentemente han hecho suyas algunas ideas-fuerza, o el simple talante estructuralista que la impregna. En el porvenir ocurrirá algo parecido, cada vez que se establezcan dispositivos terapéuticos con inmigrantes, con la etnopsiquiatría, que será usada o estará presente en los gabinetes, siquiera sea, como diría Loyola, como “gusanillo de la conciencia”.

Manuel Montero.
Granada, junio, 2004.

dimanche 11 mai 2008

Anne d'Autruche, décoratrice carnivore (bilingue)


A: Nous les peintres avons tendance à nous méfier des décorateurs, qui sont censés pouvoir occuper dans les appartements avec une autre chose l'espace qui pourrait occuper une huile ou une encre de Chine.
Mais si on arrive à contrecarrer cette vieille inimitié et à s'approcher de l'univers de nos voisins les décorateurs, on plonge dans un univers qui peut très vite devenir le nôtre, et l'on sort enrichi dans notre humanité.
C'est en entendant parler le bon sens et la lucidité d'Anne d'Autruche que je lui ai demandé qu'on discute sur son travail.


A: Nosotros los pintores tenemos tendencia a desconfiar de los decoradores, que se supone que pueden ocupar en los apartamentos con otras cosas el espacio que podría ocupar un óleo o una tinta china.
Pero si conseguimos compensar esta vieja enemistad y aproximarnos al universo de nuestros vecinos los decoradores nos sumergimos en un universo que puede muy pronto volverse el nuestro, y salimos enriquecidos en nuestra humanidad.
Fue escuchando hablar el sentido común y la lucidez de Anne d Autruche cuando le pedí que discutiésemos de su trabajo.



B: Evidemment l'art nous a rapproché à plus d'un égard selon les époques. Anne d'Autruche fait aussi des tableaux, quoique ce n'est pas de la peinture. Elle mène ses réflexions au contact des matériaux, à l'atelier et pas avant, selon elle. Mais rien n'est laissé au hasard, malgré la non-intélectualisation du travail. Et cela fait que la décoratrice travaille en artiste, en rendant personnel et incommunicable ce qu'elle appelle son univers. Il s'agit depuis la recherche des matériaux de construire une image de soi, par la façon dont elle investit l'espace des autres.


B: Evidentemente el arte nos ha aproximado en más de un sentido según las épocas. Anne d Autruche hace también cuadros, aunque no se trata de pintura. Ella sobrelleva sus reflexiones en el contacto con los materiales, en el taller y no antes, según sus propias palabras. Pero nada es dejado al azar, a pesar de la no-intelctualización del trabajo. Y ello hace que la decoradora trabaje en tanto artista, volviendo personal e incomunicable lo que ella llama su universo. Se trata desde la elección de los materiales de construir una imagen de sí misma, por la forma en que se aplica al espacio de los otros.

C: Selon Anne, la question qu'on lui pose toujours sans arrêt est "Pourquoi l'oeuf ?" Les oeufs d'autruche ont été en effet un point de départ et un motif récurrent de ses travaux. Mais la question tombe d'elle-même. 1. Ils sont de beaux objets trouvés. 2. Tout est là, c'est le début de la vie, peut-être du Monde, si on croit Plutarque dans De Iside et Osiride. 3. Pour moi, la question de l'origine dans l'oeuf d'autruche s' est posée à Anne à plus d'un égard, puisque c'est aussi l'Afrique, origine de l'Humanité et origine aussi de la sensibilité moderne du XXe siècle (Picasso, le jazz...). 4. Et le lien qui nous unit à l'Afrique est aussi le revers de toute notre occidentalité chrétienne, celui du sorcier ou sorcière.

C: Según Anne, la pregunta que le hacen siempre sin tregua es ¿por qué el huevo? Los huevos de avestruz han sido en efecto un punto de partida y un motivo recurrente en sus trabajos. Pero la pregunta se responde a sí misma. 1. Son hermosos objetos encontrados. 2. Todo está en ellos, son el principio de la vida, quizás del Mundo, si creemos a Plutarco en Sobre Isis y Osiris. 3. Para mí, la cuestión del origen en el huevo de avestruz se le ha planteado a Anne en más de un sentido, ya que está en juego Africa, origen de la Humanidad, y origen también de la sensibilidad del siglo XX (Picasso, el jazz...) 4. Y el vínculo que nos une a Africa es también el reverso de toda nuestra occidentalidad cristiana, el del brujo o la bruja.

D: Anne d'Autruche voit son univers comme un essai de "mettre en harmonie" le rond ou ovale et le carré. Elle explique que dans l'un et l'autre (comme la matière et l'anti-matière ?) se trouvent les principes féminin et masculin qui s'entremêlent dans cet univers. On serait fixé à des principes presque mathématiques qui nous rendraient obsessionnels, si du coup on ne rebondissait sur sa bonne humeur et sa légèreté du coté "décoratrice", qui allège sa démarche. Elle a surpris tout le monde avec ses lampes en oeuf d'autruche au Salon de la coquille d'Art, à Strasbourg, où elle avait été invitée. Bien-sûr, elle sont, au contraire de l'artisanat traditionnel, des oeuvres spécialement urbaines et "nocturnes".

D: Anne d Autruche ve su universo como un ensayo de "encontrar la armonía" entre lo redondo u ovalado y lo cuadrado. Explica que en el uno y en el otro (como la materia y la anti-materia ?) se encuentran los principios femeninos y masculinos que se entremezclan en ese universo. Nos quedaríamos adheridos a principios casi matemáticos, que nos volverían obsesivos, si de golpe no diésemos de rebote sobre su buen humor y su ligereza de "decoradora", que aligera su gran proyecto. Sorprendió a todo el mundo con sus lámparas en huevos de avestruz en el Salon de la Cáscara de Arte, en Estrasburgo, donde había sido invitada. Por supuesto, esas lámparas son, al contrario que la artesanía tradicional, obras especialmente urbanas y "nocturnas".



E: Actuellement elle travaille avec des cuirs de poisson teints, qu'elle compose en des sortes de collages, tables ou tableaux où l'on trouve aussi des métaux, oxydés ou pas. Cette façon qu'elle a de polir les surfaces, de les gratter, me fait penser au désespoir de la sorcière dans sa cellule. De la perche du Nil, du tilipia, de la julienne, du saumon, de l'esturgeon... Mais dans une place particulière dans ce message obscur, du requin, de la raie, du cuir d'autruche encore.

E: Actualmente Anne trabaja con cueros de pescado tintados, que ella compone en ajustados collages, mesas o cuadros, donde se encuentran también metales, oxidados o no. Esta forma que ella tiene de pulir las superficies, de arañarlas, me hace pensar a la desesperación de la bruja en su celda. Perca del Nilo, (...), salmón, esturión... Pero en un lugar particular en ese mensaje oscuro, hay también tiburón, manta-raya, cuero aún de avestruz...

copyright photos Anne d'Autruche

Ecrivez si intéressé(es) à Anne d'Autruche. 61, rue de Lagny, Jossigny 77600 France.

jeudi 8 mai 2008

Diane et ses chiens 2005 (50 x 65 cm) deux variations


Au fil d'un petit concert de Zsuzsanna Varkonyi


Demain à deux heures de l'après-midi je suis censé faire un portrait. C'est cinq heures. Je viens d'un petit concert de musique tzigane aux Trois Arts, par Zsuzsanna Varkonyi, accompagnée par moments d'Awena Burgess. Pas d'autres musiciens. Une femme seule au chant scintillant, enflammé, qui se projetait, ardente comme un papillon du soir brûle entre les larmes d'un lustre illuminé, avec un accordéon qui semblait immense, tellement Z.V. est mince et subtile. Son échelle a bien des octaves, l'héritage tsigane a peut être des choses à voir avec les théories de Roy Hart sur ce mystérieux dieu mineur, Abraxas, qui permettait de couvrir les huit octaves avec la voix. Je me suis dit que j'aimerais parler d'elle. J'écoute son disque "Valahol" et je me suis rendu compte que le meilleur hommage que je pouvais faire aux émotions éprouvées au concert c'était d'enfin traduire mon conte sur ma grand-mère écrit il y a deux ans pour mon fils.

Soit dit au passage, le jazz comme musique propre aux noirs a mis du temps à gagner les élites. Que ne serait-il de la musique bohème qu'on entend jouer dans les coins et les wagons de métro aux mendiants ?

Mañana a las dos del mediodía se supone que debo pintar un retrato. Son las cinco de la mañana. Vengo de un pequeño concierto de música zíngara en les Trois Arts, por Zsuzsanna Varkonyi, asistida por momentos por Awena Burgess. Sin más músicos alrededor. Una mujer sola con su canto incendiado que se proyectaba, ardiente como una falena en un candelabro, con un acordeón que parecía inmenso, tanto Z.V. es delgada y sutil. Su voz parece tener bastantes octavas, la herencia gitana debe guardar alguna relacion secreta con ese dios menor, Abraxas, que segun Roy Hart hacia alcancar al cantante las ocho octavas. Me he dicho que querría hablar de ella. Escucho su disco "Valahol" y me he dado cuenta de que el mejor homenaje que podía hacer a las emociones sentidas en el concierto era por fin traducir mi cuento sobre mi abuela escrito hace dos años para mi hijo.

Dicho sea de paso, el jazz como música propia a los negros tardó su tiempo en ganarse a una cierta élite. ¿Qué no será con la música bohemia que escuchamos tocar en las esquinas y en los vagones de metro a los mendigos?

J'inclus de même un portrait de mon amie Patience Tison, puisque c'est avec elle et ses amies que ma compagne Eve et moi avons assisté au concert. Huile sur toile de un peu plus de un mètre de coté. Photo: Eve Livet.

Incluyo igualmente un retrato de mi amiga Patience Tison, ya que es con ella y sus amigas con los que mi compañera Eve y yo hemos asistido al concierto. Oleo sobre tela de algo más de un metro de lado. Foto : Eve Livet.


La frontière du Portugal

Pendant la guerre de l'Espagne, une jeune fille sans argent, avec sa mère en prison et son père caché sous un meuble, apportait du sucre et du café en Espagne en passant par la montagne pendant la nuit venant du Portugal. Avec ce sucre et ce café elle tirait à peine le nécessaire pour toute la famille. Dans sa course aveuglée par les rochers, elle portait ce qu'elle allait vendre dans un sac avec un trou.
Le froid lui fouettait le visage, et elle connaissait l'existence des loups dans la montagne. Soudainement il lui sembla qu'on entendait dans l'obscurité une musique éteinte de piano. Comme d'un musicien qui s'essaie pour un futur concert. Les loups écoutaient la musique, sur les volumes de la roche, assis en chaises de noyer, et une louve étendue sur un divan de velours abîmé fumait avec un porte-cigarettes, comme les grandes espionnes et les actrices du cinéma muet.
"Ici vient le café", a entendu la jeune fille juste derrière elle. Elle était au centre d'une grande ville de loups. Ils avaient mis une lucarne très haut avec des affiches pleines de mots et des drapeaux de couleur rouge, et d'autres qui étaient de purs linges de lit mal lavés et déchirés qui avaient été mouillés de larmes. On lui tendait une patte, lui demandant discrètement qu'elle laisse le sac au pied de la petite cantine à pétrole, et une louve sortit la boite de café qui était dans le sac et remplit une cafetière en argent, noircie, mais qui brillait avec la lune.
Pendant que le feu se mettait à chauffer l'eau, la jeune fille entendit qu'on lui demandait : "Et toi, tu t'appelles comment ?" Elle dit Etelvina, mais ne dit pas son nom de famille. Les loups tendirent les tasses, quand le café fut prêt, et demandèrent du sucre. Alors la louve fit geste à Etelvina qu'elle sorte le sucre du sac. Mais il était tout sorti par le trou du fond. "Tu dois aller le chercher", ils lui ont dit, "mais pour que tu ne nous dénonces nous allons te bander les yeux". Ils lui mirent un bandeau sur les yeux et Etelvina prit la route qui descendait la montagne.
Elle se demandait comment elle allait faire pour cueillir le sucre, elle savait que les loups attendaient pour prendre le café et qu'elle devait agir vite.
"Etelvina Diaz Gonzalez", elle entendit crier du bas de la montagne, "tes voisins t'ont dénoncée pour contrebandière, rends toi à la Guardia Civil ou nous tirons". Elle n'arrivait pas à enlever le bandeau et ne voyait par où elle marchait, mais elle savait que si elle se rendait personne ne prendrait soin de son père caché ni de ses petits frères. Soldats et guardias civiles se communiquaient leurs places avec des trompettes et sifflets et se mettaient à tirer sans attendre réponse.
Le Destin apparu à Etelvina évanouie sous les traits de sa mère Isabel, emprisonnée dans la prison politique de Ciudad Rodrigo. "Me voici, ma fille, pour t'aider. Ces loups qu'y a dans la montagne descendront tuer tous les soldats si je leur ordonne. Mais comment leur faire parvenir le message ? Ma fillette, ne désespère pas, parce que tu vivras beaucoup d'années, tu verras tes petit-fils et quelque arrière petit fils, et tu verras des temps nouveaux. Nostradamus, le prophète, dans un de mes livres, dit que les femmes en Espagne porteront des pantalons, et cela ne peut arriver que quand il y aura de la liberté et moins de Guardia Civil. Tu devras t'armer de patience. Apporte le sucre aux loups. Ils feront tout."
"Mais, maman, comment est-ce que je vais retrouver le sucre qui s'est dispersé tout au long de la montagne ? Il fait nuit, j'ai les yeux bandés et cela semble une tache impossible. Dis-moi, toi qui est amie des gitans et qui peux guérir par la vertu de la magie, quelque prière ou bénédiction qui me fasse retrouver notre sucre."
"Ne sois pas ingénue, fillette", continua à dire l'apparition sur le point de disparaitre, "les saints du ciel sont superbes et n'écoutent que le son de l'or, ce n'est pas nécessaire de prier, tout est fait par la Nature. Prends ce canif, ôte ton bandeau, et cherche quelqu'un de vraiment humble qui t'aide".
Etelvina pleurait parce que jamais elle ne pourrait trouver personne de plus humble qu'elle, qui vendait pour une misère le café qu'elle même ne pouvait pas se permettre de boire, et qui était si dépourvue de ses parents, chargée de ses frères petits, et qui à présent avait peur non seulement des loups, mais des voisins malveillants.
Quelques balles continuaient de siffler dans l'air et Etel se jeta par terre et, pleurant, elle se replia de plus en plus à ras du sol vers la montagne, en direction du Portugal. Quelque chose la démangeait dans le ventre et puis lui montait dans le dos. C'était une fourmi. "Tu es peut-être vraiment humble", pensa Etelvina. "Humble et pas humble, chère Etel", lui répondit la fourmi, "parce que avec mon peuple entier en peu d'heures nous avons beaucoup profité de toi". Etelvina dit qu'il ne lui était pas présent que des êtres aussi menus aient fait ou puissent faire sur elle le moindre dommage. La fourmi se mit à marcher et amena Etelvina au fourmilier. "Soulève cette pierre". Etelvina trouva sous la pierre un tas colossal de sucre, que les fourmis avaient peu à peu réussi à ramener tout au long du chemin, et elle remplit la poche de son tablier.
Du coté portugais de la montagne elle atteignit la ville des loups, qui étaient là à attendre avec leurs tasses de café, l'oreille attentive encore à l'essai musical.
"Servez-vous le sucre, je l'apporte dans mon tablier. Maintenant, prenez vite le café et venez m'aider à arriver où se trouvent mon père et mes frères". Ils prirent le café et lancèrent des hurlements qui firent se dresser tous les cheveux des soldats qui étaient dans la vallée. Puis le piano joua très fort, une oeuvre qui semblait presque dodécaphonique, en tout cas très avancée dans le temps, et qui sembla à Etelvina composée par Nostradamus même. Elle pensa qu'elle verrait des temps nouveaux, qu'elle vivrait longtemps et qu'elle n'oublierait ces loups, quoique elle doive vivre une vie de fourmi dans une ville de loups, lointaine, en tant qu'exilée.

A ma grand-mère et à mon fils.

La frontera de Portugal

En la Guerra de España, una muchacha sin dinero, con su madre en prisión y su padre escondido debajo de un mueble, traía azúcar y café a España pasando la montaña por la noche desde Portugal. Con ese azúcar y ese café sacaba apenas lo necesario para toda la familia. En su caminar a ciegas por las rocas, llevaba lo que iba a vender en un saco con un agujero.
El frío le azotaba la cara, y ella sabía de la existencia de lobos en la montaña. De pronto le pareció que se oía en la oscuridad una música apagada de piano. Como de alguien ensayando para un futuro concierto. Los lobos escuchaban la música, en unos peñascos, sentados en sillas de nogal, y una loba recostada en un diván de terciopelo estropeado fumaba con boquilla, como las grandes espías y las actrices de cine mudo.
"Aquí llega el café", oyó decir la muchacha justo detrás de ella. Estaba en medio de una gran ciudad de lobos. Habían puesto una farola altísima con carteles llenos de palabras y con banderas de color rojo, y otras eran puras sábanas mal lavadas y rotas que estaban mojadas con lágrimas. Le tendieron una pata, pidiéndole discretamente que dejase el saco al lado de la cocinilla, y una loba sacó el frasco del café que estaba en el saco y llenó una cafetera de estaño, que brillaba con la luna.
Mientras el fuego iba calentando el agua, la muchacha oyó que le preguntaban: "Y tú, ¿cómo te llamas?". Dijo que Etelvina, pero no dijo su apellido. Los lobos tendieron las tazas, cuando estuvo listo el café, y pidieron azúcar. Entonces la loba hizo gesto a Etelvina de que sacase el azúcar del saco. Pero se había salido toda por el agujero del fondo. "Debes ir a buscarla", le dijeron, "pero para que no nos delates te vamos a vendar los ojos". Le pusieron una venda en los ojos y Etelvina echó a andar montaña abajo.
Se preguntaba cómo iba a hacer para recoger el azúcar, sabía que los lobos estaban esperando para tomarse el café y que debía actuar rápido.
"Etelvina Díaz González", oyó gritar desde el pie de la montaña, "tus vecinos te han denunciado por contrabando, entrégate a la Guardia Civil o dispararemos". Ella no conseguía quitarse la venda y no veía para dónde iba, pero sabía que si se entregaba nadie cuidaría a su padre escondido ni a sus hermanos pequeños. Soldados y guardias civiles se indicaban las posiciones con trompetas y silbatos y empezaban a disparar sin esperar respuesta.
El Destino se apareció a Etelvina desvanecida bajo los rasgos de su madre Isabel, presa en la cárcel política de Ciudad Rodrigo. "Aquí estoy, hijita, para ayudarte. Esos lobos que hay en el monte bajarán a matar a los soldados si yo se lo ordeno. Pero, ¿cómo hacerles llegar el mensaje? Hijita, no desesperes, porque vivirás muchos años, verás a tus nietos y a algún bisnieto, y verás tiempos nuevos. Nostradamus, el profeta, en uno de mis libros dice que las mujeres en España llevarán pantalones, y eso sólo puede pasar cuando haya libertad y menos Guardia Civil. Tendrás que armarte de paciencia. Lleva el azúcar a los lobos. Ellos se encargarán de todo."
"Pero, mamá, ¿cómo voy a poder encontrar el azúcar, que se ha ido derramando por toda la montaña? Es de noche, tengo los ojos vendados y parece tarea imposible. Dime tú, que eres amiga de los gitanos y que puedes curar con la virtud de la magia, algún rezo o bendición que me haga recuperar nuestra azúcar."
"No seas ingenua, hijita," seguía diciendo la aparición a punto de desaparecer, "los santos del cielo son soberbios y sólo escuchan el sonido del oro, no es necesario rezar, todo lo hace la Naturaleza. Toma esta navaja, quítate la venda, y busca alguien realmente humilde que te ayude."
Etelvina lloraba porque nunca podría encontrar a alguien más humilde que ella, que vendía por una miseria el café que ella misma no podía permitirse tomar, y que estaba tan desprovista de sus padres, encargada de sus hermanos pequeños, y que ahora no sólo tenía miedo de los lobos, sino de los hombres del valle y de los malintencionados vecinos.
Algunas balas seguían silbando en el aire y Etel se tiró al suelo y llorando se iba replegando a rastras más hacia el monte, en dirección a Portugal. Algo le picaba en la barriga y luego le subía por la espalda. Era una hormiga. "Quizá tú eres realmente humilde", pensó Etelvina. "Humilde y no humilde, querida Etel," le respondió la hormiga, "porque con mi pueblo entero en pocas horas nos hemos aprovechado de ti". Etelvina dijo que no le constaba que seres tan diminutos le hubieran hecho o le pudieran hacer ningún daño. La hormiga se puso a andar y llevó a Etelvina al hormiguero. "Levanta esta piedra". Etelvina encontró debajo de la piedra un montón colosal de azúcar, que habían ido trayendo las hormigas por el camino, y se llenó el bolsillo del delantal.
Por la ladera portuguesa de la montaña alcanzó la ciudad de los lobos, que estaban esperando con sus tazas de café, escuchando todavía el ensayo.
"Sírvanse el azúcar, la traigo en el delantal. Ahora, tómense pronto el café y vengan a ayudarme a llegar a donde están mi padre y mis hermanos." Se tomaron el café y lanzaron unos aullidos que empezaron a poner los pelos de punta a los soldados que estaban en el valle. Después el piano tocó muy fuerte, una obra que parecía casi dodecafónica, en todo caso muy avanzada en el tiempo, y que a Etelvina le parecía compuesta por Nostradamus. Pensó que vería tiempos nuevos, que llegaría a muy vieja y que no se olvidaría de estos lobos, aunque viviese una vida de hormiga en alguna ciudad de lobos lejana, de exiliada.

Dedicado a mi abuela y a mi hijo.

mercredi 7 mai 2008

Odalisque n°7, 2006

Pastel sur toile, un mètre de base, par Manuel Montero en 2006: photo du tableau par Eve Livet.