jeudi 30 octobre 2008

El asno de oro / L'âne d'or (bilingue)

1)

Yo llegué a conocer una adaptación al cine de El asno de oro de Apuleyo. La pusieron a altas horas de la noche en alguna cadena de televisión. Parecía estar hecha en los años setenta, y haber pasado en su momento por porno blando y haberse quedado ahí. Nunca he oído hacer mención de ella ni tengo idea de quién era su director, pero la película no carecía de indicios de una mente de artista y de una sensibilidad fílmica. Posiblemente admirado por El satiricón de Fellini, su autor había intentado una emulación no exenta de orgullo. Orgullo por el estilo de collage que tenía respecto al orden retórico clásico, y por la persistencia de símbolos asociados al arte de vanguardia hippy. Los cielos azules, la playa, el sol, las nubes, la naturaleza en definitiva, y luego esas casas intemporales, encaladas y de aperturas sombrías.

Pocos pensamos que esos dos libros, únicas novelas modernas que conservamos de la Antigüedad, son a su vez el principal pasaje a la sensibilidad del Yo pagano. La primera persona nos aleja del mito y nos introduce en el secreto de un diario no cristiano. Misterio magno que nos ha dejado en los tiempos cristianos a un puñado de escritores ateos. Voltarie y el marqués de Sade son los que más me vienen a la mente. Pero Cervantes no anda lejos. Sobre todo puedo pensar en el ascendente de Apuleyo sobre Thomas De Quincey.

1)

Je suis arrivé à connaître une adaptation au cinéma de l'Ane d'or d'Apulée. Ils l'ont fait passer très tard dans la nuit sur une chaîne espagnole de télévision. Elle semblait être tournée aux années soixante-dix, et avoir passé alors par du porno soft et en être restée là. Je n'ai jamais entendu des allusions à ce film ni j'ai la moindre idée de qui était le metteur en scène, mais l'oeuvre ne manquait pas d'indices d'une tête d'artiste et d'une sensibilité filmique. Probablement admiratif du Satiricon de Fellini, son auteur avait tenté une émulation non sans un brin de fierté. Fierté par le style de collage qu'elle avait en égard de l'ordre rhétorique classique; et par la persistance de symboles associés à l'art d'avant-garde hippy. Les ciels bleus, la plage, le soleil, les nuages, la nature en dernier ressort, et puis ces maisons intemporelles, peintes de chaux et aux ouvertures sombres.

Peu de nous pensons que ces deux livres, uniques romans modernes qui nous sont parvenus de l'Antiquité, sont à la fois le principal passage à la sensibilité du Moi païen. La première personne nous éloigne du mythe et nous introduit dans le secret d'un journal non-chrétien. Mystère magne qui nous a laissé aux temps chrétiens une poignée d'écrivains athées. Voltaire et le marquis de Sade sont ceux qui me viennent le plus à l'esprit. Mais Cervantes n'est pas loin. Surtout je me donne à voir l'ascendant d'Apulée sur Thomas De Quincey.


2)

Si ustedes me siguen aún unos párrafos hay varios temas recurrentes que aparecen en El asno de oro y que pasan a mi obra, y que veo prefigurados en esa película mirada en solitario, virgen aún y lleno de espectativas. Secretos y epifanías constituyen la dialéctica del paganismo hippy en pornografía. Todo el arte underground, confidente e iniciático, es pagano incluso cuando se aproxima del ajuste de cuentas al Dios cristiano. Pero el elemento que desborda el marco de la iniciación, por su luminosidad, es la reflexión solar sobre la energía, sobre lo que en India se llama el prana. Y que en el ámbito metafísico pasa a ser el atman. Lo que yo llamo la calidad solar de una obra de arte, aunque también exista luz en la obra de arte lunar, una luz que nos muestra la noche.


2)

Si vous me suivez encore quelques paragraphes, il y a plusieurs thèmes récurrents qui apparaissent dans L'Ane d'or et qui passent dans mon oeuvre, et que je vois préfigurés dans ce film regardé en solitaire, vierge encore et plein d'expectatives. Secrets et épiphanies constituent la dialectique du paganisme hippy en pornographie. Tout l'art underground, confident et initiatique, est païen même quand il s'approche du règlement de comptes avec le Dieu chrétien. Mais l'élément qui déborde le cadre de l'initiation, de par sa luminosité, est la réflexion solaire sur l'énergie, sur ce qui en Inde s'appelle le prâna . Et qui dans le domaine métaphysique passe à être l'atman. Ce que j'appelle la qualité solaire d'une oeuvre d'art, quoique la lumière existe aussi dans l'oeuvre d'art lunaire, une lumière qui nous montre la nuit.


3)

J'ai les heures changées, comme ceux qui prennent de l'opium. Après dormir presque toute la journée je m'éveille à deux heures du soir frais et avec un rêve à raconter à Berthe. Dis donc, tu m'a prêtée ta caméra et j'ai fait de si belles photos de l'aube, la lune mourante, les fleurs dans la rosée et un enfant sautant sur une flaque. Notre cour, quand nous sortions au premier matin prendre l'air, était à las fois une cour de récréation et les friches d'un théâtre qui faisait ses essais à l'air libre. Dans les vitraux du voisinage, de jeunes personnes nous souriaient dès leurs fêtes finissantes.


3)

Tengo las horas cambiadas, como los que toman opio. Después de dormir casi todo el día me despierto a las dos de la noche fresco y con un sueño que contar a Berthe. Caramba, me prestaste tu cámara y he hecho unas fotos tan guapas del alba, la luna final, las flores en el rocío y un niño saltando por un charco. Nuestro patio, cuando salíamos al empezar la mañana a tomar el fresco, era a la vez un patio de recreo y los locales de un teatro que hacía sus ensayos al aire. Desde los ventanales del vecindario, jóvenes personas nos sonreían terminando sus guateques.


4)

¿Las fotografías soñadas pueden llegar a realizarse ? No se está tan lejos de lo real como se cree al despertar. Yo ya había soñado con fotografía, el año 1995. Soñaba que estaba revelando fotos en el laboratorio y colgándolas con pinzas a secar. Las desperdigaba por el suelo para ver qué efecto daban. Estaba haciendo el Quijote en foto-novela, en blanco y negro. He conocido ese placer por la dispersión de fotografías en el suelo en 2007 y 2008, cuando he comenzado a hacer collages.


5)

Les photos rêvées peuvent parvenir à être prises ? L'on n'est pas si loin du réel qu'on le croit au réveil. J'avais rêvé de photographies, l'année 1995. Je rêvais que j'étais en train de développer des photos à la chambre noire et les accrochais avec des pinces à linge les faire sécher. Je les éparpillais par la suite au sol pour voir qu'est ce qu'elles donnaient. J'étais en train de faire le Quichotte en photo-roman, noir et blanc. J'ai connu ce plaisir par la dispersion de photos au sol en 2007 et 2008, quand j'ai commencé à faire des collages.


6)

J'aurais voulu aller à rebours du temps et refaire en blanc et noir le film dont je viens de parler, sur l'Ane d'or, qui était en couleur, ces couleurs dorées des années 70. Le faire en vidéo. Noir et blanc sur le petit écran de l'ordinateur. Un mélange d'architecture grecque et nudité et peluches d'animaux.

Je me suis trouvé dans le métro avec une telle angoisse que ma vue se fixait sur la pointe du nez. Elle est réputée d'être la vision du yogi shivaïte. Dans l'ivresse de l'éveil je me suis mis dans les mains du dieu. Sa musique me fait traverser le temps. Comme un train qui nous amène ailleurs, vers de nouvelles cités, nouveaux visages du jour.


6)

Habría querido ir a contratiempo y hacer en blanco y negro la película de la que he estado hablando, sobre El asno de oro, que cuando la vi era en color, esos colores dorados de los años 70. Hacerla en vídeo. Blanco y negro sobre la pequeña pantalla del ordenador. Una mezcla de arquitectura griega y desnudez y peluches de animales.

Me encontré en el metro en una tal angustia que mi vista se fijaba en la punta de mi nariz. Esa es reputadamente la visión del yogui shivaíta. En la embriaguez del despertar me he puesto en las manos del dios. Su música me hace atravesar el tiempo. Como un tren que nos lleva lejos, a nuevas ciudades, nuevos rostros del día,


7)

Pero mi proyecto en 1995, en que la lectura del Asno de oro se realizó, era "vivir" el Asno de oro. Hacer de mi vida una novela pagana, aún a costa de conservar las ruinas de mi educación cristiana, único vestigio del pasado.

Hay que pensar la fuerza del escándalo de la novela pagana, y la intensidad de vivirla. Hacer el amor con matronas romanas bajo los rasgos y la piel de un asno. Está a la obra una transformación del Yo, una metamorfosis como culminación del tiempo, la escritura es una muda de serpiente. La fiesta de la risa, nueva metamorfosis ofrecida en expiación, la culpa se transforma en risa colectiva. Creación teológica del alma, en el mito de Psique y Cupido.


7)

Mais mon projet en 1995, quand la lecture de l'Ane d'or se réalisa, était de "vivre" l'Ane d'or. Faire de ma vie un roman païen, même en dépit de conserver les ruines de mon éducation chrétienne, unique vestige du passée.

Il faut penser la force du scandale du roman païen, et l'intensité de le vivre. Faire l'amour avec des matrones romaines sous les traits et la peau d'un âne. Elle est à l'oeuvre, une transformation du Moi, une métamorphose comme accomplissement du temps, l'écriture est la mue du serpent. La fête du rire, nouvelle métamorphose offerte en expiation, la faute se transforme en rire collectif. Création théologique de l'âme, au mythe de Psyché et Cupidon.


8)

La religion d'Isis, un des sujets du livre, postule une déesse dont le rôle est de reconstruire le corps du dieu. Cela m'a amené à attribuer aux femmes des pouvoir structurants dans ma vie, en dévot d'Isis. L'ordre des lunaisons, qui préside aux cycles de la femme, a été mon calendrier pendant des années. Mettre un verre d'eau au côté du lit pendant la menstruation, écouter le corps, sentir le magnétisme de la Lune. Depuis j'ai observé la durée des jours, la mort symbolique de l'hiver, le chaud et le froid, et j'ai été introduit aux équinoxes et solstices, qui sacralisent l'année lui donnant une allure matérielle. J'ai fini par ce qui constitue l'ABC du jeune païen, son lien avec la cité, son sens de l'occasion.


8)

El culto de Isis, uno de los temas del libro, postula una diosa cuyo papel es reconstruir el cuerpo del dios. Ello me ha llevado a atribuir a las mujeres poderes estructurantes en mi vida, en devoto de Isis. El orden de las lunaciones, que preside los ciclos de la mujer, ha sido mi calendario durante años. Poner un vaso de agua al lado de la cama durante la menstruación, escuchar el cuerpo, sentir el magnetismo de la Luna. Paralelamente observaba los días, la muerte simbólica del invierno, el calor y el frío, y fui introducido a los equinoccios y solsticios, que sacralizan el año dándole un no sé qué de material. He finalizado por lo que constituye el ABC del joven pagano, su vínculo con la ciudad, su sentido de la ocasión.

lundi 27 octobre 2008

Anunciacion IV



Al público hispano-hablante le puede interesar la entrada que ha editado en su blog Estrella, a propósito de mis novelas editadas por Meligrana Editions, y, de paso, se abre allí un debate en torno a mi pintura. clicar aquí

Carta a S.

Querida S.,
Adivina qué estoy escuchando. Un loco de voz carrasposa, sobreaguda y cavernosa a la vez, cuenta estracciones de esperma en los ¿colegios? americanos. Poco después sus asistentes se unen al griterío. Hablan de caca y de guerra. De productos de síntesis y de soldados. No te equivocas si piensas y aciertas que es algo hecho para acabar con el juicio de Dios, a fuerza de gritarle en los oídos. Es la grabación del poema de Antonin Artaud.
Qué voz de loco, de loco de asilo, por momentos. Y cuando es serio, la enormidad de lo que dice hace el resto. Para mí, como me ocurre con Sade, resulta balsámico, medicinal, este reencuentro con la locura.
Ahora vienen sus cantos de empeyotado. La voz de su amiga María Casares, temblorosa y lúgubre. Seis hombres, uno para cada sol. El séptimo sol, vestido de negro. Caballos. El suspiro de un tambor y de una trompeta larga. Es la voz de una monja delirante. Los agudos, que escapan a cualquier profesionalismo. Que hablan quizás de la masacre que había tenido lugar en Europa. Es el año 47. El mes de marzo.
Perder el ser o no hacer caca. Hay en el ser cierta cosa muy tentadora para el hombre... Imaginemos un marqués de Sade psicodélico, totalmente colocado.
¿Es Dios un ser? Tradición francesa.
Cómo en nombre de la anarquía se rehúsa el sometimiento a una ley no lo suficientemente malvada. Después del orden de este mundo hay otro. La voz de Paule Thévenin, la amiga fiel de Artaud. Los hay que dicen que la consciencia es un apetito, un apetito de vivir. Y existen los que viven y tienen hambre sin tener apetito. Es increíble como se parecen la voz de Paule Thévenin y la de Soraya Cianzo. Es algo que hay que escuchar lentamente.
No es el sujeto frío del art brut de Domsic, Kosek, etc. Hay en Artaud un impulso filantrópico, aunque más como maestro que como reformador, ya que no podía ser de otra manera. Sus pronunciamientos en favor de los indios, justo después de la Guerra Mundial. Es muy juvenil en su senilidad. "Ríanse todo lo que quieran, pero eso que hemos llamado microbios, es Dios. Habríamos inventado los microbios para imponer una nueva idea de Dios."
El cuerpo sin órganos es una utopía cruel, blanca como la de Sade. Una mímesis, pues del fantasma contemporáneo en la cultura. Se termina con un tamborileo que me recuerda la Semana Santa en Granada.
Bueno, con el final del disco cierro yo también mi correo, de momento.

mercredi 22 octobre 2008

miettes XVII

miettes XVII (baroques)

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L'oiseau prend la miette et l'emporte au ciel.

Beata Ludivina, saisie d'intelligence comme d'une longue maladie, à te lire je te voudrais bête et innocente comme un animal, et, cet animal, c'est moi.

La colombe qui porte les indiscrétions de Dieu...

Abandonnez le Haïku, sport pour vieillards précoces. Oops, je voulais dire le Tai Chi. (À mettre sur le deuxième blog de George-s)

Pour la phrase nominale il faut avoir un nom.

C'est quand je suis le plus amoureux de ma femme que je suis le plus infidèle. Il faut qu'elle m'agace un peu pour que je rentre dans la Foi.

Un ivrogne n'éjacule pas, il pisse.

L'aristocrate et le mendiant ne sont pas de ce Monde. Ils ont tous deux fait la Terre d'un geste, une Terre pour chacun, puis, dans l'ivresse, ils se sont perdus dans leur création.

Oh, cette pensée de moi que seule tu as l'oubli me l'a portée, comme plus tard me la portera la mort.

Dans le gitan on voit le père en liberté. Il aime la mère et on ne peut rien faire.

En écoutant Erika et Emigrante, duo tzigane, je pense au symbolique en musique. Mais que peut faire un disque si mince qu'il n'a qu'une seule face ? C'est la personne qui nous chante à voix basse qui nous dis la vérité.

Les étudiants lisent l'avenir, tout comme les gitanes.

Qu'est ce que c'était Grenade ? Le malaise doux du Paradis.

Qu'est ce que c'était Grenade ? Là-bas toute ma vie était enclose dans le regard d'une femme, toujours une seule femme.

J'ai bâti un palais pour mes soupirs.

L'équivalence est dangereuse, l'or appelle la violence, il convient au sage de se parer de terre, pour la donner au chien, qui la prendra à titre exceptionnel. Blake à répété deux fois cette aquarelle. Seul lui ou un mort pouvaient dessiner de la sorte. Mais je ne vais pas parler de la mort, sinon du danger de vivre sans sagesse. En toute sécurité, le sage est à moitié mort, ou paré de terre.

La commode

mardi 21 octobre 2008

miettes XVI

miettes XVI (problèmes)

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Si la journée du prolétaire nouveau selon Marx était divisée en trois parties (Travail, Loisir, Sommeil) et que chacune de ces parties comportait huit heures, combien d'heures avait l'ancienne journée marxiste ?

Clément Rosset a été parmi les philosophes peut-être le premier à signaler la valeur symbolique de l'OVNI en pâture au réel ou bien l'anéantissant symbolisme du réel à propos de l'OVNI ?

Considérer le pourcentage de jalousie désertique du portrait de Nefertiti.

Où est-elle, la susceptibilité féodale et discrète ? A) chez le seigneur B) chez le serf.

Ils ont inventé à l'époque d'Aquin la forme comme pain qui ne donne pas de miettes, mais des découpes.

Les premiers téléviseurs en couleur se regardaient avec un feint naturel qui n'arrivait pas à cacher l'euphorie. Je suis arrivé tard.

À détordre le clou pour y mettre une aquarelle on peut proférer n'importe quelle phrase.

Socrate aurait-il préféré Diotima à Xanthippa pour dormir tranquille ? L'excitation est au langage ce qu'est la musique au poème, mais le langage est à l'amour ce que la dédicace au livre. Et pour comble Roger Scruton nous révèle une Xanthippa cultivée et progressiste, et bien douée pour le cabaret...

Je crois que Bacon vivait une époque où l’artiste s’exaspérait, le public s’étant exaspéré depuis toujours.

Commentaire à Reine Bale : Au fond, l'auto-fiction c'est un rapport sur soi. C'est plus immédiat dans L'Age de la Déraison que sur le blog. Laurence Sterne et son ellipse toujours précise (Voyage sentimental, Tristram Shandy) semblent convenir comme modèle d'auto-fiction bloggy.

lundi 20 octobre 2008

Filosofia del refrito (Euridice suivant Orphée)

Isis au Bain

miettes XV

miettes XV (IIII)(V, V, W)

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C'est en regardant mes seins dans la glace, dit la romancière, que je me suis dit : il a lu mon livre.

@Marco, un livre de papier c'est comme un cendrier plus ou moins plein de mégots qu'on retrouve le matin. C'est, pour reprendre jean clet martin et florent georgesco, une relique, quand il s'agit de quelque chose de créatif, mais une hostie quand c'est un prix Goncourt. Un m@nuscrit est une bouteille qui circule d'un coin à l'autre du lit ou de la table en pleine nuit, encore à moitié pleine. (Chez Léo)

@ Manuel Montero : belles images, je retiens. Mais si le m@nuscrit devient manuscrit à vocation livresque, trouvera-t-on de vieux mégots au fond de la bouteille encore à moitié pleine? Voilà qui est angoissant. (Marco chez Léo)

On s'approche du copte subakhmîmique avec le nouveau langage de la Toile. Alpha dans un sigma, comme l'entête sur les billettes des martyrs à l'encaustique.

Au droit latin, la médisance était une branche de la magie noire. De là le peu de tolérance pour les chrétiens.

L'auto-fiction, surtout féminine, inaugure pour moi une nouvelle idolâtrie, dommage que Kristeva prenne pour passe-temps une Sainte Thérèse plutôt genre mère supérieure, toute de drapés. Elle est sage, donc ennuyeuse. Vivement Dahlia, Carole Fives et Reine Bale.

Lire les femmes, les sentir évoluer à travers des espaces en blanc et noir, devenir témoin de leurs pensées et de leurs paroles vis à vis de leurs couples ou amants, partager leur ivresse, me voilà condamné.

On ne prévoyait pas le renversement de la prostitution par la littérature. L'espagnol vieillit avec romantisme.

Wanda, la femme de Sacher-Masoch, est plus excitante dans sa Confession de ma vie, que son mari dans son chef-d'oeuvre préalable. Elle avait la moitié du travail tout-fait.


Qu'est-ce que l'Ecriture sinon suivre un dicté. Une dictée dont le souvenir s'arrange au moment de saisir le clavier ou la plume, une dictée parfois reculée dans notre passé, parfois au bout des lèvres comme un chuchotement au milieu de son dicté.

Va-t-on reconnaître qu'il y a auto-fiction depuis Apulée, ou du moins depuis Klossowski ou par exemple Maurice Sachs ou Wanda Sacher-Masoch ? Le non-finito du tableau rehausse la vitesse du style. L'ivrogne qui se plante à la tombée du soir dans la terrasse, faire de nouveaux aveux, ou bien la culotte rouge mise sécher au balcon. Les bêtes de la fin du monde vont sortir du couvent.

Quand j'entends des hymnes nationaux je déconnecte et pense à échapper.

N'aurait-on à craindre que l'asservissement des femmes se perpétue tel qu'on l'a connu déjà ? Le féminisme triomphant est purement idéologique, il sied bien à celles qui ont une femme de ménage. Prenez de la graine de la gueule déjantée de Eileen Myles, un verre en plastique à la main.


Suis-je aveuglé par le charme qui se dégage des auteurs féminins, que j'accorde un crédit total à leurs histoires, même sans les lire.

lundi 13 octobre 2008

Santa Maria la Perdida

miettes XIV

miettes XIV

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Julia Kristeva est une artiste contemporaine qui ne rejoint aucune tradition. Stalker est un spécimen sociologique. Manuel Montero est un saint.

Même les infirmières qui sont venues à l'expo ont dit que j'allais de mieux en mieux. Les dresseurs de chiens à l'université ne veulent pas de réponses compliquées.

Symbolique de la couleur dans le cinéma : pour la connaître il faut connaître les modes de chaque décennie, voire de chaque année. Il faut connaître les modistes et les designers français et italiens, japonais et américains quand on s'approche de nos temps, et leurs univers propres.

Le peintre a une approche magique de la théologie. Il doit faire la coiffure de Dieu.

La chaste Lucrèce se suicide. Le peuple romain était sensible à ce point à la détresse d'une matrone patricienne ? Un baba-cool écrit sur l'amour, j'ai le livre puisqu'il me l'a donné. De toutes façons, il ne parle pas de la chaste Lucrèce.

C'est trop tard. On a imaginé Junon, Vénus, et Proserpine même, si charnelles et quotidiennes que les statues nous les montrent, l'on ne peut plus les invoquer au foyer, à la récolte.

Le peuple qui voit tout ce qu'il y a à voir au cirque. Il se tourne de temps en temps vers son ombre chuchoter et il compatit avec les damnés. Le peuple qui ignore tout ce qu'il y a à voir dans l'architecture du cirque.

Mes amis qui comprennent le journal me semblent avoir une bien plate vie. Sauf au lit.

Le livre n'était pas religieux au début, c'est avec le christianisme qu'il l'est devenu.

Le sacré n'était pas fait pour le lecteur, jusqu'à ce qu'il devienne utile et rhétorique.

Quand je cherche la Rhétorique, et que je ne sais pas où je l'ai laissée, j'appelle Aristote à mi-voix comme on appelle un chat qui se serait dérobé. André Breton, c'est la carte de visite d'un plombier.

Modernité du pouvoir, ou bien Modernité de la contre-culture. Et pas de groupes mixtes ! disait mon prof d'éthique. Pendant ce temps, les autres enfants chantaient dans la classe de religion.

Qu'est-ce qu'on a à faire de Coleridge ? Avec son capitaine de bateau, il vous colle comme la pluie ! On a déjà dîné au Dôme, nous !

Miette apportée par Cecyl (copyright) dans le Concours de Variations sur Cyrano et Plutarque chez Léo :
L'authenticité est dans la langue, le salut aussi.

vendredi 10 octobre 2008

Concert à The Box in Paris

Pour mieux comprendre l'objet Manuel Montero, il convient de posséder un dessin, un tableau ou la collection de ses livres numérotés.

miettes XIII (13)

miettes XIII (13)

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Un jour je vais balayer ces miettes, murmure la mort qui désinfecte le couloir. Elle nettoie les tableaux avec des plumes d'autruche, et reste bouche béante et les mains jointes devant un nu. Je lui remet son salaire et lui dit de repasser la semaine prochaine.

Pense à la chaleur qui habite tes clients, comme la prostituée, ou la courtisane, si tu préfères.

Réussir un dessert amer, en dehors du goût du siècle, pour le repas du suicide.

C'est carême bientôt, puisque Noël approche. Pentecôte et Corpus Christi, puisque nous n'étions pas baptisés. Quand tu passes à coté de moi, je veux te faire un enfant. Un pain de carême.

Une tombe dans le désert, l'ascète voyage encore dans l'ivresse de mourir, le silence chante avec lui.

Je ne pensais pas que tu étais aussi libérée. C'est agréable de connaître sous un jour différent la femme qu'on aime. Et nonobstant la maîtresse de mon corps se dérobe dans la nuit, en signe énigmatique et en fumée.

Il ne comprenait pas que la ronde de femmes dansait autour pour l'amuser, et imagina de troubles desseins dans leurs spasmes.

Le petit parasite habitait une demeure poilue et était fréquemment secoué par les ardeurs de l'amour.

Le symbole est au degré précédant le premier degré. C'est le langage du paradis, qu'aujourd'hui l'on ne perçoit qu'au premier degré, puisque nous ne pouvons pas percer plus profond.

Le plaisir est toujours modéré chez les individus libérés, disait dans mon rêve l'infirmière de Wilhelm Reich, l'inventeur de l'orgon ou atome de l'orgasme.

Ah, ces Anciens, qui discutaient par entremise de symboles...

Il suffit d'un discours faible pour faire oublier toute la philosophie au vieil homme, comme un fascinum ou une truie exhibée.

Je danse seul Let me down easy de The Spencer Davis Group, pour mon démon. Jadis ils se nourrissaient d'encens et de prières. Imaginez le scandale aujourd'hui.

Le démon personnel sera le nouveau dieu.

Elle était une matrone vénérienne, une mégère en talons aiguille. Loin d'elle, ses amants encore la redoutaient.

jeudi 9 octobre 2008

Expo à The Box in Paris




Pendant le mois d'octobre, l'exposition chez Aline Geller à The Box in Paris continue. Cliquez sur le titre de ce post pour plus d'informations.
Ne pas oublier, aussi les m@nuscrits en ligne chez Léo Scheer, plus bas dans les liens utiles, ainsi que dans le lien Mon éditeur, les romans en espagnol édités par Meligrana.

miettes XII (douces)

miettes XII (douces)

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Internet serait un jeu de hasard qui nous mangerait la force productive. Même si ça nous fait gagner, il faut le rejeter.

Riders on the storm : j'écris à ma cousine prof de fac. Amuse-toi et ne t'ennuie pas. Je voudrais être d'avant-garde et je danse, je découpe des photos et les colle les unes sur les autres.

Dessiner un pentacle, avoir en face une athlète nue, une ouvrière héroïque. Porter des chapeaux à queue de renard. Le peuple a besoin de fêtes, quoique dernièrement il n'y a rien eu à fêter. Les grisettes languissent.

Il y a pas de clivage entre les héroïnes de la classe ouvrière et le prophète déclassé. Le rock nous unira et fera de nous des dieux.

Les hésitations de la brosse, les petits dépassements. La bourse craque et tout était là.

Il y a un trop de bonheur à rater un tableau. Un trop de bonheur insupportable.

De longs trains parcourus dans la nuit, en fumant des joints avec des inconnues.

Le pentacle suspendu sur la Sainte endormie, ses rêves la font se contorsionner, on dirait une chrysalide en fin de métamorphose. Elle se réveille et consulte le miroir, le paradis est là.

Sainte Catherine d'Alexandrie apparut à l'astronome, qui quitta l'observatoire pour les routes et les cabarets.

Le monde le plus proche est la Lune. L'affection qu'on peut en avoir nous la rend proche.

L'acte des sens qui savourent le plaisir pour nous mortifier.

lundi 6 octobre 2008

miettes XI

miettes d'automne II

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C'est Led Zeppelin ? Non, Marianne Faithfull. Pour toi, tout est équivalent. Ce qui est fascinant (et stimulant au plus haut degré de l'aphrodisiaque) c'est le clivage entre les sexes dans le couple d'artistes.

L'ordre du son, voici la différence entre classique et jazz.

Croire tout ce qu'on lit sur la toile, comme croire aux nouvelles sentimentales ou à la télévision, fait partie de notre inconscience, de l'illusion qui pèse sur le réel. Par exemple la simplification qui consiste à dire que les bibliophiles sont d'extrême-droite.

Je suis sûr que le musicien suit la partition du discours du président.

Ce qui se prépare c'est des nouveaux Berlioz et Rameau, sans chaîne de musique ni ipod, entourés d'écriture, et d'un violon ou d'une guitare. Camembert en fin de semaine, et les mardis de la mi-mois des huîtres.

Quelle serait la différence entre celles qui aiment le clavecin et celles qui le détestent ?

Fumer à la fenêtre et prendre un rhume, dangers du tabac.

L'idée de mini roman je l'ai tirée d'un poète, mais je ne peux pas vous dire le nom, parce que je ne m'en souviens pas. J'ai ses deux livres dans ma chambre en Espagne.

Il peut être salutaire, de ne pas avoir d'internet, se dit-il.

Cher ami, mon oeuvre est toujours humide. Voudrais-je lui coller une étiquette, ça n'accrocherait pas.

Le style devient de la pose quand le photographe arrive.

Le présent historique sur la toile n'est pas de rigueur. Surtout si on raconte ce qui s'est passé, les temps ont une fonction renouvelée, qui tisse des liens toujours quelque peu causals. Si un ami me raconte en octobre dans un mail ses vacances d'été, ou pire, sa fin d'année scolaire, au présent historique, je risque de le prendre pour un allumé.

À présent je vais me remettre à lire Cervantes et démontrer que Garcilaso opère un agencement semblable à celui de Sacher-Masoch.

Les relectures de Cervantes tout au long de la vie constituent le quotidien mental de l'Espagnol, c'est inévitable d'abhorrer celui-là quand on veut faire la critique de celui-ci. On parle de l'objet-quotidien-Cervantes.

Certains noms ne résistent pas à la dialectique, les porter c'est forcer votre public à se boucher les oreilles.

dimanche 5 octobre 2008

Nouveautés sur Léo Scheer (m@nuscrits on-line)

En cliquant sur ce titre vous arrivez a mon petit aperçu accéléré et critique de la poésie espagnole. Voyez aussi chez Léo Scheer "Des parasites", "Le vomi", et autres.

samedi 4 octobre 2008

miettes X (W)

miettes X (W)

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La fonction de l'amulette : appauvrir plus doucement.

Être dans la mouvance néo-pauvre, voici ta seule consolation.

Le néo-pauvre ce n'est pas seulement l'artiste, mais tous ceux qui descendent socialement et qui sont forcés de se tourner vers l'art pour maintenir un reste de délivrance.

ça existe déjà, les néo-pauvres ? c'est ce qui arrive, dans la littérature de transmission numérique.

L'art néo-pauvre ne se retrouve pas dans un circuit particulier, il relève d'un public néo-pauvre au-dessus de lui qui le détecte grâce au dépôt de culture dont il est dépositaire.

Parfois sympathique, cet Art ne porte pas moins, pour autant, le poids de lourdes existences.

Dans la littérature de transmission numérique l'idée de prestige éclate sans pour autant disparaître.

Le vrai néo-pauvre signe encore ses pièces ou miettes, mais le prestige est lié à sa présence sur-place. Il se doit d'avoir honte en quelque sorte, le nouveau Tartuffe.

Voyez Cioran au début de la chaîne de montage.

Bientôt des grosses collections d'oeuvres détruites, en sorte de catalogues de ce dont on ignore presque tout, maintenus sur le maigre vestige d'un salon.

Je n'oublierai jamais le commentaire de Véra à Knight ayant pour topique "caviar sicut camembert". Est-ce une matrice, notre toile ? On n'est pas seulement leurré quant aux autres, mais quant à nous mêmes.

Tous les vieux intellectuels appelaient le petit-fils pour qu'il dépanne leurs ordinateurs et modems. Depuis, il a pris le pouvoir et leur donne de quoi vivre.

Je ne veux pas déprimer. Me voici en pleine fureur poétique, livré au luxe mental.

miettes IX

miettes IX

...

Si, comme on vend des tableaux non finis, l'on vendait des livres inachevés, combien de travail mécanique nous serait-il épargné...

L'ivresse de la phrase écrite n'est pas alcoolique. L'on ne s'exclame pas un texte en hoquet.

L'aberration comme effet de l'erreur, ce sont les traits de mon visage ce matin.

Vivement le soir, nous serons ensemble et nous ferons des enfants.

La Reine peut sourire et boire en même temps, prodige de la monarchie.

Vous ne savez pas que, la coupe, c'est un pur objet de pensée, non matériel ?

Le Roi, en reniflant le camembert, s'exclame : un coiffeur, vite !

La phrase royale est courte. Sauf en espagnol.

Reine et Roi sont à portée de la main, pourvu qu'on aie des bons coudes.

Nous sommes immortalisés par les mortels.

Victoire sur la médisance. Le journaliste retourne à sa soupe après s'être bouffé tous les canapés de la star. Il reste souple.

Profiteroles à la Closerie des Lilas, nourriture du souvenir.

Le peintre se doit de ne pas avoir de vanité, être un génie c'est terrible.

Les ciseaux de la mémoire ne t'ont pas coiffée à la garçonne. Le mode unisexe est déjà démodé.

L'enfant est impatient pour dessiner les cheveux. Il voudrait les faire un par un, et il fustige la feuille d'un geste général.

Le sexe nous simplifie les choses. Nous n'avons plus besoin de polémiques, dit-il. Et voici qu'elle le surprend à se gratter le nez.

Le philosophe a des callosités dans le cerveau, selon Cicéron, à cause de la dialectique. L'idiot est plus sensible au plaisir, surtout à table. L'un et l'autre ne doivent pas prendre de vin. Mais les nouveaux philosophes le peuvent, puisqu'ils n'ont rien à démontrer.