vendredi 30 septembre 2011

laocoon


f (featuring Gabrielle d’Annunzio)

Los insectos son autónomos, geniales

que faire ? cirque de puces et désirs

prétendants à la flèche, constellation cordiale du corail

le rire répandu comme le vent sur la tasse et la merveille

tellement se perd la ville et le travail…

Incantation, dans la partition de la lettre

l’éducation du sauvage

musique et outrage automatique

du réveil terrifiant et l’on s’endort

l’on n’atteint pas le calme cauchemar de la mort

sans être le prêtre et la minutie de l’être

quelque chose d’affreux et chantant et denté

serpent, sculpture et grise écume

Che pensate ?

Penso a voi


Che pensati di me ?

Penso alla vostra vita d’un tempo

ch’io non conosco. Avete

molto sofferto ?

Ho molto peccato

E amato anche, molto ?

Non so. Forse l’amore non è quale io

l’o provato.

la toile est l’oeuvre d’art, le refuge, le piège métamorphique

de l’araignée et la chenille

frère et soeur dans la sueur du paire

tu systématises trop, tu portes une barbe, prière

voilà ce qui est inconcevable, la lumière suprême

finir un poème et rentrer dans la mer


^^^^^^^^^^^^

Sur Dante XXXV (les libertés)



Il serait édifiant de se dire que Dante porte des singularités, de la modernité par rapport à ses contemporains. Mais il a vécu à la fin du Moyen Age, une époque trop complexe pour que l'on puisse avancer une quelconque vérité. Dire que Dante est innovateur, je sais pas... je ressens que c'est un propos de boy-scout littéraire. On a déjà fait le contraste obligé avec Cavalcanti, et c'est une petite enquête de rien. Dante est peut-être une autorité pour nous, une mesure standard, mais il me laisse froid. Je relis et ne trouve rien qui soulage, comme il peut m'arriver avec le reste des livres que je suis en train de lire.

Sinon l'intérêt de la Divine Comédie est autre chose, relevant plutôt de l'horreur, de la bêtise monumentale qui peut être une vie humaine. Bien dosé, c'est un traitement de facto pour une bonne dépression, c'est peut-être pour cela que le livre reste, comme ceux de Sade, d'ailleurs...

Je voulais vous parler d'une idée qui chez moi vient d'atteindre son paroxysme d'angoisse, une fois vérifiée sa qualité chimérique et même "bête" dans le sens du dantesque.

J'ai été frappé par l'éloquence avec laquelle Swimburne, dans un vers que j'ai cité précédemment, revendique "la Liberté". Je suis tellement partagé et confus... Je remarque comment ça peut être ridicule cette exaltation, qui vient à la bouche de véritables marionnettes humaines, des loques existentiels, tels les "écrivains de droite", que j'ai pu connaître plus ou moins et desquels je me suis toujours apitoyé et montré indulgent. Je reconnais quelque chose de ma propre condition marginale chez "l'écrivain de droite", mais c'est tellement sale, tellement "calice amer" pour moi... Si je me surprends à me justifier au nom de "la liberté", comme ils font parfois, je ne peux qu'avoir honte, au vu de ce qui est appelé "liberté" par ces gens là... Mais Swimburne semble lui donner une telle impulsion musicale, au mot "liberté", que je reviens sur mes pas et je commence à faire un autre genre de constats :

a) de facto, ces revendicateurs de la liberté sont souvent sous l'aile d'une administration qui multiplie la surveillance

b) la surveillance est faite au nom de la sécurité

c) la sécurité consiste à un traitement préventif de la conduite qui traite la masse sociale comme incapable de se conduire proprement par elle-même, comme les enfants

d) autre chose, l'exaltation libertaire, de droite ou de gauche, et je le dis par l'observation "in vivo" chez moi, vient associée à une irritation qui est détournée de son origine réel et quotidien, tout comme le fameux mécanisme onirique de "déplacement" signalé par Sigmund Freud, ce qui ferait en effet du sujet ce que la surveillance prétend, quelqu'un d'enfantin foncièrement

e) alors ?

f) ouais, toute problématique de liberté amène à un cercle vicieux

g) mais la prise de conscience... ? ne serait-elle pas essentielle, pour évoluer, ou simplement pour qu'il existe une vraie "conduite", qui soit pas du domaine de la manipulation ?

h) or, il semble qu'on a décidé à notre place que la liberté ne doit être pondérée dans sa dimension problématique et, en conséquence inévitablement risquée, mais qu'elle soit un succédané, une caricature

J'avoue que ces pensées au cru sont pas du tout "délicieusement originelles", mais qu'ils ressentent le mâché du réel. Je m'éloigne du domaine poétique et c'est ennuyeux, mais je crois que c'est important d'apposer ce commentaire prosaïque au vers de Swimburne dans son hommage a Victor Hugo. Je rappelle cette sorte de "slogan" de Swimburne :

But we, our master, we

Whose hearts uplift to thee,

Ache with the pulse of thy remembered song,

We ask not nor await

From the clenched hands of fate,

As thou, remission of the world's old wrong;

Respite we ask not, nor release;

Freedom a man may have, he shall not peace.


Heureux soliloque que le mien si je n'arrive pas à faire la connexion du dantesque, in extremis. Laissez moi du temps, je risque de partir très loin... Peut-être la question de la liberté "tragique" (ni pessimiste ni optimiste, pour dire simple à la Clément Rosset), relie le dantesque justement dans ce contraste entre la grande construction théologique, et sa mauvaise foi, et la catastrophe implicite à toute contemplation (de Dieu ? ou... quoi d'autre ?... la Femme ?... ??? ) depuis l'athéisme (dont il était question en principe chez Cavalcanti).

On est devant l'effroyable, le chiffre, le tatouage du cannibale, devant un grand ETC, devant notre GPS, devant l'insupportable épée du SDF.

Disons tout court, pour revenir à notre giron d'intimité, pour materner un peu notre écriture qui fait si mal, qu'il est dans la Comédie question de ce que par la suite sera l'opposition quietiste de contemplation et méditation. Essayons ce souvenir, il faut respirer, malgré Dante.

...

mercredi 28 septembre 2011

Sur Dante XXXIV (du duende)



On est en présence d'une modification symbolique. Voyez sinon comment nous sont imposées par le nouveau rêve des inscriptions telle celle-ci : les foudres de la trahison.

Si l'on a fait état des métamorphoses pour pouvoir replonger dans le mythe, l'on se doit nous aussi d'une certaine mimique en égard de Dante. Comment sommes nous punis ? Quels stades nous purifient ? Quelle est la suprême lumière pour nos yeux ? ...Trois questions pour avancer avec les phares sous un soleil cuisant. Commençons par avoir honte. Nous avons été surpris par la mort. Sursauts. Il est question de sursauts. Du don des larmes, aussi, mais surtaxé.

Des effets d'écran, des murs partout, de la fatigue oculaire... hier soir au concert de cante jondo d'Inés Bacan, à la Cité de la Musique, j'étais assailli par des rideaux en mâchoire comme ceux du game over de n'importe quel vieux vidéo-jeu. Il fallait que la Providence (l'orwellienne providence) m'empêche d'approcher mon coeur, mon corps noétique, d'aller trop loin dans l'écoute... déjà qu'on a pourvu toute écoute d'une priorité de fusion...

Quelle figure bizarre, quelle chimère, cette Inés Bacan, tout comme l'idée d'une "voisine" est chimérique... La voyant en face, assise ou débout, l'air impatient, Inés Bacan me renvoyait l'image d'une voisine gitane comme celles qui ont décoré mon parcours de l'école primaire à l'Albaicin de Grenade. De son regard qui essaie de voir plus loin que les travers de l'illusion des phares sur la scène, de leur petite mort, qui s'aiguise pour percer jusqu'à moi, la pointe est tellement subtile qu'elle arrive à tatouer les paroles de son cante sur l'atome de son choix dans la masse anonyme d'un Moi qui s'ignore.

Il est vieux, ce duende, et maniaque. Il se paie le culot de se faire applaudir par une nation qui pratique la déportation des gitans, qui a la brutale infamie de proclamer depuis ses ministères que la déportation raciale est la priorité du gouvernement. Il se paie le culot de faire plaisir à la France. La France qui veut lire ce que j'écris à propos de la Divine Comédie, puisqu'elle pondère le génie et mâche ma salade et... et telle la bouche de l'Enfer mâche aussi mon âme sans laisser de nuance qui ne soit sucée par son besoin de créativité. Le nombril dont elle parle sans arrêt, accusatrice si elle vous surprends à vous caresser, sérieuse et transcendantale si elle parle de sa laïcité, de son catholicisme... enfin, les deux vrais piliers qui soutiennent son ventre troué.

Le duende avoue de force, et Inés Bacan est capable de le faire dire le fond de sa sagesse, avertissement instantané et panique. Ceux qui prétendent que le duende mange dans leur main, qu'il parle de bon gré, ne savent ce que c'est un gitan, ou un andalou tout-court.

Même si c'est cafardeux de le dire, il n'y a de créativité en flamenco que celle qui est donnée par la dialectique de l'exclusion. Inés Bacan sait qu'elle ne peut défendre naïvement ce qu'elle même pourrait parfaitement illustrer, que c'est encore un piège, et elle imite doucement les interprètes, les vertueux qui ont suivi des cours, les admirateurs éclectiques de la mondanité sybaritique... elle est nerveuse. Non, elle était censée être nerveuse par hasard, par manque, comme l'est l'interprète. Vous êtes loin, les admirateurs, de savoir à quoi consiste la nervosité du créateur... Elle vous libère, avec la tristesse de vos péchés futurs. Elle n'est pas folle, parce qu'elle totalement plongé dans votre folie, à vous renvoyer, à vous mettre discrètement à votre place, sans que vous ressentiez si ce n'est qu'un petit besoin d'uriner, qui vous gène dans votre "écoute"...

Ce n'est pas anodin ou inoffensif qu'Inés Bacan ait chanté des berceuses (nanas). L'on figurerait peut-être ceci comme un apport au devenir historique, et à notre analyse du dantesque. Sensualité finale de la mère, avant l'inactivité cérébrale du rêve. Le chaos progressif, et une chanson pour se laisser faire en confiance, voluptueuse maternelle...

Il faut pleurer pour dire avec décence comment Inés Bacan est belle.

La berceuse est une intensité historique, dans la nuit de notre enfance se croisent les temps, les ronflements des siècles, les bruits, les guerres, la sexualité, les odeurs, les idées assoupies qui répugnent et réveillent telles une sonnerie, finalement, quand il faut partir vite.

D'autres chansons, sans trop d'enjolivement sonore, évoquent "la calentura", le rut, masculin ou féminin, toujours quelque peu viril. J'ai fait remarquer que "l'on n'exécute une danse du ventre en Turquie, qui soit vraiment poussée jusqu'au bout, que si l'on est garçon", dans une conversation conjugale. Il n'y a de l'obscène que chez le garçon, pour l'homme et pour la femme.

Savez vous que le duende, tout comme la tarantella, est une maladie ? Pensez-vous qu'il n'est pas en train de ruser contre vos médicaments, chimiques ou idéologiques ? Savez vous que la Peste (cet ange chanté à l'île de Patmos) même si saisonnière, même si soumise à vos remarquables progrès, une fois qu'elle vous tue, vous êtes tués ? Vous exploitez ? Vous allez exploser... Sarcophages pour oreille, foutre de Dieu dans les yeux, les canins et les incisifs au prix du toc nicotinique, le reste refait, étrange, vous êtes le pantin de la dominatrice ennuyée, qui va vous faire tomber plus bas, faute d'autre chose qui puisse vous contenter. C'est ça, Paris, et la beauté des gitans excite les chiens des concierges et des gendarmes.

(poursuivre la lecture sur ce link)

...

dimanche 25 septembre 2011

miettes oecuméniques




(miettes oecuméniques, Manuel Montero)

Si l'Eglise est le coeur de Rome, elle doit accueillir dans ses autels l'ensemble des dieux.

L'honteux service de promotion post-mortem qui est devenue la papauté ferait mieux de se purifier par les éclairs des vrais miracles, de plonger au coeur du Saint Mal, la Musique et Freud.

Même si cela me fait mal, je veux la liberté, disent les paroles de Sobreviviré, la chanson bannière de Monica Naranjo. Une référence pour entrer dans l'intimité de mon passé, la seule image vers laquelle ma conscience se tourne prier…

L'ingénu est celui qui fait le plus intensément l'expérience du péché. L'écrivain, les mains sur le clavier, appât et suppôt des plaisirs de son métier incertain, est le plus grand des ingénus.

Soit l'on sanctifie la prostitution, soit l'on est forcés d'admettre que tous les métiers tiennent part à la prostitution fautive devant l'esprit.

Que la philosophie des prostituées soit admise à l'Université serait attendre des ânes une décision, et la philosophie des prostituées est impatiente.

Une femme qui fût ma première copine fit un rêve d'ascension au Ciel, j'ai reçu son rêve, et je le garde en gage de ma première trahison. Avec un baiser, tel Judas.

Tous les saints pour moi ce sont les étincelles de l'amour.

La ténacité dans l'amour est de nature paisible, elle observe la bataille de la chair et la tombée des empires.

Au nom du quoi je m'adresse aux autres ? parce qu'il serait malséant du fait de mon existence de pas s'expliquer. Il faut que je réalise la pirouette philosophique consistante à faire entendre que tout "peut" être inconvénient.

Si l'on condamne l'anticosmisme comme une hérésie, l'on n'est pas vraiment pour un Cosmos dans son sens païen, étymologique, de Beauté. Ce qui est malpropre, tordu, et laid est de trouver belles les hiérarchies sociales, l'abus et l'exploitation. Le malheur des autres ne peut qu'abolir une institution de l'amour. Je comprends que subtilement j'aie fait passer de l'asservissement de la conscience pour de l'amour, et c'est parce que je reste dans la foi de la Beauté que je suis anticosmique.

Sur Dante XXXIII (des vampires, suite)




Je venais d'ouvrir, ou de rouvrir, des questionnements qui touchent plus à la clinique, que à… la vie normale, entre guillemets. Ce qui est clinique est aussi qu'une fois qu'on évoque, ça enchaîne hors contrôle la plupart des fois. D'où que je ne sois pas arrivé à reprendre en due forme la rédaction. D'où que mes poèmes du soir aient été plus que moyens. D'où que j'aie mal dormi, et me réveillé tôt par l'artifice du cauchemar labouré, du cauchemar achevé en prière et exorcisme d'urgence dans la demi-veille, dans le saut vers la conscience. La tête cinématographique qui fait un bond en avant pour dépasser l'instant, le réel, et qui nous place dans le temps d'art…

Je me disais que je pourrai revoir ces poèmes troubles du soir, reparler du masochisme féminin, s'il en est, essayer "de prendre du poil de la bête". Peut-être mener dans le silence du matin à terme une autre traduction…. Je pense à Swinburne qui donne à penser…


Who hath known the ways of time

Or trodden behind his feet ?

There is no such man among men.


For chance overcomes him, or crime

Changes; for all things sweet


In time wax bitter again.



Qui mettra le son de ses pieds sur les pas du temps ?

(faux départ)

Qui a-t-il connu les manières du siècle coulant
ou entremis ses pieds dans le son de ces silences ?
Pas un homme-ci n'existe entre les hommes.
L'occasion dépasse l'homme, ou le flagrant
du crime, changeant; puisque des douces chances
goutte, avec amertume, la cire disparaissante du temps.

Et tout de suite, la poitrine opprimée, je quitte le poème, sans parachever ni la lecture ni la traduction. Je cherchais un autre morceau que j'avais lu hier soir sur le trottoir, en fumant devant un restaurant près de Montparnasse. C'était le mot "venomous" qui m'avait voluptueusement et médusé et fourni l'anxiété d'une beauté du mal-compris. Que "venomous" aie dans la fleur des lèvres de Dolores la "veine" et le "venin", rappelant une "pulpe" facile, c'est du vertueux. Sa bouche que Swinburne évoque est elle même l'instrument de toute évocation, d'où ressortiraient les serpents nouées de l'infini et du noeud poétique sur un visage, la vipère alchimique du chantant rendue dans un dessin.

Ce que serait sage ce matin est de juste pointer ce poème là, en ordonnance thérapeutique pour le malaise masochiste qui venait d'être soulevé par le travail "sur le vampire"…

"Dolores (Notre Dame des Sept Douleurs)"

Et reporter, reporter toujours…

Ou reprendre cette phrase poétique dans l'hommage de Swinburne à Victor Hugo, qui décèle tellement de contradictions et de contre-sens à l'écoute attentive :

Freedom a man may have, he shall not peace

Liberté ? que l'homme la possède, et non pas la paix.

ou

L'homme doit être libre, mais il n'aura pas un instant de Paix.

L'état auquel veut, et ne veut pas, échapper Dracula, dont je disais à Dominique que, puni par l'absence de vie, mais laissé sans toucher par la vraie mort, par le réel, il était d'une fantasmatique innocence, il était et fantasme et innocence, cruauté ultime du réel qu'on veut éviter.

(lien pour le XXXIV (du duende)... où il est question du cante jondo d'Inés Bacan)


...

samedi 24 septembre 2011

Sur Dante XXXII (des vampires)


portrait de Jémia Le Clézio



La politique de l'amour... échapper à Dante, d'abord, si l'on veut vivre la vie avant de crever. Puis, je me demande si Cavalcanti, dans la petite anthologie que je possède, peut suffire. Je regarde le film de Watkins sur Edvard Munch. L'actrice ressemble à Eve. Il y a une autre actrice qui ressemble à la poétesse Clarisse Gorokhoff.

En contrepoint de la simplicité de la Foi, la simplicité dans le compliment à une amie : perchè di tutte, siete la migliore.

Rien de plus compliqué pour un poète que la sincérité ouverte de Cavalcanti, pour laquelle Dante ne montre le moindre penchant.

Il est bien vrai que Dante se voit dans les années qui sont en train de passer tel un hôte foraine qui doit ronger un pain qui pour lui a le même goût que la merde, selon ses propres dires. Il est vrai qu'il ne peut être que terrifiant et systématique, comme celui qui porte un dessein de justice dans une société des hommes pourrie.

Mais peut-on dire que Cavalcanti ne recevait sur la gueule la même bêtise humaine, qu'il s'ait jamais donné à la facilité et à la coupable complaisance. Son athéisme est un dernier effort de la vertu. Son agilité pour sauter les murs des cimetières, son insouciance même viennent de l'étude et rien que de l'étude.

Je vous raconte n'importe quoi, je suis un speaker, je ne vois que la sphère qui court sur l'herbe et je nomme les coups de pied qu'elle reçoit, rythmé par la folie du stade.

Je vous parle des poètes, quand ce n'est pas les philosophes, comme si c'étaient des joueurs de football. Il s'agit bien d'un jeu, d'une "Caucus-race", "but who has won ?" "Everybody has won, and all must have prizes". Et c'est Alice, la Vérite, qui donne les prix - l'exacte quantité de bonbons qu'elle porte dans la poche de sa robe. Et c'est au folâtre en voie d'extinction, le Dodo, de donner à la Vérité le prix d'un dé à coudre, qu'elle porte du reste dans sa poche, et qui couronne son doigt solennellement, avez vous pensé à cette armure du doigt féminin comme le prix d'une "Caucus-race" ?

Qu'est-ce qu'on veut dire, de qui on parle, quand on dit "les féministes ont trouvé lamentable le discours de DSK" ? Excusez-moi, je ne comprends rien à la radio. Je vois un pochoir dans les trottoirs parisiens : "Osez le clito". Semble-t-il que c'est un collectif pour appel à quelque chose. Ce sont-elles les féministes ? Je pose la question. Parce que j'ai perdu le fil. Ou bien c'est un monsieur qui a mis cet écriteau parterre juste à la sortie d'une école et qui se cache pour voir les réactions des petites filles ? Ou c'est le Dodo qui veut couronner d'un dé à coudre la Vérité ?

Le petit répertoire de l'histoire de la peinture, un objet vicieux que je tends à la modèle, lui donnant en même temps du plaisir et de la déception. Voyez voici ce que sont les siècles, ça se stocke maintenant dans une puce, le répertoire d'une quelconque tradition dont je veuille me servir pour la séduction. Pour offrir l'ambroisie de la "vie future" en échange de l'ambroisie de la vie courante, que je ne sais me procurer par mes soins...

Hier soir, tard, je texte plusieurs femmes, toutes par le travers de la littérature, pour qu'elles viennent poser. La plus jeune et la plus fine me réponds "oui". Je texte alors la sentence suivante : "Quand on vit dans l'erreur, l'on a plein d'idées". Mécanisme de retrait, juste une touche bizarre, qui m'a permis de savourer le mérité chagrin de l'âge et réaliser un collage "sacrificiel". J'imagine que je texterai les modèles pour qu'elles le voient.

Le lien au monde, l'Aum, est une voix phallique, qu'elle vienne du vagin qui sait péter ou qu'elle soit la mienne, elle est en même temps un appel et une reconnaissance, elle vient de partout, elle est d'un obvious...

Ensuite, deux toiles. Eve est arrivée, a posé. La première toile a été chiffonnée sans possibilité apparente de remise en forme. Mais la deuxième pose s'est résolue d'elle-même avec une facilité et une somptuosité rares. Tout comme la transmutation qu'Eve a opérée sur la table du jardin, en mettant une branche de framboisier pour faire mûrir les framboises dans de l'eau, dans une bouteille en verre, de Coca-Cola. Un vrai miracle. Les voisins de l'impasse, africains, ont mis du rap à toute allure, je suis sorti fumer, étirer les jambes, respirer et aérer les relents de fumée et de térébenthine, et je me suis dit qu'entre les roses qui occupent mes rêves et même ma manie o mon délire, les visites à minuit depuis presque la deuxième année, tout ce qui s'est passé, l'inondation... enfin, que mon atelier était une espèce de cour à miracles.

J'attribue d'ailleurs à un conflit entre les puissances du tonnerre, que ce soit Thor ou autre, et celles du plaisir, de la fécondité, que j'avais invoquées en frottant du sucre en morceaux, printemps passé, ou avant, sur le seuil de ma porte, par là où justement est rentrée l'eau, l'orage qui a tout inondé. Et ça s'est passé pendant une étrange "nuit chimique" à la clinique, où une erreur de date dans les feuilles a fait qu'on m'administre le double de la dose prévue d'un médicament assez éprouvant dont la fonction était de précipiter, pour observation, une psychose induite qui vienne prouver si mon traitement avec des anti-psychotiques était nécessaire ou pas. J'entendais le bruit de la tempête et je voyais tomber les éclairs la nuit durant et en même temps je me battais pour pas débrancher totalement de mon corps qui, sous l'effet du traitement, se défaisait et semblait tirailler de partout, régressif et agité.

Mon regard sur la glace à l'aube me rappelait la panique de ma mère quand je l'avais défiée à propos du silence sur son père fusillé, ou quand je lui ai annoncé que je ne pouvais pas aller à la messe, que ce serait pire...

La sécurité rassurante avec laquelle Dante peut nicher les démons dans leurs cercles infernaux et les âmes pures là où bon lui semble, tout cela ne va pas de soi, pour moi, n'y à la lecture, ni encore moins à la vue d'un projet d'illustration. Ce que je vous raconte est dérobé chaque jour au vide le plus total, celui du black-out en tant que seul avenir pour l'art et la littérature, tel que la chose se dessine dans ce capricieux empire de l'information et de l'esclavage. Mon existence de pantin aurait-elle le sérieux d'une démonstration en entonnoir ? notoire ? d'une poésie de notaire ?

Une amie actrice me laisse un message me disant qu'elle voudrait poser pour moi comme si elle était "morte". Elle justifie, reprenant des conversations qui entrent en interaction avec le texte que vous êtes en train de lire, son souhait quelque peu macabre, mettant l'accent sur le fait qu'elle faisait avec moi une recherche commune à propos de Dracula, sur lequel il a été question. Et bien sûr, moi, tout bête, j'avais moi-même avancé depuis le premier chapitre le mot "nécrophilie" pour décrire l'obsédante Béatrice.

C'est pas banal. Ce n'est pas un simple "souhait de mourir", c'est aussi un réflexe spécifique à certains animaux, dont nous mêmes, de "simulation de la mort". C'est dans l'équilibre entre une hypothétique (et parfois surfaite par les "autres") tendance suicidaire et, dans l'autre plateau, une astuce spécifique souvent du fou, celle d'occulter ce qu'il a de "vivant", qui tient en filigrane la subtile "résurrection" du vampire, de l'homme d'art, ou ici la femme d'art. Faire la morte, être secrètement Béatrice, pour un peintre...

Trop tentant d'aller jusqu'au bout d'une telle emprise hypnotique.

Vaut mieux que je fasse examen de conscience, ou que je vide la tête, ou que je prie pour toutes ces femmes...

Dominique, tout ce que je peux faire en sorte de représenter ta mort est de te dire à peu près qu'il en est déjà un peu question de cela dans la représentation, et que je peux fournir un document en espagnol datant de 1994 où j'en parle de cela :

*

En los ochenta la psicosis es general y más libre. Empieza a ser confitura lo que luego será salmuera. Se lee mucho a Catulo. Abundan las traducciones. Blanchot o Steiner traducidos hablando de traducciones y libros de bolsillo. En Madrid pintan estucos. Un antimundo. Descartes, Malebranche. Pelo largo, chaqueta sport de tono claro y metralleta, zapatos sastre. Los maniquís alzados en armas. Atentados al Papa que se desglosan en profecías personales, Io annoncio la fine di Mondo. El mundo se diversifica en sus pequeños cenáculos de arena, sus mónadas de liquen y sus licores escapando, sus válvulas que emiten un lenguaje fragmentado: Nolentes audire quod auditum damnare non possint.

En mi obra de los ochenta se alterna la producción de dos tipos de pintura: una la forman cuadros en los que la composición está estructurada por la libertad en la creación figurativa, la otra son mis cuadros de composición simétrica.
A la segunda está ligada la invención, en mi estudio, de una serie de "altares" a los que yo calificaré en adelante como "criptas".
De la primera forman parte figuras de mujeres y de "ángeles". Es en estos cuadros donde se da la verdadera epifanía pictórica de la figura. En las criptas de mi segunda pintura la ostensión de un continuo de fragmentaciones simétricas enajena la dialéctica figural, produciendo una catalepsia o sopor de la pintura. En mi segunda pintura el sujeto de la inspiración que extrae el sentido de la representación de la primera pierde ese sentido y se presenta a sí mismo en inactividad, como un vampiro sumido en el sopor diurno en su cripta, cripta indescifrable de la cifra no emitida, tautológica. La única cifra que se encuentra emitida es la de una figuración externa a la representación y sin embargo legible en la memoria alienada de la angustia. La tautología de las criptas es, pues, la de lo no-presente. La presencia en mi primera pintura presenta otra tautología, la inversa.
La necrofilia (sive vampirismo) siempre necesita una parte viva, la parte viva en la pintura la pone el autor o el público. Pero la relación a que da lugar esta supuesta dualidad (vida-muerte) no es inequívoca. La pintura puede ser la cripta en que reposan al entrar en el sopor vampírico el público o el autor que viven pero que allí no pueden vivir. La pintura puede ser la no-vida que vampiriza a la vida.
Hace falta repetirlo, para ser necrófila (incluso para ser vampiro) hay que estar (siquiera en un momento dado) viva. Sin embargo al amar lo muerto se proyecta la propia vida y se introyecta la muerte, de aquí el sopor. El que haya dos pinturas en este periodo mío indica que éstas dos líneas se aman entre sí, el amor con su lógica de muerte hace vampirismo, transvampirismo, de toda creación de una obra.

*


Llamar mimético a un pintor holandés de bodegones es un insulto. Sus simulaciones son producidas sin el empeño de dejar ver. Sobre todo no hay moral, no hay contraste como cuando imitamos andaduras. La mimesis tiene poco que ver con él. Cuando Aristóteles emplea el término se refiere sobre todo a una determinada cualidad, casi cenestésica, del teatro y de la música. Es imitación lo que nos hace sonreír, lo que labra supuestos sorprendentes. Nada más alejado de la reduplicación visual de la representación. La mimesis estaría emparentada con el concepto, posterior a Aristóteles, de alegoría. La mimesis es efectivamente, como en la alusión alegórica, un viaje a lo no representado. El sentido de la ostensión no es necesariamente el significado directo de la mimesis.
Cuando Picabia representa a Cezanne con el mono simbólico de la imitación, sabemos que no alude a la presencia del referente, sino a la representación coherente de una cierta pragmática. Los hechos importan, y ellos son siempre puesta en obra de dimensiones históricas. Nadie, para representar una cosa, representa a un mono imitando esa cosa, porque el mono representa la imitación en sí. La mimesis es ante todo demostración de su propio proceso formativo, aún siendo alusiva.
Cézanne es efectivamente un pintor mimético por excelencia, porque está a la escucha de su propio trabajo, porque imita la pintura. Mejor dicho, porque pintar, imitar realmente al referente, no es disponer las condiciones para repetir en el interlocutor el efecto de una percepción aséptica, sino adquirir la experiencia del referente, ser intermediario entre éste y el interlocutor. De su pintura me gusta la modernidad del non-finito, me gusta lo que hay, que no es lo que habría en la obra rematada. Porque como yo prefiere no aprender a pintar, ser antes pensador que artesano. Hay rudimentos de trabajo interior, hay muestras del exterior. Incluso hay más, en Cézanne el referente también es sujeto de experiencia, por su mimesis Cézanne comunica con la experiencia a la que mima y la dota de un sentido más completo. Adquirida la experiencia que le era propia al interlocutor del arte por este referente vivo, al artista le queda una pérdida. Son sus objetos los que disfrutan y ejercen la imitación sobre la referencia a su obra. Es como si la Sainte Victoire estuviese ya, silenciosamente, comentando los cuadros de Cézanne, aludiéndolos por su presencia, y es que la imitación se drena por sus caminos de vuelta y lo mismo que hemos subido a la Sainte Victoire del arte por la vía de la imitación bajamos desde ella a la Naturaleza por la memoria.
Rembrandt es un pintor moral. Su subversión de la superficie, no sólo en los empastes, o en la Lección de Anatomía o en la Ronda de noche, sino en el propio tipo de superficialidad de su anécdota, crea la focalización de vórtices perceptuales que ilustran la división mimética de la individualidad moral. Se afirma la división del sujeto, el carácter objetivo, y por tanto excrementicio, de su inmediata duplicidad. Lo contrario del ser no es la nada, sino el doble. Toda pintura es afirmación por partida doble, contrariedad, mortificación. Esta afirmación es subversiva de la función moral de la mimesis que rechaza la división al campo de lo subversivo preservando a los individuos como entes morales únicos. Pero esto es lo que se realiza en la pintura de Rembrandt, el desplazamiento de la grieta que ésta mima. ¿Se encuentra propiciada en Rembrandt, más bien, y frente a la moralidad pagana del entusiasmo, una moralidad tardía de lo ficticio, de la convención como expiación y como ocultación? La resolución que yo tomé en los ochenta fue decir que el ser profundidad, el ser obra como espacio actual de la obra de Rembrandt traspone, al desplazar al ente fruidor por la grieta abierta en el individuo, la moralidad casi celular que reside en el vórtice representado al interior, al profundo interior de la obra. A resultas de este rapto, de este secuestro, somos alienados en la costumbre, se nos devuelve nuestro ser social.
La mimesis en las artes poéticas es el desarrollo de la imitación de una acción. En las artes plásticas se da por supuesto que la imitación lo es de un objeto estático, análogo al soporte físico. Las dos clasificaciones nos alejan del análisis de la idea de mimesis. El hecho de que el referente se reproduzca, de que se obtenga un doble, divide la subjetividad de éste. El referente como sujeto dividido es siempre un referente en devenir. Por otra parte el hecho de que incluso el arte plástica deba imitar una acción desdobla la analogía hacia la propia subjetividad de la obra, que adquiere un carácter dramático. La relación entre el estatuto verbal de la mimesis y el de su referente es la resolución pragmática de la obra.
Esta idea del referente como sujeto, dividido, de la mimesis supone una crítica del consumo artístico en tanto que el objeto de la práctica del arte se interioriza. La crítica del consumo artístico supone, como en la idea de trabajo semiótico de Umberto Eco y de todos los italianos, que el sujeto dividido es el propio devenir de la obra. La mimesis realiza, al desdoblar un referente, el desdoblamiento del sujeto, en última instancia por analogía al objeto, y lleva a cabo una crisis, abre una grieta que es la que resulta objetiva a ella y por tanto suplanta al referente subjetivo en la representación. Se representa el devenir de la cosa, su división respecto a sí misma.
Perpleja divago en el catálogo de Picabia, repito la contemplación, provista de un gran vaso de café. Picabia pone a Cézanne en la misma estantería que Rembrandt. El estante correspondiente a Renoir (otro subtítulo del "portrait de Cézanne") es el estante vacío correspondiente a lo fantasma, al doble segundo del doble mimético, Picabia escribe, pues, también el nombre de Renoir sobre el cañamazo, con él el cuadro tiene una naturaleza trina. La mimesis, incluso la imitación de la mimesis, es como el engaño o apaté una forma de deus ex machina o epifanía de la ilusión. Picabia tiene la inteligencia del gran transvampirismo, a su refinado producto del gamberrismo lo titula “retrato de Cézanne”, indicando que donde hay volumen o formas con vuelo hay esa manía burguesa del retrato y ese sucedáneo o aberración de la inmortalidad. A la naturaleza cuaternaria del cuadro, que representa la materia, viene la ternaria o trinitaria del retrato a encarnarse. El referente, el ser humano y el fantasma del referente son plasmados por los cuatro lados de una superficie. Se trata del engaño, apaté, o bien de la verdad; eso lo dice la posición del triángulo.

*

(publié dans une première rédaction en 1995, en tant que compte rendu sur l'artiste J.C.Valverde, puis en 2001 dans le recueil d'essais "Maquinaria del cuerpo klossowskiano", puis dans la plus large insertion romanesque en 2003, sous le titre "Vampirismo estructural", actuellement ce texte s'insère dans "Transvampirismo", et peut être téléchargé)

La position de la Mort en tant qu'actrice nous place sous une écoute "du pire" qui peut-être insupportable. En tant qu'actrice, la Mort nous écoute. Le présent discours a quelque chose aussi d'intenable, de pas supportable, et nonobstant je m'exerce avec la conviction de ne pouvoir faire mieux, d'une nécéssité de rester près de l'objet d'étude, par cette angoisse de la vitesse qui en même temps rappelle le temps qui passe, le temps qui en a déjà annulé tout ce qu'on pourrait attendre de l'Art.

(je vous prie de poursuivre la lecture sur ce lien)

...

jeudi 22 septembre 2011

Nous serons tous pareil et pas question de deuil


  1. Manuel

    Ils disent : “nous dépensons beaucoup à soigner les malades”

    ils vont exclure quelques boucs émissaires

    de toutes façons l’argent faisait rouler l’industrie d’abrutisseurs

    maintenant un peu plus d’arbitraire

    il s’agit d’un régime de terreur

    au bain-marie, ouais, la terreur non-politique de nous avoir tous rendus malades

    en plus c’est la faute de ceux qui sautent le tourniquet du métro

    de ceux qui ne peuvent plus sur l’estrapontin et occupent un peu plus de place

    de ceux qui chantent

    quand il faut

    semble-t-il

    se taire, et se laisser faire

  2. Manuel

    comment être physique
    dans l’amour,
    quand
    nous aurions dû d’abord
    l’être dans la révolte ?

    poubelle bien élevée, l’or
    décore l’ordinateur qui fait le tri
    pour te compresser, te recycler
    te mettre une chemise et bâtir sur ta mort
    un cauchemar d’intelligence tordue

  3. Manuel

    la caméra du flic se pare de bijoux
    dissimule
    la svastika et le nucléaire qui est déjà là
    pour la fin du monde à leur goût

    des pensées sorties de l’égoût
    ils tissent leur cordes
    pour pendre le noir de tes jours
    et le blanc nuage de l’enfance, de ton premier
    voyage en France

mercredi 21 septembre 2011

soledades salomónicas




las columnas, las esfinges,
estas imagenes grises y luminosas
que reivindican la libertad y el
descanso



el jade negro que no existe
y que te mira y se bebe
el agua que te limpia
del paso de los días, del mecanismo
de la chinche y de la calle
de la importancia que se desperdicia
y acumula las partes del cuerpo
en la fosa común que gira
sobre su propio eje, salivando
como una boca con prepucio de
cristal

Sinon, l'esclave rêve ? et qu'est-ce qu'il rêve ?
sans importance ou gravissime
s'abîme la sève de la spine

Le stoïque ne peut que plus pédant
si l'académique finit par le croire
et le pantin du plaisir s'exerce sur la tablette

Je veux vomir le méchant qui était dans mon bonheur
je l'ai la boule noire au coeur à l'estomac au pubis
que le diable sorte en le lait de tes seins et la noire bile
épaisse et gluante comme un parfumé goudron chaud
de volupté
le vomi du sang du cochon
le vertige de l'âge des sectes et du dieu empereur

+

mardi 20 septembre 2011

Sur Dante XXXI (Off Divine Comédie)





photo Eve Livet

j'ai mangé au sommet
affamé, l'oeuf
puant de l'aigle, son seul souci

dans son orbite
l'oeuf du saint-esprit
porte la chauve-souris

*


Faute d'avoir la Comédie à la maison, je dispose du beau vieux dictionnaire homérique d'Eve. La typographie de 1841 est impeccable, pleine de subtilités. Même le signe "parenthèse" a un charme spécial. Et déjà une belle écriture des mots grecs, un astérisque en subtil pentacle pour ponctuer les noms propres…

A prendre l'Alpha et commencer à lire, l'on retrouve une suite d'idées et, comme dans la blague, beaucoup de personnages. Pour ce qui est de la blague, en espagnol, l'on te racontait qu'on était en train de lire un très, très gros pavé de roman avec plein de personnages avec un drôle de titre : "Pages Blanches" et puis on improvisait une suite "alphabétique" d'événements, pour finir en disant : "mais le meilleur c'était à la fin, quand il y a ce drôle de type, Zurita !" Que le nom soit basque ou arabe à l'origine, cet "individu lambda" Omega qui vient s'inscrire dans l'humour potache espagnol rappelle à mon imaginaire quotidien "torcaz" le surnom par lequel l'on différencie la colombe, mâle ou femelle, du pigeon, mâle ou femelle, qui s'appellent indifféremment "palomas", avec le masculin "palomos", qu'on utilise si l'on veut particulièrement les distinguer des femelles dans la description de la parade, réelle sur les corniches ou figurée dans les rapports, euh, de genre. Je sais pas, quelque part il y une apocalypse et un Paraclet les derniers dans toute énumération… dans toute liste alphabétique des habitants d'une capitale.

[ Αθεαμοσυνη, ησ (η),

Αθαυμασια, ασ (η)

Αθαυμαςει

ΑΕΤΟΣ

Hum, je laisse tomber, si vous saviez l'histoire de ce haïku grec…

Enfin, il faut lire les descriptions, il faut pas sauter les descriptions dans un roman, ni dans un dictionnaire, même si elles ont tendance à être abstruses, et à brouiller la plupart des fois le jeu des personnages.

Ce travail du texte, quoi ? que disent les trompettes ? tiens je vais chercher anophèle en grec, toi !

I go where the in crowd goes…




...

erika et Emigrante.




voir aussi une petite reflexion dans SurDante et dans les archives du blog un compte rendu des évenements qui ont eu lieu pendant mon expo Boulevard de Clichy

lundi 19 septembre 2011

Sur Dante XXX (Sur Virgile et les couleurs)





...

(Sur Virgile et sur les couleurs)

Deux forfaits "pain au chocolat"
id est
"oui", pains au chocolat

Et bien, cette idée "décalée" de l'agent chez Burroughs a tout pour être modèle et formule des agencements de lecture qui suivront.

Dans l'extrême hallucinatoire qui sous-tend le politique burroughsien l'agent, tout comme le prophète, travaille d'une manière tellement proche de la folie qu'elle ne peut honorablement être qualifiée que de "religieuse". L'agent travaille pour un dieu contre les dieux des autres. D'où la fonction particulière, dans la Divine Comédie, de Virgile, qui est païen.

Une idée intéressante et proche du génial est celle lancée par Tobie Nathan d'un "Parlement des Dieux". Non des leaders religieux, mais des puissances occultes elles-mêmes. Des noyaux irrationnels de la construction de l'humain. Qu'ils aient un lieu de "débat", une espèce de cirque de puces ou d'atomes, quelque chose qui pourrait enfin amuser nos enfants et leur donner l'espoir de vivre... Dans son blog, Paul Sunderland prenait cette idée en épingle pour une sottise illustrant la naïveté des "jeunes" panthéistes de gauche. Pour lui, pourvu qu'on travaille l'épouvantail d'une gauche cafard, d'une gauche réelle et catastrophique, tout peut s'arranger, s'il trouve un pantin sur lequel faire mine de boxer.




Est-ce qu'on m'a volé le paquet de tabac que j'avais sur la table ? Me voilà devant le typique dilemme du bouddhisme. Il s'agit de relativiser notre paranoïa. D'ailleurs je lisais dans le métro la Théorie de la Relativité, non ? Il se peut que je n'aie jamais posé de paquet de tabac sur cette table douteuse. Il se peut que, bien que j'aie acheté plusieurs paquets pour provision, je les aie finis avant ce que je prévoyais, ou qu'ils soient enfouis par moi-même "dans un lieu sûr"... Tout est apparence : les démons bigarrés qui m'ont pris le Soma reviendront. Et qu'est-ce qu'ils trouveront ? Un vrai Bouddha qui relativise, qui ne veut se souvenir, qui est délivré de tout karma. Tel un sage ascète dans la montagne, il les verra s'approcher confiants comme des lapins, oiseaux, cerfs et des abeilles mellifiques, il a la conscience tranquille. Mais si l'on est ainsi "agent du Bouddha", est-on vraiment à la hauteur du débat religieux ? Cela ne suffit pas, il faut introduire d'autres serments, oubliés peut-être, qui rendent la vraie relativité du Nirvana moderne. Il n'abrite aucune certitude sur sa propre obédience.

Pour ne pas être sectaire je citerai l'exilé cubain Severo Sarduy :

A partir de la relativité, rien ne peut plus nous situer : définir où nous sommes dans un espace "absolu, vrai et mathématique" - newtonien -.
Le contenant uniforme, le support infini et imperturbable des choses, est dépourvu de toute réalité; rien même ne peut garantir si nous sommes en repos ou en mouvement - à moins que nous ne tournions autour de quelque chose, ou que nous-mêmes ne soyons au centre d'une rotation circulaire -; impossible de savoir quand a lieu tel "fait d'être" : rien que des temps locaux, fragmentés, contradictoires, co-enveloppants; et des espaces variables, conditionnés par la situation de celui qui les mesure. Une seule certitude empêche la dispersion totale, le dérèglement des réseaux : c'est la vitesse constante de la lumière dans le vide, peu important la vitesse relative du corps qui l'émet, ni de celui qui la reçoit. Exception faite de cette abstraction, impossible de déterminer un point, de situer une référence.

Severo Sarduy, Barroco, traduit de l'espagnol
par Jacques Henric et l'auteur (S.S.)



Hercule, qui ayant été mortel est à présent un dieu pour le peuple de Rome, prendrait cet exposé et tout autre exposé scientifique tel un bifteck qu'il passerait dans son peu évident culte. Il a quelque chose qui rappelle le rugby maori, Hercule, non ? Je ne vois pas que l'on puisse accuser son culte d'être une "révolution orange". Il a appris la leçon de Einstein et ne peut être situé dans le spectre chromatique si ce n'est de parler de sa vitesse canonique.

Eve est venue un matin du marché à Grenade avec une statuette en bronze coulé qui figurait Hercule entouré de lions. Elle avait été séduite du hasard qui lui faisait trouver une divinité ancienne sur les trottoirs d'une ville provinciale espagnole. J'aime beaucoup cette sculpture, investie de la fascination d'Eve, mais je lui ai fait remarquer que la Junta de Andalucia avait ce dieu dans son emblème, à cause de la légende qui lie Hercule à Gibraltar, et que c'était courant d' avoir des statuettes d'Hercule dans les bureaux des fonctionnaires.

Tout ce que je sais est qu'il est un dieu gourmand quant aux offrandes, éclectique, transversal, qui peut pratiquer le bouddhisme mais qui reste garant de mon drapeau vert sur blanc et sous blanc. Vert, d'accord, j'en ai des notions, mais blanc ? Et bien, encore la parole du Divin Cubain :

Blanc ou silence cessent d'être des supports imperturbables abstraits : ils sont la réalité de l'intervalle dont s'écarte cette explosion de symboles avec laquelle ils se dilatent.

Severo Sarduy, op. cit.

Notre drapeau andalou à Picasso et à moi peut remonter aux temps où l'on parlait en langage morse. A la naissance des internationales ouvrières et "paysannes", à l'idée de prolétariat, mais aussi aux images poétiques chères au symboliste latino-américain Rubén Dario, dont celle du juif errant, que l'on trouve dans des récits d'Apollinaire et dont les divers noms sont répertoriés par le savant espagnol du XVIII siècle Fray Jeronimo Feijoo... mais son livre est resté à Grenade. La pollution était au charbon, et la tuberculose suivait...

Les premiers disques de Pink Floyd comptent avec un membre et premier leader du groupe dont le LSD25 a opéré l'exclusion et la ruine. Tellement de mystagogie à l'oeuvre qui a dû se changer en des thrènes et lamentations autour de la psychologie et de la sociologie...

Et bien, les andalous portent le deuil vert.

Le rose est aussi une couleur du drapeau mondial qui reste à découvrir. C'est l'amitié complice et quelque peu distante d'avec la démarche de la galerie qui tenait à Paris la marchande et critique américaine Deborah Zafman qui m'a fait apprécier de forme isolée cette couleur. Je vous livre un document parmi mes manifestations sur le net en 2009. Je m'exerçais à écrire en même temps en espagnol qu'en français :

...

1)
No hago arte contemporáneo. Si esto quedase claro de una vez por todas, yo me ahorraría muchos engorros. Todo se ha visto reducido a que el último y más repipi y cursi de los provincianos se quiera subir a la carreta de heno del arte contemporáneo. No se sabe nunca de qué se habla pero es como una palabra santificada, que sabe a champán. Porque la misa ahora se oficia con champán y cucharadas de guacamole. Es la palabra que sabe a éxito, aunque sólo sea un reforzador del sabor. Uno se siente increíblemente sociable, en armonía con el mundo, es como la sílaba Om.

1)
Je ne fais pas de l'art contemporain. Si cela devenait clair une fois pour toutes, je m'épargnerais plein de casse-têtes. Tout s'est vu réduit à ce que le dernier et plus riquiqui et timoré des provinciaux veuille monter sur cette charrette de foin de l'art contemporain. L'on ne sait jamais de quoi on parle mais c'est comme un mot sanctifié, qui a le goût du champagne. Parce que la messe à présent s'officie avec champagne et guacamole. C'est un mot qui a le goût de la réussite, malgré qu'il ne soit qu'un renforçateur du goût. L'on se sent incroyablement sociable, en harmonie avec le monde.




2)
Le discours moralisateur qui se cache derrière la simple idée d'art contemporain ressemble au Christ des Témoins de Jehova, donnant son sang sur des verres en plastique. La nouvelle moralité est maternelle et mortelle. C'est l'horreur de la démocratie athénienne, qui droguait les esclaves à Eleusis pour qu'ils soient des esclaves heureux. Semblable en ce sens à la Médecine, grecque et contemporaine. Mon éducation a été opérée sous ces principes, étudiant de Beaux Arts et patient à ma jeunesse, et encore, puisque ma jeunesse semble éternelle.

2)
El discurso moralizador que se esconde detrás de la simple idea de arte contemporáneo se parece al Cristo de los Testigos de Jehová, dando su sangre en vasos de plástico. La nueva moralidad es maternal y mortal. Es el horror de la democracia ateniense, que drogaba a sus esclavos en Eleusis para que fuesen esclavos felices. Parecido en ese sentido a la Medicina, griega y contemporánea. Mi educación ha sido operada bajo esos principios, estudiante de Bellas Artes y paciente en mi juventud, y aún, ya que mi juventud parece eterna.

3)
Es el caso de usted también. Ahora se presenta el punto que me interesa. ¿Ha sido ese catecismo el único principio al que hemos tenido acceso según los componentes de nuestra educación ? No habrá en nuestra cultura algo más suculento que nos pueda distraer un poco de la vigilancia del arte contemporáneo. ¿Existe una escapatoria?

3)
C'est le cas de vous aussi. Maintenant apparaît le point qui m'intéresse. A-t-il été ce catéchisme l'unique principe auquel nous avons eu accès selon les composantes de notre éducation ? N'y aurait-il dans notre culture quelque chose de plus succulent qui puisse nous distraire un peu de la vigilance de l'art contemporain. Y a-t-il une échappatoire ?

4)
Una línea de ruptura y de modernidad dentro del arte contemporáneo, que la mediatización de éste último presenta como contigua, es la bohemia semidivina de Jonathan Meese y la gente que gira en torno a Silver Bridge. Esa es la línea de ruptura, junto a la que supone el trabajo de galerista de Deborah Zafman, más recientes para mí, aunque empieza con Pierre Klossowski, su hermano Balthus, Lucien Freud, Kitaj, Barcelo, Immendorf, la Transvanguardia, Manuel Ocampo y Julian Schnabel. Pero estos últimos andaron muy reformados y vigilados de cerca, siquiera sea por sí mismos. El arte contemporáneo es un edificio mal construido en el que prefiero no entrar, desde que pude escapar cuando lo empezaron a bombardear. Amigos españoles, tomad nota. Tomad nota de las últimas yuxtaposiciones ridículas de artistas conceptuales en el museo del Louvre y en Versalles, burradas populistas, que al verdadero marginal le repugnan. Tomad nota también del trato de no poner desnudo en los fondos del Louvre alquilados en los países del Golfo. ¿Quién puede dudar del descrédito creciente del arte contemporáneo (en este caso se trata del museo contemporáneo), a pesar de las nuevas inercias del mercado?

Consumir cultura se ha convertido en un trabajo esclavista. Como ver la tele o escuchar la radio, que también son ocupaciones serviles del tiempo. De ahí que el verdadero ocio sea la inacción y esa especie de absentismo que nos hace desconectar. San Bernardo decía otium nostrum magnum est negotium, nuestro ocio es el gran negocio. El narcisimo de ese teatro de tulipanes que es internet es lo más parecido a un monasterio, a una vida contemplativa. Una y otra actitudes vienen dictadas por una especie de fatalidad. Nueva célula de la que intentaremos la fuga... Hablábamos de catecismo, y de esos lugares de catequesis que son los museos de arte contemporáneo, la solución que se me presentó fue, pues, internet. Internet era el Huerto de los Olivos y el Gólgota sucesivamente, como lo había sido la pintura. Pero hoy día el único trabajo libre que me queda es la siesta, de donde surge la afirmación de mí mismo que me hace pintar deliberadamente fuera del arte contemporáneo.

Todo había comenzado por un fragmento de Marc-Edouard Nabe, ese otro maldito, en que decía estar trabajando sobre Jules Pascin. Un pintor de la Escuela de París un poco de segunda fila, aunque se convierte en personaje novelesco con Heminghway, en otro fragmento. De fragmento en fragmento se iluminó el camino del color y del desnudo en mi trabajo al óleo, que había ya dado varias veces el canto del cisne. Desagradecido, el ojo de Orwell no consideró mi ocupación del tiempo. La pintura se volvía un producto sin memoria, sin Historia. El arte contemporáneo cegaba la fuente de mi creatividad, para presentar aplanada como una tortilla mi torre de marfil.

Me di cuenta que respetar el arte contemporáneo era hacerme cómplice de mi propia destrucción, y de la destrucción de todo lo que yo amaba, de las chispas de libertad y modernidad que la Historia había producido, siquiera fuesen de segunda fila. Me di cuenta de que se había lanzado el anatema contra la complicidad del pequeño coleccionista con su artista en forma de moralina sobre una falsa democratización en el fondo mafiosa del público. Un público sometido a amenazas constantes por las puestas en contexto del nuevo museo. Yo no podía aspirar a ocupar ese espacio indigno. La pintura se presentaba a mí como un acto de resistencia o un renunciamiento, una de esas ocupaciones tachadas de burguesas por los estalinistas, y motivo de deportación a Siberia. Pero también una patología (fetichismo, exhibicionismo, pero también ninfomanía de la modelo) a limpiar para los carniceros fascistas.

Mi amor por la libertad y los valores de la modernidad muy pronto me alejó del catecismo, todavía en plena infancia, y aún hoy me cuesta entender en los mayores el culto al orden reinante, como si su infancia hubiese sido otra, carente de los valores de libertad y modernidad. Una y otra son ideas griegas, pero posteriores a la democracia, en estados monárquicos o en imperios. No hay libertad donde no se haya instituido igualmente la esclavitud, y la modernidad se ejerce por oposición al arte contemporáneo. El pintor es libre pero, como Diógenes, no quiere asumir esclavos. Por eso el pintor se encuentra excluído del arte contemporáneo, o se le acoge indignamente, queriendo reducirlo a la moralidad esclavista según la cual todos somos iguales, pero no gozamos todos de libertad. Que no está tan mal que tú seas mi esclavo. Los esclavos son más famosos en tanto que personajes del espectáculo.

4)
Une ligne de rupture et de modernité dans l'art contemporain, que la médiatisation de ce dernier présente en contiguïté, est la bohème demi-divine de Jonathan Meese et des gens qui tournent autour de Silver Bridge. Celle-ci est la ligne de rupture, avec celle qui suppose le travail de galeriste de Deborah Zafman, plus récent pour moi, quoique ça commence avec Pierre Klossowski, son frère Balthus, Lucien Freud, Kitaj, Barcelo, Immendorf, la Trans-avantgarde, Manuel Ocampo et Julian Schnabel. Mais ces derniers ont été très réformés et surveillés de près, ne soit-il que par eux-mêmes. L'art contemporain est un bâtiment mal construit duquel je préfère ne pas approcher, depuis qu'ils ont commencé à le bombarder. Amis français, prenez note. Prenez note des dernières juxtapositions ridicules d'artistes conceptuels au Musée du Louvre et à Versailles, des âneries populistes, qui répugnent au véritable marginal. Prenez note aussi du sous-entendu de ne pas inclure des nus dans les fonds du Louvre loués par les Pays du Golfe. Qui peut douter du discrédit croissant de l'art contemporain (dans ce cas il s'agit du musée contemporain), malgré les nouvelles inerties du marché ?

Consommer de la culture est devenu un esclavage. Tout comme regarder la télé ou écouter la radio, qui sont aussi des occupations serviles du temps. De là que le véritable loisir soit l'inaction et cette espèce d'absentisme qui nous fait déconnecter. Saint Bernard disait otium nostrum magnum est negotium, notre loisir est la grande affaire. Le narcissisme de ce théâtre de tulipes qu'est internet (ne pas croire demande plus d'attention que d'y croire) est le plus semblable à un monastère, à une vie contemplative. L'une et l'autre de ces attitudes viennent dictées par une sorte de fatalité. Nouvelle cellule à laquelle nous allons essayer d'échapper... Nous parlions de catéchisme, et de ces lieux de catéchèse que sont les musées d'art contemporain. La solution qui se présentait à moi fût, puis, internet. Internet était le Jardin des Oliviers, et le Golgotha successivement, comme l'avait été la peinture. Mais à présent le seul travail libre qui me reste est la sieste, d'où surgit l'affirmation de moi-même qui me fait peindre délibérément hors l'art contemporain.

Tout avait commencé par un fragment de Marc-Edouard Nabe, cet autre maudit, auquel il disait être en train de travailler sur Jules Pascin. Un peintre de l'Ecole de Paris un peu de deuxième rang, quoiqu'il devient personnage romanesque avec Heminghway, dans un autre fragment. De fragment en fragment s'illumina le chemin de la couleur et du nu dans mon travail à l'huile, qui avait déjà donné plusieurs fois le chant du cygne. Ingrat, l'oeil d'Orwell ne considéra mon emploi du temps. La peinture devenait un produit sans mémoire, sans Histoire. L'art contemporain bouchait la source de ma créativité, pour présenter aplatie comme une omelette ma tour d'ivoire.

Je me rendis compte que respecter l'art contemporain était me rendre complice de ma propre destruction, et de la destruction de tout ce que j'aimais, des étincelles de liberté et de modernité que l'Histoire avait produites, ne soient-elles que de deuxième rang. Je me rendis compte qu'on avait lancé l'anathème contre la complicité du petit collectionneur avec son artiste en forme de moraline sur une fausse démocratisation au fond mafieuse du public. Un public soumis à des menaces constantes par les mises en contexte du nouveau musée. Je ne pouvais aspirer à occuper cet espace indigne. La peinture se présentait à moi comme un acte de résistance ou un renoncement, une de ces occupations qualifiés de bourgeoises par les stalinistes, et motif de déportation en Sibérie. Mais aussi une pathologie (fétichisme, exhibitionnisme mais aussi nymphomanie de la modèle) à nettoyer par les boucher fascistes.

Mon amour de la liberté et des valeurs de la modernité très vite m'éloigna du catéchisme, encore enfant, et même aujourd'hui j'ai du mal à comprendre chez les adultes le culte de l'ordre régnant, comme si leur enfance avait été une autre, en manque des valeurs de liberté et modernité. L'une et l'autre sont des idées grecques, mais postérieures à la démocratie, dans des états monarchiques et des empires. Il n'y a pas de liberté là où l'on n'ait établi également l'esclavage, et la modernité s'exerce par opposition à l'art contemporain. Le peintre est libre, mais, comme Diogène, ne veut assumer des esclaves. Pour cela le peintre se trouve exclu de l'art contemporain, ou l'on l'accueille indignement, voulant le réduire à la moralité esclavagiste selon laquelle nous sommes tous égaux, mais ce n'est pas mal que tu sois mon esclave. Les esclaves sont plus célèbres en tant que personnages du spectacle.



5)
Guy Debord aujourd'hui me sonne vieillot, il est un suicide, un moderne, mais aussi une bonne référence pour monter dans la charrette de foin, donc je jette par terre ses livres et je les piétine. Désolé, il n'y a plus de vrai situationnisme. Ma phrase préférée de cette période-là est "transplanter la banalité avec ses racines", et de son côté l'art contemporain coupe les racines, même quand il se réclame situationniste. Autrement dit "si l'on n'a pas de banalité" (id est : de la peinture, du grand art, aussi, pourquoi pas) alors "l'on n'a pas de racines". L'ancien situationnisme est une leçon de modernité, tandis que celui d'aujourd'hui, mimétique et châtré, nous attendons encore qu'il se rende visible. Ceux qui s'en rendent, on leur donne le choix, soit ils vont faire leur pénitence d'artistes contemporains, soit ils sont exclus des soins maternels de la critique, et l'on trouvera, sans les nommer, une loi quelconque pour les punir. Et le pays le plus hystérique, en Art, que je connais, c'est la France.

5)
Guy Debord hoy me suena a muy usado, es un suicida, un moderno, sí, pero también una buena referencia para subir a la carreta de heno, así que tiro al suelo sus libros y los pisoteo. Lo siento, no hay más situacionismo de verdad. Mi frase preferida de aquel periodo es "trasplantar la vanalidad con sus raíces", y por su parte el arte contemporáneo corta las raíces, incluso cuando se reclama situacionista. Dicho diferente "si no tenemos vanalidad" (id est : pintura, gran arte, también, por qué no) entonces "no tenemos raíces". El antiguo situacionismo es una lección de modernidad, mientras que el de hoy día, mimético y castrado, todavía estamos esperando que se manifieste. Los que lo hacen, se les da a escoger, sea van a hacer su penitencia de artistas contemporáneos, sea son excluidos de los cuidados maternales de la crítica, y encontraremos, sin nombrarlos, una ley cualquiera para castigarlos. Y el país más histérico, en Arte, que yo conozca, es Francia.

6)
Donc, je ne suis pas un artiste contemporain, mais je n'ai pas de rancune, j'ai des immenses érections aux vernissages hype, je fais des rêves érotiques futuristes. C'est à dire, peindre suppose renoncer à se reconnaître dans l'art contemporain, opaque et sans la brillance du miroir. L'on ne se reconnaît pas dans le corps d'un autre, l'on s'excite comme le chasseur au silex devant le cerf abattu. Cela nous rend très souples et faciles à manipuler, et il n'y a que la peinture pour prendre distance et gagner en indépendance.

Puisque les artistes contemporains sont toujours prêts à s'entre-dénoncer, je ne me sens du tout solidaire de leur artisticité. Un appétit féroce m'amène à vouloir les épater, les scandaliser avec une bonne érection esthétique.

Le chien dort sur la peau du tigre, et l'on se demande qui est qui dans l'extériorité de l'art, grandiose tigre vaincu, l'art est demeure du cynique. Ce sont les dépouilles de l'aristocratie. Et l'art contemporain ce sont les dépouilles de la misère.

Si j'étais modiste j'habillerais les dames des temps à venir avec des fourrures de rat. Le rat de la peste noire et le rat blanc de la médecine. Y a de quoi combiner. Et je leur fabriquerais des gants en cuir de cochon. Dans le restaurant de mon coin l'on m'a demandé pourquoi je suis si seul, ayant une table pleine de jeunettes de cinquante ans, une assemblée d'amies de Dionysos, et j'ai répondu le mot de passe "je ne suis pas en quête". Je suis un simple concubin fidèle, un prophète inaperçu, ma chanson est pour les solitudes, un infréquentable, le peintre qui veille la nuit, pendant les fêtes sportives. Je fais partie du cosmos, selon mes papiers.

"Comment dois-je m'appeler ?" demanda la première femme au premier homme. "Tu t'appelleras Eve, comme moi, et tu seras ma cousine", dit Adam, qui avait aussi le prénom de sa femme. Peindre cela demande à connaître un peu la théologie. C'est pourquoi il ne suffit pas du laïque de l'art contemporain, de sa massification. On a besoin d'une existence complexe et intérieur.

Un narcissisme clinique s'empare des masses. Il n'y a plus de lieu pour la vision, qui devient médiation du même.

6)
Así pues, no soy un artista contemporáneo, pero no tengo rencor, tengo inmensas erecciones en las inauguraciones hype, me salen sueños eróticos futuristas. Es decir, pintar supone renunciar a reconocerse en el arte contemporáneo, opaco y sin el brillo del espejo. Uno no se reconoce en el cuerpo de otro, uno se excita como el cazador del sílex ante el ciervo abatido. Ello nos vuelve muy ágiles y fáciles de manipular, y no hay sino la pintura para tomar distancia y ganar en independencia.

Puesto que los artistas contemporáneos están siempre listos para denunciarse los unos a los otros, no me siento en absoluto solidario de su artisticidad. Un apetito feroz me lleva a querer epatarlos, escandalizarlos con una buena erección estética.

El perro duerme sobre la piel del tigre, y uno se pregunta quién es quién en la exterioridad del arte, grandioso tigre vencido, el arte es morada del cínico. Son los restos de la aristocracia. Y el arte contemporaneo son los restos de la miseria.

Si yo fuese modisto vestiría a las señoras de los tiempos por venir con pieles de rata. La rata de la peste negra y la rata blanca de la medicina. Hay de qué combinar. Y les fabricaría guantes en cuero de cerdo. En el restaurante de al lado me han dicho que por qué estaba tan solo, habiendo una mesa llena de jovencitas de cincuenta años, una asamblea de amigas de Dionisos, y yo rendí la contraseña "no estoy buscando". Soy una simple pareja de hecho fiel, un profeta imperceptible, mi canción es para las soledades, un infrecuentable, el pintor que se desvela en la noche, durante las fiestas deportivas. Soy parte del cosmos, según mis papeles.

"¿Cómo me debo llamar?" preguntó la primera mujer al primer hombre. "Te llamarás Eva, como yo, y serás mi prima", dijo Adán, que tenía también el nombre de su mujer. Pintar esto pide conocer un poco la teología. Por ello no basta el laicismo del arte contemporáneo, su masificación. Se requiere una existencia compleja e interior.

Un narcisismo clínico se apodera de las masas. No hay más sitio para la visión, que se convierte en mediación de lo mismo.

7)
Este es un breve manifiesto hipnótico que les pide que repitan como un mantra la fórmula "Manuel Montero no es arte contemporáneo" o bien "Manuel Montero pinta la belleza de las mujeres" y luego los despierta con la pregunta: ¿qué tipo de arte es éste para atraerme con tanta fuerza, y que repele a mis enemigos los miedos y las obsesiones? Deberemos repetir juntos: por su dominio del miedo la pintura es moderna, por la belleza catártica es clásica. Y luego, ya despierto usted, nos abrazaremos como amigos que han superado la fascinación.

7)
Ceci est un bref manifeste hypnotique qui vous demande que vous répétiez comme un mantra la formule "Manuel Montero n'est pas de l'art contemporain" ou bien "Manuel Montero peint la beauté des femmes" et ensuite vous réveille avec la question : Quel type d'art est celui-ci pour m'attirer avec autant de force, et qui rebute mes ennemis les peurs et les obsessions ? Nous devrons répéter ensemble : de par sa maîtrise de la peur la peinture est moderne, de par la beauté cathartique elle est classique. Et puis, à votre réveil, nous nous prendrons dans les bras comme des amis qu'ont dépassé la fascination.

C'est la promenade, non ? Avec Virgile... de vierge ou de verge. C'est comme ça, qui s'exerce au tambour dans les trottoirs espagnols, avec les cheveux longs et sales, jour et nuit, entre la prière et le vandalisme, la Divine Comédie réduite à ponctuation pure et unique, des formes d'art crasses et dégoulinantes à l'assaut de la conversation du touriste ou de l'idiot, la possibilité du donjuanisme et de la sérénade sans fin, sous sa forme la plus proche de l'écriture, le langage morse avant la lettre, le panthéisme socialiste, Hyménée et lune de miel, défloraison par le rêve politique, une expression hallucinante sur laquelle devrait se pencher le nouveau musicologue sérieux.

Ouais, il ferait bien de se pencher, le musicologue sérieux, sur le problème de la quête d'espace par le vrai unplugged, par la misère, et au limite par la coupure d'une volontaire ignorance, chez le musicien.

On aurait des critiques dans les blogs sur les furtifs concerts dans les rames du métro parisien. Quand, par exemple, la grandiose Erika (ou c'était un mirage ?) et sa troupe tzigane ont fait irruption dans un wagon avec une vitalité qui ne rabaissait d'un millimètre ses concerts dans des lieux branchés...

Ou cette dame arabe qui porte tous les attributs de la vieillesse et de la pauvreté, mais qui parcourt une autre rame avec des chansons improvisées comme celui qui se lève d'une sieste d'amour, chouchouté par la fortune, dans un français intuitif et estompé qui peut vouloir dire tout simplement un ronronnement de pensées douces qui filent...

Or il n'y aurait d'autre soufisme que celui du mendiant, si on la compare avec les néo-soufis (à l'extrême du ridicule et de la dangerosité s'ils sont anglais) assoiffés d'argent et de luxe, et qui seront toujours du toc à la première phrase...

Et sinon cet autre, dont la jeunesse ambitieuse rendait un penchant vers la timidité, qui chantait avec une petite équipe solo devant le Café Flore à minuit des chansons en anglais où l'on ne comprenait (et je fumais à côté) que le mot "rose"... Ouais, il y en a qui sont mieux renseignés. Il faut quelque chose pour l'ambiance à Saint Germain des Près. J'aurais pu chanter l'accompagnant, moi. Je suis sûr qu'il lui manquait la touche espagnole de ma part. Je sais pas encore ce que peut être son degré de souffrance, pour marcher si bien. Moi, on ne comprend même pas "rose" quand je chante. Normal, lui ne branche pas "chanson de peintre". Je lui demanderai de poser, je pense, si je dois peindre une crucifixion, il faut épingler la beauté parmi nos dévotions.

Ce sont les leçons du métro parisien et de l'Alhambra de Grenade, mes promenades les plus réitérées, la Divine Comédie dans laquelle je pourrais vous guider (et vous perdre, c'est le but) si vous cherchez une Béatrice, une faiseuse de bonheur... Sinon, Paul Sunderland ferait bien d'apprendre d'abord à jouer le tambour à Grenade.




Du coup semble-t-il qu'il était aussi question de couleurs, non ?

(je pense que vous pouvez lire ce qui se suit sur ce lien)


...

dimanche 18 septembre 2011

Sur Dante XXIX (débats sadiens)


copie de mémoire
d'un tableau vivant

(lisez ici le chapitre d'avant, en cliquant)





Nos cogitations et nos amours cachées sont dans la prison d'une Portée en pentamètre. Si notre esprit n'avait cherché à se cacher il n'aurait investi les arts. Enée sauve du feu de Troie le feu domestique de Vesta. La statuette est aujourd'hui un tison qu'on préfère ne pas nommer Klossowski. L'intérêt d'un artiste pour le sens du conjugal. Il y a toute la disposition de la parenté occidentale qui saute en éclats sous la loupe d'une question anthropologique. Et cela permet de revenir sur l'irrégularité de la vraie traduction, puisque L'Enéide est versée dans une langue étrangère tout en étant française. Voyons, un peu de "sors Virgiliae" :

A Junon (car elle sentait l'esprit simulé de celle qui venait de parler, par quoi le royaume Junon détournerait de l'Italie vers les Libyens rivages)

ainsi commença de répliquer Vénus : "Qui serait jamais assez dément

pour refuser de tels projets ou préférer se mesurer avec toi à la guerre ?

Si toutefois ton propos s'accomplir au gré de la fortune. Mais les fatalités me rendent incertaine si Juppiter

veut l'existence d'une seule cité de Tyriens et d'hommes, venus de Troie.

et si, mélangés, il approuve ces peuples, ou par des serments liés.

Toi, son épouse, il t'appartient de fléchir son âme en le priant. Commence, je te suivrai. " Alors, la souveraine Junon (...)

Traduction de Pierre Klossowski

L'on est témoins intellectuellement terrifiés du passage d'une endogamie païenne, à celle qui tient lieu dans la langue française, parole à usage catholique. Et tout se tient dans la rythmique d'une transcription maniaque de la syntaxe originelle du vers, dans laquelle l'on n'a même pas besoin de rime pour pressentir la musique. Elle nous est donnée par l'enchaînement des actions rituelles, cultuelles. Par le tissage de liens, la pantomime de l'intelligence qui cherche à se maîtriser.

A son tour Juan de Mena (dont on a déjà parlé à propos des ressemblances formelles et thématiques de son Laberinto de Fortuna d'avec la Divina Commedia) est plus près que le propre Dante de Virgile et de son théâtrique d'oracles, ne soit par la figure qui préside le poème, Fortuna, et l'invitation implicite au parcours hasardeux du poème en tant que "Laberinto". Puis cet Orphée de Gluck dont l'ouverture me fait penser au maître de céans qui met le poing énergique sur la table et les femmes qui s'affairent autour pour agir, mais selon leurs propres pensées. Une telle différence est donnée dans les domaines de la parole de chaque phrase musicale, de cette polyphonie orchestrale.

J'écoute cependant, mais je retourne sur Juan de Mena, moins connu que l'opéra de Gluck.

Aussi sur l'Enéide de Klossowski.

Magie Noire et Magie Blanche. Ou la Magie Rouge de Bosch. Voyez l'inefficacité de nos idoles...

Les géants, qu'on évoque toujours par association au dépassé, si je ne me trompe pas. Quoi dire du catapultage du géant au genre apocalyptique ? Quoi dire du retour du dépassé ? Qui façonne par couches sinueuses les lignes du bois qui se voient renforcées par un savant vernis ?

Avec Klossowski l'on songe à un athée qui s'entourerait des sculptures d'un polythéiste. Quand on voit la force de "personnification" qui portent les personnages du Marquis de Sade dans le crayon couleur de 180 x 190 cm dans lequel, dans une composition qui n'est pas sans un parallèle avec Le Songe de la Raison de Goya, l'écrivain prisonnier à la Bastille médite sur la mort de Justine et voit un esprit aérien couronner la soeur vicieuse et signaler les yeux ouvert d'épouvante du cadavre d'un geste réprobateur, avec un personnage aux habits honorables de prélat ou de juge qui semble adopter le paradoxe du constat, neutre et nonobstant bien présent.

A-t-on fait une analyse généalogique et une anthropologie de la famille chez Sade ? Peut-être que si. Moi-même je tombe sur la question en novice.

L'alliance du géant et de l'ange aurait répugné à une tête horacienne autant que "un peintre s'avise de poser une tête d'homme sur un cou de cheval, de rassembler de partout des membres divers et de les couvrir de PLUMES étrangement bigarrées, si bien qu'il fasse se terminer en un poisson hideux le plus charmant buste de femme (...) est-ce à dire que dans nos ouvrages les contraires vont se chercher et s'unir ; que les vipères vont s'accoupler avec les colombes, les agneaux avec les tigres?" Or la compétition au sein du lien social, cette Guerre d'Espagne sur laquelle la seule phrase qui m'était dite quand je questionnais les gens était : le frère tuait le frère... N'est-ce pas notre époque éminemment fasciste qu'un accomplissement de tous les impossibles ?

Un essor traumatique, un passage, tient lieu dans le tableau vivant klossowskien. Au fur et à mesure qu'on avance des explications sur la scène, le récit devient de plus en plus confus, tel se passe dans tout processus d'acculturation et de pérennité.

Le vrai but de la culture est la destruction de nos repères dans la chaîne signifiante, voire dans la succession familiale du temps.

Plus j'arrive à déceler une illusion d'idée dans l'intonation d'une chanson, moins je suis en situation de me rendre utiles l'art ou la musique. L'idée ne vient à avoir d'utilité que la détente qu'elle procure, tout comme les heures de sommeil ou la nourriture, à présent toute transcendance me semble une explication provisoire de notre métabolisme. Mais...

...Mais cela me rend en proie à la médiocre suffisance réductionniste de Juan Cabrera, mon professeur à l'université qui, revu récemment, résumait ma démarche et celle de mes amis de la façon suivante : "Vous êtes des petits freakies éparpillés sur la planète. Vous êtes censés ne faire d'autre que de tenter votre chance dans l'Art par le simple fait d'exister et de suivre vos démarches compulsives. Ce sera aux critiques de vous trouver un sens et une niche, ou pas..."

* Interlude final de chapitre (consacré à lecture exclusive des amants du commérage :

C'était à peu près le même discours qui faisait des "écrivains du net" des caricaturaux "wannabe", jusqu'au point que quand un de ces "wannabe" croyait avoir atteint un degré supérieur par quelque minable poubelication il devenait un vrai "master of the Universe" incapable de voir autour de lui autre chose que des fans. J'en ai connu plusieurs qui depuis leur croyance à leur imminent succès me donnaient des conseils sentencieux et condescendants.

Mais c'était particulièrement flagrant chez un monsieur ex-photographe de mode qui avait écrit "un grand roman" et qui est venu à l'atelier vérifier si j'avais bien couru acheter un exemplaire (une de ses premières déceptions) et qui allait se faire d'or avec un projet milliardaire "sur la Shoah" qu'il avait en hardi publiciste mis sous le "label" d'art "statistique". De son imagination était sortie une nouvelle masse carrée de béton à ponctuer les montagnes de l'Europe, qui serait parfaitement grise grâce à des pixels en céramique savamment neutres, et qui deviendrait peut-être un lieu de pèlerinage (mais de cela je pense qu'il s'en foutait pas mal, mettant l'accent sur la fortune qu'il allait se faire). Il me signalait d'un index et s'apitoyait : "ton problème est que tu n'as pas su te faire un label". Devant un cynisme tellement primaire, comment ne pas être subtilement cynique soi-même ? Comment ne pas leur placer, devant, à ces champions, le miroir, le grigri qui leur rende la pareille ?

Je n'avais nulle intention de postuler pour être édité, je faisais tout pour scandaliser. De son côté, sur le forum, le rusé éditeur ayant saisi que ma politique était de profiter d'un espace d'action et d'un public particulier et ne souhaitant pas qu'on puisse songer "à ne pas être publié par lui" a fait tout pour s'adresser à moi comme si j'étais un candidat à sa collection d'écrivains du net, en deux temps : en privé, quoique avec quelques témoins, me demandant de fournir un roman qui serait prochainement publié. En public, une fois que je lui ai fait comprendre que le roman n'était pas à sa disposition et que tout ce que je pouvais lui permettre d'éditer était soit mes
"récits critiques", soit mes "miettes" ou aphorismes, il feignait être objet d'une demande de ma part et me présentant de surplus comme incompréhensible à cause de mon orthographe - bien meilleure que celle de la plupart. Du coup je me suis vu exclu de pas mal de petits cercles, surtout à l'incontournable ville de Bordeaux, ce qui m'a épargné tout un tas de temps à gaspiller en flatteries et que j'ai pu consacrer à peindre et à lire. Et à me faire soigner (là-dessus il y en a de quoi discuter). Le dépassé n'est pas passé.

Je ne voudrais pas avoir à faire à un lèche-bottes de la connexion bordelaise là dessus pour le débat, duquel je n'attends rien.

(poursuivre la lecture sur ce lien)

...

jeudi 15 septembre 2011

notes rouges


Nunca serás homosexual, pues la muerte llegará antes de que lo descubra.

La madre será una sonámbula en tus sueños.





Ecoute mon instinct d'enfant, pour la beauté du jardin.

Al ojo se ve mejor. Con el metro se hacen errores.

Que no he venido a robarles la herencia, que he venido a quejarme, porque soy un jornalero que no puede vivir.

clinique