vendredi 8 octobre 2010

planche contact 010 d'Eve Livet

planche 010

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Le fait qu'on doive ne lire qu'une annexe critique de l'oeuvre

le manque de rythme invalide l'art

je te parle de ton travail et je t'endoctrine

tout comme la mise en musique de la paranoïa

chez Derribos Arias aux 80's espagnols que je réécoute

et parfois pour la première fois pendant que tu regardes un loup-garou italien

faire son théâtre lunatique dans une vieille cassette des frères Taviani

pour la première fois cette série de photos du rouleau 010

dans la planche de Toroslab

me parle de ta première réflexion sur moi

en solitaire avec une série d'objets

d'objets dépôts de paroles, quoique un cru d'André Kertesz

de par l'éclairage naturel et la gélatine coupée au noir

les livres qui sont mitraillés en 37 photos sont deux

un livre artisanal qui contient mon roman Pleroma

et une édition en peau teintée de bleu marin

des Oracles Chaldaïques chez Gredos

Tu as vécu une histoire d'amour seule pendant une de mes premières absences

avec moi

le fruit de la grenade dans une chambre à Grenade

le soleil du matin d'été ou du tendre automne andalou

ton pied nu orné d'un chapelet

dépôt des paroles d'une prière étrangère

en boules de turquoise dont le gris stylise la couleur

la soie que je ne finirai d'aimer et qui portait tes grains de beauté

ton pied bronzé et délicat, ton pied gauche

s'approche de mes livres sur le blanc du lit ou sur le pur acte magique

indescriptible sans la phrase la nudité du pied

est répétée depuis le positif onze au vingt et un

puis tu fais des assemblées de dessins de Raul mon ami de fac de beaux arts

des minutieuses illustrations du personnage féminin et magique

que la lecture de Pleroma lui avaient inspiré

le type de femme de la Movida

la petite bouche peinte en noir

les cheveux d'une romantique peignée comme une reine

nue dans des rectangles de feu et des draps mauve

un peu petite précieuse des entre-guerres

avec mon livre aussi sur le drap comme dans le romance d'amour

d'une revue pour jouir faite de dessins à moi et à lui

ta jupe me mange ou mange mon livre mon corps porteur de parole

tu est seule au long du rouleau comme la liberté est sérieuse

pensées à la vue d'un jour d'art

vision pure d'une nature morte personnelle

plaisir de voir ton pied

répété comme chez une déesse

blasphème, prière et oracle devant la Nikon

Xanthippa la courtisane de mon roman

urine accroupie sur un nain

des choses étranges se passent dans les photos 16 à 21

où ton pied caresse l'or et la peau bleu des Oracles Chaldaïques

au niveau de la lumière

comme si un film soviétique passait à grande vitesse

enfin c'est le texte de Pirandello qui est travaillé dans Kaos

non, sur la planche contact 010 ce sont mes livres et dessins

et ta connaissance du soufisme

qui m'arrachait des soupirs d'impatience

et me faisait pressentir l'ange du passé

et l'immensité de l'avenir

*

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