dimanche 18 octobre 2009

miettes et croûtons d'octobre (1)

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Le peintre qui écoute de la musique en peignant est en train de s'imbiber, de respirer un autre état de la Forme, pour la faire circuler dans les sens.

L'empereur parle enfin à son public. Marc-Aurèle me révolte.

Je voudrais toréer un taureau un peu partout au Canyon du Colorado, sur la hauteur, dans les couloirs, en descendant des pentes, et fêter sa mise à mort en mangeant des spaghetti sur une moquette, avec des voisines américaines.

Les pensées, stoïques, de Marc-Aurèle sont comme un manuel de la CIA, c'est le façonnement de l'homme par l'homme.

Accepter que l'on soit façonné par les hommes est difficile et parfois salutaire pour l'amoureux, pour le malheureux et pour l'homme privé, qui se resservent l'illusion d'être libres. Les sages espagnols appellent ça "se mortifier" et c'est une des démarches pénibles de la pénitence. Si la pénitence n'était pas suivie d'une couronne de paix, il serait du masochisme pathologique de lire Marc-Aurèle (syllogisme).

Entourée de mes derniers tableaux, où ma compagne pose nue, mon amie et modèle amicale Patience Tison, à qui j'ai demandé de se dévêtir, tout en gardant ses élégants sous-vêtements noirs, culotte et soutien-gorge, me questionne sur la mystérieuse Warda qui allait poser pour moi pour m'acheter un tableau, lors d'un rendez-vous sur mon blog, et qui ne se fit pas connaître le jour venu à la terrasse rue des Pyrénées. Je lui rétorque que, en revanche, Dahlia, l'écrivaine prôneuse de la bisexualité va poser pour moi, j'ai l'espoir, et je lui montre la dédicace de son livre Adore où elle me promet que "(...) vous offrir le miroir ravissant de mon corps (...) ça viendra ! ça viendra !". Les sous-vêtements de Patience me font penser aux poses, dans le rôle de Roberte, de sa grande-mère Denise pour son mari Pierre Klossowski, qui disait aimer son geste de sévérité. L'ovale du visage tel que je suis en train de le peindre, plus qu'à Patience fait penser à Frédérique, sa mère, modèle de Balthus. Le peintre se doit d'être son propre paparazzo, flasher, dévoiler des clichés, rompre la vie, et après ramasser tout ça dans une Forme visuelle unique chaque fois. Mais, quels historiens ou critiques voudraient donner leur bénédiction à une chair si rose, si scandaleuse si, en plus, j'en reviens à des formes théâtrales, des déguisements, du carnaval, vu qu'ils sont des journalistes sérieux ?

Le fond des pensées de tout artiste se déroule en italien.

Les deux cafés que je vais prendre s'appellent Gauche et Droite, je les prépare au même temps, à la manière turque, et ils sont les deux côtés de la Forme ce soir.

Les taches de crème de quelques nuages sur le lait turquoise du ciel, je suis tenté de faire du paysage, le chi des montagnes américaines, antipodes de Lu Chan, l'assimilation du Nespresso aux puissances du Yin-Yang. Du jade, vite, j'ai besoin de jade !

J'avais pensé que le paysage reposerait la vue de Nourit demain, mais je vois que le seul contrepoint à tant de nudité, c'est un autre autoportrait, une fascinatio apaisante. Je vais cacher tout de suite ce Golgotha chinois au toréador que j'avais ébauché.

Un admirateur attend d'être admiré par son objet d'admiration et, très vite, laisse tomber son masque.

Elle était devenue un répertoire de recettes, hâtive de devenir grand-mère.

Le dénoncé de la phrase orale devient le dénonciateur de la phrase médiatique, mieux qu'écrite.

Il faut voir tel film qui est sorti, disait le sergent.

Quand tu invites, tu es pris en faute. Sagesse orientale.

On ne peut pas se figurer Berlusconi fatigué, ou Sarkozy, puisque nous ne nous connaissons pas nous-mêmes. Je suis le premier responsable.

Un autre mot pour Nabe. Son anthologie, elle doit être bonne, puisque tout est en lettre petite. De quoi nous compromettre sans le savoir. Avoir son livre est pour moi un engagement typiquement européen, spécialement parisien.

Marc-Aurèle, depuis que tu es mort, je coupe.

On est plus enterré chez soi qu'au Père Lachaise. Surtout quand il y a des lapins qui emménagent sur l'ordinateur.

Celle de Drieu ou de Céline était une passion, pas un engagement. L'engagement, c'est cette même haine propre à la passion déguisée en amour angélique. Si vous cherchez un amour angélique qui ne soit pas du postiche, cherchez d'abord une haine angélique.

L'invité ne cherche plus à savoir s'il intéresse son hôte, il trouve son intérêt à être là et sait qu'on ne peut pas le déménager si vite. On peut dire qu'on le déteste avec amour.

Animula vagula blandula, c'est pas du Marc-Aurèle, il n'avait pas le Prix Nobel cette année-là. C'était un autre espagnol.

Boire du vin de la bouteille, comme un clochard, c'est ma folie de ce soir.

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3 commentaires:

Elvi54 a dit…

Pero, MM: ¿por qué esa animadversión contra Marco Aurelio? ¿Puede ponerme un ejemplo de pensamiento del romano que le subleve? En cuanto a beber de la botella, no sé si será de clochards, pero a mí también me encanta. Tenga cuidado, no obstante, por favor. No se haga daño.

Manuel Montero a dit…

No se preocupe, Elvi, eso era anoche, esta noche, en cambio, he bebido en copa.

Manuel Montero a dit…

Yo creo que bebi de la botella porque la cena hablé de Butoh, que es de vanguardia y de Chi Kun, que es chamanico, y esta noche en cambio fue sobre Iluminaciones Filosoficas, y sobre el ciclo del Circulo de la Sabiduria. Siento mucho no haber guardado las migajas para el blog, pero eran en "espagnol" y yo solo publico "miettes".