jeudi 16 décembre 2010

Sur "Coke de Combat" aux Editions Léo Scheer



Ce qui est marrant chez Rip dans son bouquin Coke de Combat, c'est que tu ressens sa personnalité te remettre à ta place dans l'exubérance de son blues, hilarant, près du spectacle de ventriloque...

Je me moquais de lui, lui disant qu'il était si bon dans les dialogues qu'il pourrait sortir à la télé. Je savais qu'il était comme Neal Cassady tel que nous le décrit Kerouac dans On the road, du moins de ce côté-là, quelqu'un qui a souffert le plus dur de la vie et qui garde nonobstant l'ambition d'une certaine délicatesse littéraire, d'un certain sérieux, quelqu'un qui reste lié profondément à la haute culture, au grand art.

J'avais eu mon exemplaire dédicacé au bureau de quelqu'un dans les officines de sa maison d'édition. Puis il m'avait payé deux cafés noisette, puisque j'avais juste dans ma poche de quoi payer ma psychanalyste , et là il a fini la dédicace en imprimant son ex libris sur l'exemplaire, un ballon de football. Dans le bus, depuis Odéon jusqu'à Ménilmontant, j'ai trouvé une place et j'ai lu ce que j'ai reconnu tout de suite la perle du livre.

C'était peut-être pas le plus drôle du livre, c'était peut-être pas le plus complexe ni celui où les clefs pourraient montrer une pratique de connaisseur en littérature, mais il regorgeait d'humanité, la même chose qui fait que Henry Miller reste une valeur supérieure à Bukowsky ou d'autres qui ont pu suivre. Je discute de ça chaque fois que je revois Rip, quand nous avons bu ou qu'une troisième personne très spéciale nous entend.

J'ai dit à Rip que son livre était rabelaisien, et pour une fois j'ai dit quelque chose de sensé. Parce que mon histoire de Henry Miller est une vieille querelle.

C'est bien Miller qui a vécu Paris, c'est bien lui qui a le premier enduré le refus et la censure, et qui a toujours maintenu la bonne humeur. On devine que Miller n'arrivait, comme Rip, jamais à être pour de vrai fâché, on devine que Rip peut te casser le nez si tu es un salaud, mais qu'il restera toujours cool.

7 commentaires:

rip a dit…

waa hen-ri mil-ler ? putain j'y avais pas pensé

gribouiller comme barbouiller

merci mon putain de bon manou

hé...mardi...hein...bon

rip a dit…

dans le catalogue des ELS, page des R, je voyage en bonne compagnie hein

Rheims Nathalie et sa soeur Bettina sont à deux rangées de moi

par contre, je sais pas qui c'est, juste là, un certain Rilke...

La Bézote a dit…

Buk était dans mon paysage, mais pas Miller encore... mais juste, bien vu, Manu *_*

Cécile Delalandre a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Gondolfo a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Cécile Delalandre a dit…

Manuel, ton article est vraiment bien... j'ai une âme sœur qui dit que tu es un génie... mais un génie dans le sens unique, singulier, et elle a raison...
et puis tes cheveux d'oisillons qui sort de la coque sentent tout comme il faut tout de suite... *_*

Paul Sunderland a dit…

Manuel Montero: vous arrivez à lire dans un bus qui roule, félicitations. Pour ma part, je n'y arrive jamais: au bout de cinq minutes, j'ai envie de gerber, quel que soit le livre sous mes yeux. Dans les trains en revanche, je n'ai pas ce problème.