samedi 11 juin 2011

Rapport d'activité



«Jeune fille au pupitre », 2011, huile sur toile, 175 x 120 cm


A la galerie Art et Société, le peintre espagnol Manuel Montero propose une série de peintures à l'huile, de dessins, d'encres de chine et de collages rassemblés sous le titre : « Rapport d'activité ». Clin d'oeil ironique derrière lequel on retrouve le thème majeur de son oeuvre : la femme. Parmi ces peintures, la « Jeune fille au pupitre » qui est l'une de ses oeuvres récentes de grand format, a la particularité d'être une revisitation de l'un de ses rares portraits d'enfants. Il la présente de façon spécifique puisque, dans ce tableau, cristallisent une admiration pour Balthus et l'angoisse d'une certaine obsession de la physionomie dans le détail - profil, nez, oreille. La toile exposée sans cadre et sans châssis répond à la volonté de l'artiste « d'être plus près du mur et, surtout, au désir d'une surface qui n'est pas en tension totale mais parcourue par la paresse, qui n'est pas en train d'être travaillée mais se laisse occuper par les traits du pinceau. »

Dans ses dessins, exposés en 2010 au parador d'Alcala de Henares, la démarche de Manuel Montero se veut celle d'un peintre quichottesque qui vit ce qui le traverse du réel par le truchement de dessins dans lesquels il note ses idées, ses tentations, l'intensité de ses doutes. La féminité y est ébauchée en tant qu'aventure : « Je dresse le portrait de la féminité soit à travers le fantastique, soit à travers les rencontres dues au hasard, rencontres qui, de toute manière, nous font porter le masque du fantastique. Prenons, par exemple, l'autoportrait en taureau avec la magicienne : le personnage doit se métamorphoser en taureau sinon il n'est plus lui-même. Dans cette petite oeuvre, j'ai la force du taureau, mais c'est une force condamnée à se perdre dans le sacrifice de l'art, de l'oeuvre d'art (j'avais bu du Redbull ce qui signifie taureau rouge.) C'est cela la métamorphose, un besoin de sublimation du désir sauvage qui sous-tend l'amour courtois, dans la mise en oeuvre de l'art."

L'artiste est arrivé plus tard au collage. Son oeuvre, complètement parisienne, est le résultat d'une réflexion née lorsque l'écriture de ses romans d'autofiction se terminait. « S'est posée, alors, la question du blanc et noir, d'aller au milieu du blanc et noir par la grisaille industrielle de la photographie pour me diversifier de l'encre chine. » Ses collages, proches du dadaïsme, reprennent une question ébauchée dans l'oeuvre de Picabia : le moment où la tristesse arrive à Dada.
« Cette expression du non peint, des images juxtaposées avec la bave de la colle qui relève de la sécrétion, de la muqueuse, représente quelque chose de très atavique, au fond, malgré que la photo soit un phénomène récent. Coller des fragments de photographies m'a ramené à une pratique d'artiste-artisan puisque je ne faisais pas, là, une démonstration de sagesse mais plutôt d'effacement me permettant de faire un écart par rapport à ma facilité pour le dessin. »

Manuel Montero est né le 4 septembre 1970 à Grenade en Espagne. Après son diplôme à la faculté des Beaux-Arts et la naissance de son fils, il s’installe brièvement à Barcelone puis choisit Paris où il vit et travaille actuellement. Son œuvre picturale a été exposée en Espagne, au Maroc, aux Etats-Unis et à Paris. Il est l'auteur de deux cycles de romans :
El proletariado en apuros, 1, 2, 3 et Desde el hôtel 1, 2 ,3, publiés chez Meligrana éditions, de Maquinaria del cuerpo klossowskiano, essai, (Université de Grenade, 2001), Vampirismo estructural, roman, illustré de 24 photographies et dessins (Université de Grenade, 2003), de différents poèmes dramatiques ainsi que de contes pour la presse. Il a publié en 2009 et 2010 deux récits critiques in La Revue Littéraire n°38 et n°44 éd. Leo Scheer, Paris.

Adresse : Galerie Art et Société, 19 rue du Pont Louis-Philippe Paris 75004, M° Saint-Paul.
Horaires : tous les jours de 11h à 20 h. Nocturne jusqu'à 23h le 21 juin 2011.

1 commentaire:

Chiqui a dit…

Enhorabuena, Manuel. Ojala fuera posible estar ahí. Debes sacar fotos de ambiente y ponerlas en el blog.