lundi 6 avril 2009

miettes d'avril (a)

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Comme ils sont trop paresseux pour changer la société, ils détruisent la culture.

A mon époque l'on payait l'analyste comme s'il était sur le point de crever encore plus que nous. Aujourd'hui l'on crève dedans, l'on est des structures tubulaires qui se frottent, sans aucun rapport aux humains sentiments.

"Une oeuvre incertaine, de transcendance limitée". Je suis l'eau qui ouvre la roche en deux et la sculpte.

J'aime penser, quoique je ne suis qu'un amateur.

J'aurais besoin d'une autre vie pour être une personne.

J'ai une seule vie et elle est consacrée à l'art. Mais justement parce que je n'en ai pas d'autre je m'intéresse sur-le-champ à la philosophie.

Presque vingt ans de beaucoup de bonheur. Qui les aurait ?

Ce que compte, pour l'habitude acquise, c'est le moment inaugural.

Je ne réfléchis pas trop à la destruction, je la laisse s'installer comme je laisse naitre la femme de la source.

Quand tu es soumis à la violence, tu te sens coupable, et en plus tu prends peur des bonnes idées.

C'était pas Maccarthy, sénateur en plus qu'écrivain, l'Américain qu'il voulait faire admirer en France ?

J'étais un enragé, mais dès que j'ai découvert le prix des dents j'ai laissé tomber.

En fait je suis venu à Paris étudier, comme tous les andalous, développer mes idées.

A quoi m'a servi d'être compagnon d'Ulysse, puisque Circé m'a changé en cochon ?

La métamorphose en cochon est nostalgique et d'une relative festivité. Authenticité et ridicule main dans la main.

Mon journal intime (sur papier, j'entend) est une espèce d'autogoogle dans ma tête.

Nicolaï lo Russo, avec son côté lapidaire, fait figure d'éveil, de porte-lanterne qui éclaire le chemin.

Peintre et homme de lettres, j'ai écrit sur mon profil. Deux incarnations pour une seule vie.

Ce n'est pas seulement le cinéma, déjà les cathédrales étaient une trahison du Livre. S'ils sortaient un film sur Matzneff, à quoi bon suivre la lecture ? Le cinéma est de la dynamite, ou du moins une mite tout court, qui fait des trous dans les livres.

Dieu t'abandonne. Dieu abandonne d'habitude, c'est le crucifié le premier à s'en rendre compte. Disons que Dieu télécommande, qu'il a une radio-commande pour pas s'écraser en personne. Du moins deux des trois.

Il n'est pas mort pour tous les hommes. La preuve est que nous allons mourir aussi sur la croix.

On adopte volontiers toute nouvelle pathologie, pourvu qu'elle ne nous fasse pas basculer.

Quand je vois la nature tortueuse des mots appris à l'école des philosophes attitrés, j'ai envie de les fouetter dans leurs contorsions par des pensées à clef.

Les livres qui m'entourent, que ce soit de la philosophie ou des classiques, je les utilise pour m'exciter, comme un élément de ma débauche. A ce titre, on peut dire que j'en fais un usage pornographique.

Vive la populace !

Si vous me demandez, autrement, un graphique de mes degrés d'ironie je vous montrerai l'odalisque de dos d'Ingres.

Proposer un test de compréhension lectrice aux internautes entre un paragraphe d'Alain Baudemont et un autre de moi.

L'American way of life est toujours à apprendre, dans ses mises à jour.

Frappé d'horreur par la tête coupée qu'est la télé, je danse avec ma chaîne de musique, dans l'espoir que des jambes poussent à la télé et qu'elle s'en aille. C'est plus facile d'écrire que de peindre.

Vol de miettes, c'est très mal vu entre moineaux terriens.

Celui qui prétendra dicter sa propre loi se verra soumis à la loi de son prochain. Seul le caractère exceptionnel du législateur nous protège de la barbarie. Mais encore faut-il trouver ce personnage exceptionnel. Ce sont les réflexions qui me sont présentées par le fait d'être père.

Même ceux qui représentent aujourd'hui la culture ont intérêt à discréditer la psychanalyse, qui fait tomber les masques, étant comme ils sont le nouveau visage de l'idéologie bourgeoise, de l'image de soi, comme dirait Nietzsche, que la difforme classe dominante veux se donner de soi et de son rapport aux autres.

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1 commentaire:

Gondolfo a dit…

Pourtant vol de miettes c'est très commun. L'observation du jour au jardin du Luxembourg. :)