vendredi 21 mai 2010

projets de billet

Ce sont là les vrais manuscrits. Un attaque au réactionnaire faciliste de Bunyan, qui n'est plus pertinent. Un hommage aux gens généreux et au corps.




jeudi 20 mai 2010

vieux cahier de bon papier



Sur ce cahier qui m'a été offert au cours d'une foire, au contenu plutôt dévot et intime, s'entassent des années d'adaptation à la vie parisienne, vécus du plus intérieur noyau poétique. Efforts de mémoire et parfois chimères...








mercredi 19 mai 2010

interlude sur les photos d'Eve

*
(un autre interlude)
je suis devenu l'idéologue
j'ai été foudroyé
la maladie de l'art
s'est généralisée dans le corps de ce poème
et il n'y a plus que le sabotage
vite réprimé
de quelques métaphores
je suis seul avec toi
j'ai des projets de livre
je parle de tes planches contact
mordu du serpent marin d'une ode
contorsions pour te prendre entière
dans la durée d'un plaisir
qui n'est pas mien
mais d'un dieu d'ombre à venir
*

planche *** d'Eve

*

planche 882

*

(préambule)

les biographes nous font savoir des choses

que Diogène et sa femme et disciple

jeune et précocement érudite et féminine

s’accouplaient sur les marches de l’agora

ce n’est pas l’orgie communiste

ou Fourier

c’est un maître monogame

qui a affranchi son esclave pour ne pas partager

ses aumônes

c’est la liberté

*

Fourier a été une prompte lecture

d’Eve Livet, et l’on a parlé

les premiers jours de notre vie en commun

*

sur la planche contact avec des chiffres au feutre rouge

l’intimité d’Eve et d’un jeune intellectuel marocain

surtout lui torse nu une seule fois

en fin de rouleau et à l’extérieur

sur une plage semblablement

geste banale de protection

d’autres extérieurs sur marine portuaire

ce sont ses poses les plus étudiées

*

il n’y aura que des volcans

et le magma fera oublier

aux voyeurs et à la vapeur

les pingres voyages de nos armures

semble pressentir se portant la tête

aux mains qui devront parler

le jeune grisâtre qui écrit

orgueilleux profil nonobstant dans la concentration

deux bougies de cire rouge sont posées

dans la noirceur politique de la nuit

sur les verges argentées et hautes

des chandeliers

*

Le jour suivant il porte un bonnet marocain

et la définitive chemise blanche

l’espace semble un palace

chez lui murs blancs et un matelas

ou chez elle ou à l’hôtel

tu me diras demain si tu le lis

magistrale 25A 26

perspective à longs rideaux blancs

l’amant perdu au centre du regard

tel un monarque dont on ignore

le prénom et la fureur

encadré par l’air cubique

et un fond neutre et plus lunaire qu’un écran

un mur blanc

le gris lumineux et comme de porcelaine

ou encore le visage d’un fantôme

derrière sa chaise centrale

qui était pivotale dans l’instant du cadrage

comme un amant

comme un roi

comme un philosophe scélérat

qui a su te prendre avant en photo

dans le sourire de l’artiste

dans la proximité de la faiseuse d’images

dans celle de qui est elle-même image privée

qui se partage avec peu

ou qu’on donne généreusement au peuple

au nom du progrès

la beauté qui vient de naître dans les yeux

les bras détendus, offerts et réflexifs

il t’a fait des beaux portraits

ce jour-ci

*

la jalousie du montage

qui me fait dire lundi, dimanche, samedi

vient d’une photo finale de toi

trois portraits de toi en fin de rouleau

et d’un premier positif

comme un jeune nu qu’on rencontre

viril et offert, sachant, sachant

*

(après l'interlude)

*

En fait cet écrivain était bon acteur

les jeux du regard et les mains

du peuple et du magicien

tasse de Limoges pour le thé

danse devant un grand miroir

il vous montre un papier pour témoigner

de vos oublis

il signale

il dirige l'orchestre du cyprès

ébahi, furtif, à la fenêtre

il vous abandonne sa chambre

seule nature morte du rouleau

*

(après la planche)

*

L'ironie de l'aube me fatigue déjà

par sa musique des airs

et je range la planche contact et les négatifs

je retourne le dossier

au feutre fin est écrit un prénom

et l'année 1994 à Genève

rien ne manque pour surprendre et affaiblir

dans la loi des voyages aller-retour

comme les 1001 nuits les prouesses

de l'obscurité sont avant tout des chiffres

et des pays au dessus des nuages

*

mardi 18 mai 2010

pranayama imperial (extracto quintaesencial)

Este pasaje alquímico y filosófico de mi última novela en el mercado *ver enlace con amazon, está destinado a los poetas y poetisas herméticos, que podrán agrandar la imagen clicando.

Este pasaje de varias páginas posiblemente "saltaría" o desaparecería en una edición más convencional de esta serie de novelas que constituyen al mismo tiempo mi diario íntimo y pequeños objetos de arte *edición numerada de seis tomos ilustrados con veinte dibujos (más ciertos álbumes fotográficos en tres de ellos)






samedi 15 mai 2010

planche contact d'Eve n°223

*

Je mets sur toi mon peignoir Yves Delorme

blanc cassé, gris poule, et noir de vigne

japonisant sommeil, la valise de carton

est comme un sexe de géante

un seul dossier à présent

toujours rue Marie Stuart

*

planche 223

une amie d’un ami

le rouleau c’est un service à cette actrice de théâtre

sur les clichés plus cruels

sur les mi-tons et le lait de la clarté

sur une vie à rejeter le chiromancien

ou le vieux singe méprisant que je suis

entend parler la tumeur

d’une haine mortelle qu’on hérite

de l’Espagne qui a fait notre corps

la disgrâce de la bonne volonté

sur les plus cruels pardons de l’obturateur

d’autres coupures donnent des statues classiques

l’ampleur de ton style indestructible

peut faire un simulacre de déesse

d’après le meilleur des jeunes filles

de la ville

peut dicter la théologie du photographe

la cathédrale du portrait

les fouilles de l’intelligence

le récit historique d’une pose

d’une statue d’un Louvre

crépusculaire et de noirceur grecque

notamment 19A 20

d’autres la mettent dans un rôle d’Ophélie

comme 26A 27

d’autres la mettent dans un rôle d’Ophélie

pour la noyer dans un poème obscur

où la jalousie du temps abolit ses jours

et d’un regard de star fêlée sur la lampe de nuit

elle, elle, elle

elle semble protester du destin

qui a planifié de la trahir

*

Algunos mensajes esotéricos



Intermède pour les planches contact d'Eve

*

L'étoile est une croix ?

Est-elle l'endroit de feu d'un sacrifice ?

Loi du Ciel, l'influence des astres

Celle-ci est ma Prima Materia,

du cosmétique,

et je la brûle en moi-même

dans le coït avec l'image.

Mais pourrai-je peintre

porter ces fugaces photographies

en linge étendu sur la planche

entrevues comme dans le timbre

de toutes les lettres d'amour d'une aventure

les porter au spécialiste lecteur de poésie

qui n'aime pas comprendre tout de suite

un vers, une photo, une femme ?

*

Une balade qu'on aime reprendre

de distances qui se télescopent dans le cliché

brouillard qui nous montre une forêt qui marche

une armée d'arbres de la lune qui s'éveillent le matin

lors du tirage sur le papier baryté

mais aussi le lieu où cacher les blessures du plaisir

les rencontres et l'armure d'argile blanche du monde

le lieu et l'idylle de la métamorphose d'Adonis en rose

l'imitation de notre mort

et de nos dernières paroles

quand ce que nous voulons

est l'image d'un visage oublié

qui nous mordille dans les négatifs de nos veines blanches,

dans la tranquillité maladive du fragment

qu'Eve laisse enterré comme une oeuvre alchimique.

*

un tirage en entier viendra

riche en ténèbres

où l'oeil se calme et s'enivre

de bouts de papier auxquels vous attribuez

la qualité du sacré de tout objet physique pour le derviche.

L'aumône est la création d'un ange

et ainsi est le souvenir.

*

vendredi 14 mai 2010

Eve y Buda



Ne va pas si vite, tiens ma carte de visite. Le Bouddha sera passionné, ce soir, lui, enfant ou en tout cas ascète immature, nourri par les membres de la famille ou du monde, mort dans l'oubli du zen, de la magie.

mercredi 12 mai 2010

planches contact d'Eve non numérotées

*
Je suis un secrétaire poétique

aujourd'hui ce sont les saints de glace de la lune rousse

je trouve les artistes trop pris dans des pratiques de bon sens

dis-donc, c'est du travail de cuisiner le chou pendant qu'on poétise

averses sans chauffage semaine prochaine

l'artiste s'occupe de moi et je m'occupe de l'artiste

j'invente ce métier de l'archive d'ombre

*

Sur ces clichés

quelle part pour l'éternité ?

Ils ne sont pas numérotés, trop tôt, trop loin

les chandelles sur la tarte

sont ponctuelles, Claudie regarde

la botte de feu d'une vingtaine ardente

sur l'obscurité du chocolat

premiers autoportraits d'Eve au miroir

ses jambes

sa pose de photographe complique

la longue robe en soie

sa mère la main sur le clair-obscur

d'un piano qui n'existe plus à jamais

partition en auréole, lumière tiède et précise

rare image d'une grande-mère sur le cliché

enfin des ancêtres qui restent à côté de nous

Eve sourit, l'on dévine

enfin une main pour saisir les deux soeurs

une fois les bougies éteintes

*

encore sans chiffre, même dossier

des beaux jeunes qui posent dans l'arabesque

encore méconnu d'un palais de conte

dans une ville touristique mais discrète

transition démocratique espagnole

instant politique d'inconscience

dans les visites exclusives

des couloirs de gypse et de luxe

dans la virginité musulmane

de l'Alhambra de Grenade

aux années quatre-vingts

j'aurais dû le dire avant

*

mardi 11 mai 2010

À propos de "Paris, je t'aime"

Je trouve beaucoup mieux les tee-shirts I love Paris que les tee-shirts I love NY;) Il faut faire une place à ceux qui comme Léon Paul Fargue ou Nerval ont écrit à propos de Paris, sous le mode de l'émerveillement. Ils se font rares dans ces temps de déprime sécuritaire et de morosité. Je trouve très valables les yeux encore adolescents qui écrivent des textes littéraires dans cette tradition, avec la maturité qui se perd avec l'innocence, et suis curieux du traitement réservé au Paris vicieux qui s'affiche partout. Livre à faire lire aux jeunes universitaires, comme je l'ai été, pour leur faire connaître la persistance du mythe d'une ville. Chacun dresse son portrait poétisé dans la description de Paris, et je suis avec mon écriture en français comme deuxième langue exactement dans la même tradition que Myriam Thibault, qui est celle, comme souligne Anne Procureur, celle du début de siècle, en même temps que celle d'une redécouverte du charme parisien.

Relisez par exemple Satori in Paris ou Tropic of Cancer, avec votre anglais à vous, et dîtes vous que dans l'ensemble la déprime française disparaît avec des livres ou des tee-shirts I Love Paris. Peu de gens osent débuter en se manifestant si ouvertement. La mauvaise conscience veut toujours se parer de masques tragiques empruntées.

Loin de me sentir aigri, j'ai toujours apprécié l'amour populaire des villes. Chez moi, en Espagne, dans ma jeunesse contemporaine de La Movida, il sonnait encore le dicton "Todo es posible en Granada", et j'ai passé d'un charme gitan à un charme purement esthétique, où il n'y a pas non plus des impossibles, ce qui me rend gourmand des nouvelles de Myriam Thibault.

samedi 8 mai 2010

planches contact d'Eve (1)





*


planches contact d’Eve (1)

Les hommes veulent voir l’intelligence chez le pervers

l’intelligence elle est partout, elle est comme une faiblesse humaine

qui dépasse la stricte spécialisation du malade ou de l’idéologue

*

innocence du débutant et remords de celui qui se sait mortel

Lune et Apollon de la sagesse

elles restent dans l’imprévu d’une photographe classique comme Eve.

*

Elle ne sera jamais plus livrée à son esprit

que dans les planches contact qui précèdent de dizaines d’années ses tirages.

C’est cela qui m’inspire le plus dans sa photographie

l’éveil apocalyptique

de ces dossiers qui regroupent des planches contact avec

pour titre de l’oeuvre

les dates et les lieux

des époques d’une vie

*

On y peut trouver tout, le concept est aboli, le style est indestructible,

sauf le lieu où une oeuvre définie telle l’Alhambra

se réserve plusieurs gros dossiers

où les années de fréquentation du palais

se présentent nues et concentrées

comme dans une mystique orgie royale

faite jeu d’échecs et tragique miroir

dans le désir de lumière du noir

*

Les photos de famille utilisent le blanc et noir

regard d’artiste

et la soeur cadette au fil des années

finit par être une modèle et une muse discrète et modeste

inconsciente de sa beauté et de l’ambition

dans la franchise et la patience du photographe

dans la magie offerte de ses gestes

rien n’est connu du trésor d’une vie de femme

dans la fidélité de ce métier moderne

*

je vous parle aussi d’une femme écrivain

d’une réalisatrice

d’une modèle et muse de plusieurs peintres

métier enivrant et énervant de rendre la vue

*

planche 332

Ce regard de masque grecque

dialectique et d’Artémis

fille d’une maîtresse du dieu

ces contrastes nécessaires à l’élucidation du profil

ce regard de la soeur dans un autre premier plan

qui semble appris d’elle

l’une pose pour l’autre

s’essayant le même moulant noir

ces horizons où l’on perçoit le palace andalou

ces prises d’image comme des gravures

ces personnages d’un matin de soleil

à la porte du bar Pepillo dans la Carrera del Darro

qu’on apprend à connaître dans le sourire et les longues histoires

vieillards séducteurs ou merveilles d’une vie

annoncés par le serveur qui poétise leurs surnoms

et tout cela dans le calme et la chasteté

d’une rivière complice

du courant du négatif

la jeune et belle étrangère qui prête

sa caméra pour poser avec ces êtres de mémoire

*

planche 622

ces chats inexpressifs qui nous regardent

curieux de nos ombres dans l’appareil du poème

chaque chat de la ruelle aura son instant de gloire

et cela les intéresse et les laisse pensifs

rois du flou et des fenêtres

il n’y aurait rien à dire et je serais pur délire

si ce n’était de l’art

le refus dans le regard d’une bourgeoise âgée sous la loupe

plongeante d’une amatrice décidée

les terrasses dans des jardins à la diable

plusieurs torses déhanchés de sa soeur dans les colonnades

le profil frontal d’une courtisane de Botticelli

encore plus fragile instant

ou semblable à l’animal de sagesse chez le chat

mais soucieux de la mode

si nerveux qu’une magazine feuilletée dans le couloir de la mort

parfait avec la douleur d’une providence

les pères vus de loin

qui semblent encore jeunes dans la tiédeur de l’ombre totale

quelques portraits répétés pour des doutes

quelque faute dans la trahison du souvenir

semblables à une image pieuse de Satan

les chats savent entendre la fureur

du métier et de l’art féminin

qui leur prête une attention d’amoureuse ou d’enfant sérieux

pour l’esprit il n’y a rien d’autre à faire de mieux

*

mercredi 5 mai 2010

dimanche 25 avril 2010

Le singe et le merle

Le singe et le merle se mirent à écrire
amusé des tournures difficiles de la main sur la feuille
le singe raconta ses origines, sa conversion à l'humain

alors le merle écrivit une lettre au singe
parce que dans la partition musicale
il avait caché un charme
par lequel l'ange viendrait séduire l'humain

le singe imita la musique du merle
par de jolies grimaces sur la feuille

ainsi le merle sut le parfum du mammifère
tenant son discours avec les airs favorables
par des respirations et des protestes d'amoureux
prises et lancées du vide de la magie

il sut que le singe avait bu
de Dieu la liqueur amère du silence
dès que ses traits s'étaient mis à danser
sans une autre musique que l'ivresse

et il entreprit de le réveiller les matins
avec désir et envie, comme un ange méchant
mais aussi avec la providence de l'amour
comme un rêve inspirateur qui nous sort du lit

le singe se mit à lire
il se trouvait bien imité
il félicita les trouvailles
et il ne fit rien du tout le reste du jour

vendredi 23 avril 2010

reponse à leo

La mort est une amie intime que le suicidaire prend par viol. Il faut attendre qu'elle vienne à nous, distillant la résine d'un baiser longuement attendu.

aux photos d'Eve Livet

à tous les vins forts de la vie l'image veut que nous tenions
nous soumettons l'image au régime de l'espace, à l'économie
mais ces vins forts sont là

les vins noirs et l'eau lustrale
dans les perles savoureuses de deux grenades
tel une jouvence fêlée qui sommeille ses plaisirs

l'abstraction de l'instant dans un rempart ambulatoire
et dont la solidité est faite pour la guerre et pour l'exaltation
tout angle comme le tir de l'arbalète et le mépris royal

le chat de l'oeuvre, logé dans le sceau de la chimie du pauvre
nous avertit des passants, à nous qui buvons son vin interdit
à nous qui attendons les secrets depuis l'instant vécu, à la porte

l'oeil précis qui nous adresse au fond de la pente
soutenu aux arômes de la montagne à vue d'aigle ou de sorcière
l'oeil vole dans l'arôme sur un terroir peuplé d'une chapelle

c'est l'Andalousie, incommunicable, vin fort qui nous assoit
en silence se passe notre photo mourante pour le repentir
les ballons pleins d'eau attendent les petites destinées

des rares femmes qui oeuvrent par leur beauté
font le choix des peintres qui se succèdent tels les styles
et dont le souvenir nous vient chargé d'objets précieux

ce sont elles qui lisent dans la jupe de l'enfant
la rage de vivre qui sort respirer au balcon
la jupe est de gitane, une petite artiste

dans le quartier des pauvres chaque rue est un escalier
les maisons tombent comme les dernières dents du sage
la bicyclette est notre ânesse et l'on met toute adresse à la peindre

le grenadin répand de la monnaie au pied d'une croix de fleurs
des groupes d'enfants la font d'oeillets, bois, céramique et nappes de soie
sans qu'il leur manque le cuivre et le sourire

des gifles reçues Dieu a les joues noircies dans sa vitrine
le coeur surprit du flash, le regard d'une psychologie qui n'est pas d'ici
il a bu avec nous la lie de son sang
des meubles pour se prosterner, des fausses fleurs pour l'éternel

plus on s'attarde sur Dieu plus on sait qu'il est déjà ailleurs
ivre perdu d'une douleur et d'un plaisir extatique
il se sent flotter dans son église, il se perd dedans
la pitié première nous impulse à nous faire remarquer de Dieu

un éclair dans la poitrine d'une mère de Dieu est la dernière coupe de vin qui nous évanouit
son fils est mort et il était Dieu, elle semble crier
le cadavre est trop triste à bercer
la pudeur rend gris les deuils du ciel

caché derrière les fleurs et les reflets de l'intelligence
le gris des mortes statues qui simulent l'instant sacré
nous révèle le spectacle de nos âmes qui veulent encore un verre
encore un verre de Dieu, une découpe de sa jeunesse

la fréquence des prières des mères nous rend lucides
le temps revient de savoir où l'on est
l'église est un lieu de mémoire et d'oubli
oeuvre d'art qui nous fait désespérer
nous ne pouvons entrer dans un souvenir
mais savons reconnaître l'oubli dans ses contrastes et ses lignes de fuite

Une croix est un arbre qui se fait connaître
un palmier, un cyprès, un arbre nu dont on ignore les fruits
la voiture de chacun, au soleil, l'auteur blasphème
connaissent un jour ses branches qui tiennent une petite lanterne
et le pubis de la pierre qui est sa racine
et le sel d'argent du souvenir de ce repas dans l'arbre

jeudi 22 avril 2010

dimanche 21 mars 2010

Nigra Fair

Nigra Fair was followed by a number of Gods, fortunate mortal

as Faire are to be in head of godship as we call godhead.

Black gods were devoted to humanness and to labour and the metal

of first creators First Nigra Fair inside were on the hollows of head.

Gods were booden swords of fight against spirit, or illness or madness

of men intruded to adult mankind and of fight against the rapture of children by fate.

You muste be intruded to which they ate

and to sensual sadness

of ancestral birds dialogue and its fairie signification.

Hate was a delicious drunkenness to give to oneself

such they were made in manner of style of each nation

Stronger than one sole nation was Nigra Fair

and she employed herself to various matters and prayers.

Witchcraft occupated her in a non-stop war.

She was known by sorcerers as a betrayer

kind of beberage, as a charm over the charm,

and therefore they smiled of their defeat.

Eating lions was in her sound !

.

The African diaspora or this first Nigra rapture by white devil

left a falling swing of kind and wise in her,

but stronger than one sole nation she could move earth

and times become faster and the Abraxas of voice expanding

power and unavoid the dance and the hunting of pleasure.

.

The knight was told by latin books that this Fair

was far in the horizon womb of death and birth

and must be known firstly as magic companion

and be respected. Mental image was useless

onions of paperback and the kings of any pleasure.

The knight sang a fair calling on the mountain road

and founded a castle on a fishing net and a moon

reflected by dust, and some superstitions on sacred,

as he knew in flesh a goddess and was told

the music of repeated O and the coloured dawn of an opium flower

He and She equally artists, black and white fotos

united them both in the kiss of the unique moment

and of scissors of witchcraft in order of composition.

Insistence on a work made heavy colors and distortion

of pelvis in the search of union with eye of sex.

The stranger fair appears in the land of tired

so is said by prophecy and my tips percussion so anounce.

The beberage of slavery is not expensive to forget

and is like a greek voluta or a vicious fight in bed.

.

Revolution of planets onto a lot of stercoris

persistence of life in a living town

milk of snow terror lust

conversion onto foolish apocalyptical

accomplished by war sphere strenght to betray

unsayeble glances of fortune statues

my dream evening coffee sky and cold fire of she-planet

.

mardi 16 mars 2010

Lo importante (dibujos de Raul G.Reyes)



©

A mi profesor Juan Cabrera, con el que yo tenía un trato confidente y algo familiar, yo le repetía que la obra de Raúl G. Reyes era IMPORTANTE. El se irritaba del aire irrebatible que yo daba a mi defensa de ese compañero genial e incomprendido...

Poco sé del Raúl que sigue pintando. Recuerdo que obraba con betún de Judea para empastar y apesantar los colores de sus bodegones, herederos de Braque y Gris, pero también de Morandi e incluso de las naturalezas muertas de Balthus. Visto de otra forma se podría hablar de sus bodegones como de un cruce entre Matisse y, salvadas las distancias, Valdés Leal o el Goya del "cordero desollado" del Louvre, pasando de camino por el cloisonnement de Rouault. Recuerdo su delicado sentido de la proporción y de la composición, su capacidad demostrada para las obras de aparato. Recuerdo sus siempre excepcionales dibujos, en los que emergía un tipo de chica muy madrileña y muy de los noventa. Sus confidencias sobre la alquimia, dichas a mitad. Una traducción de la correspondencia de Sade con su mujer, entre los pocos libros que él dejaba a la vista. Su manera de citar a Catulo en latín o de cantar ópera en alemán. O los excelentes poemas de los que él parecía tener vergüenza.

Reproduzco aquí algunas de las ilustraciones que Raúl hizo en 2003 para mi novela Pleroma. Espero que ello les ponga sobre la pista de lo importante.




“En todo semejante, en todo es el mundo superior semejante a éste inferior. Hay ángeles ejecutando acciones carentes de lógica, copulaciones absurdas, hay ligaduras instituidas por la ley, de modo que el orden se mantenga, todo ello se le abre al conocimiento esclarecido como fenómenos celestes, como jerarquía del mundo de las ideas.”



Vitelio: Mira este amuleto. Es una abeja de oro, nacida por generación espontánea del cadáver de un Apis, buey sagrado de Menfis. Apis es la imagen corporal del alma de Osiris. De ahí que no sin razón cuentan en sus mitos los egipcios que el alma de Osiris es eterna e incorruptible, pero que su cuerpo frecuentemente Tifón lo desmiembra y lo hace desaparecer, y que Isis errante lo busca y lo recompone de nuevo.
En el dorso de la abeja de oro hay labrado casi imperceptiblemente un rostro humano. Mi talismán.
Vitelio: Observa ahora el olisbón. Osiris ha sido despedazado por Tifón. Isis encuentra sus restos en la boca Tanítica. Pero falta el falo, que ha sido comido por un pez llamado oxirrinco. El nuevo miembro de Osiris será de barro, fabricado por las manos de Isis.


El culo de Xantippa está lo suficientemente contorsionado (está a caballo sobre la momia) como para que se vea la base del olisbón, metido en la vagina. Por encima del culo se ven los hombros y el perfil de Xantippa, que mira hacia atrás. De todas partes, como peces voladores en la obscuridad, le caen sobre el cuerpo chorros de semen. El sonido viene de su vagina.
Comensal: Se ha oído un chasquido.
Vitelio: ¿No se habrá roto la tanagra?
Xantippa: Se me ha quedado dentro la mitad.
Putiolano: Isis ha sido fecundada y guarda ya en su matriz el embrión de Harpócrates, elevemos nuestras preces a los astros!







Pltds.: ¿Dónde vas tú, Adonis?
Fanio R.: Por un momento tuve la impresión de que tu rostro tenía colmillos retorcidos... Voy a mi domicilio, supongo que puedo volver aquí otro día...
Planetíades: Y ¿quién te da permiso para salir de aquí a esta hora?
F.R.: He pasado un buen y largo rato con Xantippa, le he pagado. He sobreentendido que ella me daba permiso...
Pltds.: De eso nada, hasta que ella no baje a confirmarlo, tú no puedes salir.
Fanio: Subo a buscarla.
Planetíades: ¡Eh! ¿Dónde vas por ahí? ¿Quién te permite subir esa escalera?
Fanio: Tú me has dicho...
Pltds.: Será posible que seas tan inicuo. ¿Ves cómo tengo el ojo?
F.R.: Rojo.
Planetíades: ¡Pues a ti te voy a poner morados los dos!
Fanio Rulo se deja caer de rodillas, se ofrece a la ira del chulo con los ojos cerrados.
Fanio Rulo: Por la muerte redentora del Cristo al que adoras, perdona mi deuda contigo, oh egipcio, judío o lo que seas.
Planetíades, agarrándole el cuello: Acabas de ponerte en el camino de comprender un misterio magno. No es otra la muerte de Cristo que la de Adonis, el consorte mortal de Echamoth. Recuerda lo que te ha sido desvelado en la hora de Sabaot, arconte de Yaldabaot, y séate permitido reposar entre los cantos de las primeras aves.
Xantippa, desde arriba: Y si Martius es el mes de Ares, Aprilis no viene de abrir, sino de apro. El dominio de este arconte en la dodécada es temible.

vendredi 12 mars 2010

news

Se puede votar por una de mis odaliscas al pastel en Saatchi. (parte de abajo de la pantalla)

Vous pouvez voter pour une de mes odalisques au pastel chez Saatchi. (descendre un peu sur la page)

Aussi le numéro de mars de La Revue Littéraire porte un récit critique de mon invention.

jeudi 4 mars 2010

mercredi 3 mars 2010

portrait de Dahlia


La Dahlia, comme une fleur méconnue, dessinait des lèvres d’innocence sur les paupières fermées des corps non plus touchés de la Rose et la Blanche, absentes de la toile. Comme sur la fleur brodée de rouille d’un urinaire de province, sur elle pleuvait l’or de mon désespoir.

(petit hommage à un pseudo - se plaint la fleur d’être déjà fanée ? - digne d’une Kiki de Montparnasse... qui soit en même temps Colette ou Anaïs, et s’entende parfaitement avec Gertrud)

L’on croit connaître et pas se souvenir, cette fleur qu’on ne sait pas dessiner, pendant qu’on a eu Rose demi nue et Blanche qui nous volait des baisers et qui se baignait nue dans l’étang, pour qu’on la connaisse et sache la peindre, mais Dahlia comme une femme secrète m’a tout juste montré la peau de ses pieds rendant les chaussures à la grise moquette comme on rend un masque vénitien.