mercredi 19 mai 2010

planche *** d'Eve

*

planche 882

*

(préambule)

les biographes nous font savoir des choses

que Diogène et sa femme et disciple

jeune et précocement érudite et féminine

s’accouplaient sur les marches de l’agora

ce n’est pas l’orgie communiste

ou Fourier

c’est un maître monogame

qui a affranchi son esclave pour ne pas partager

ses aumônes

c’est la liberté

*

Fourier a été une prompte lecture

d’Eve Livet, et l’on a parlé

les premiers jours de notre vie en commun

*

sur la planche contact avec des chiffres au feutre rouge

l’intimité d’Eve et d’un jeune intellectuel marocain

surtout lui torse nu une seule fois

en fin de rouleau et à l’extérieur

sur une plage semblablement

geste banale de protection

d’autres extérieurs sur marine portuaire

ce sont ses poses les plus étudiées

*

il n’y aura que des volcans

et le magma fera oublier

aux voyeurs et à la vapeur

les pingres voyages de nos armures

semble pressentir se portant la tête

aux mains qui devront parler

le jeune grisâtre qui écrit

orgueilleux profil nonobstant dans la concentration

deux bougies de cire rouge sont posées

dans la noirceur politique de la nuit

sur les verges argentées et hautes

des chandeliers

*

Le jour suivant il porte un bonnet marocain

et la définitive chemise blanche

l’espace semble un palace

chez lui murs blancs et un matelas

ou chez elle ou à l’hôtel

tu me diras demain si tu le lis

magistrale 25A 26

perspective à longs rideaux blancs

l’amant perdu au centre du regard

tel un monarque dont on ignore

le prénom et la fureur

encadré par l’air cubique

et un fond neutre et plus lunaire qu’un écran

un mur blanc

le gris lumineux et comme de porcelaine

ou encore le visage d’un fantôme

derrière sa chaise centrale

qui était pivotale dans l’instant du cadrage

comme un amant

comme un roi

comme un philosophe scélérat

qui a su te prendre avant en photo

dans le sourire de l’artiste

dans la proximité de la faiseuse d’images

dans celle de qui est elle-même image privée

qui se partage avec peu

ou qu’on donne généreusement au peuple

au nom du progrès

la beauté qui vient de naître dans les yeux

les bras détendus, offerts et réflexifs

il t’a fait des beaux portraits

ce jour-ci

*

la jalousie du montage

qui me fait dire lundi, dimanche, samedi

vient d’une photo finale de toi

trois portraits de toi en fin de rouleau

et d’un premier positif

comme un jeune nu qu’on rencontre

viril et offert, sachant, sachant

*

(après l'interlude)

*

En fait cet écrivain était bon acteur

les jeux du regard et les mains

du peuple et du magicien

tasse de Limoges pour le thé

danse devant un grand miroir

il vous montre un papier pour témoigner

de vos oublis

il signale

il dirige l'orchestre du cyprès

ébahi, furtif, à la fenêtre

il vous abandonne sa chambre

seule nature morte du rouleau

*

(après la planche)

*

L'ironie de l'aube me fatigue déjà

par sa musique des airs

et je range la planche contact et les négatifs

je retourne le dossier

au feutre fin est écrit un prénom

et l'année 1994 à Genève

rien ne manque pour surprendre et affaiblir

dans la loi des voyages aller-retour

comme les 1001 nuits les prouesses

de l'obscurité sont avant tout des chiffres

et des pays au dessus des nuages

*

mardi 18 mai 2010

pranayama imperial (extracto quintaesencial)

Este pasaje alquímico y filosófico de mi última novela en el mercado *ver enlace con amazon, está destinado a los poetas y poetisas herméticos, que podrán agrandar la imagen clicando.

Este pasaje de varias páginas posiblemente "saltaría" o desaparecería en una edición más convencional de esta serie de novelas que constituyen al mismo tiempo mi diario íntimo y pequeños objetos de arte *edición numerada de seis tomos ilustrados con veinte dibujos (más ciertos álbumes fotográficos en tres de ellos)






samedi 15 mai 2010

planche contact d'Eve n°223

*

Je mets sur toi mon peignoir Yves Delorme

blanc cassé, gris poule, et noir de vigne

japonisant sommeil, la valise de carton

est comme un sexe de géante

un seul dossier à présent

toujours rue Marie Stuart

*

planche 223

une amie d’un ami

le rouleau c’est un service à cette actrice de théâtre

sur les clichés plus cruels

sur les mi-tons et le lait de la clarté

sur une vie à rejeter le chiromancien

ou le vieux singe méprisant que je suis

entend parler la tumeur

d’une haine mortelle qu’on hérite

de l’Espagne qui a fait notre corps

la disgrâce de la bonne volonté

sur les plus cruels pardons de l’obturateur

d’autres coupures donnent des statues classiques

l’ampleur de ton style indestructible

peut faire un simulacre de déesse

d’après le meilleur des jeunes filles

de la ville

peut dicter la théologie du photographe

la cathédrale du portrait

les fouilles de l’intelligence

le récit historique d’une pose

d’une statue d’un Louvre

crépusculaire et de noirceur grecque

notamment 19A 20

d’autres la mettent dans un rôle d’Ophélie

comme 26A 27

d’autres la mettent dans un rôle d’Ophélie

pour la noyer dans un poème obscur

où la jalousie du temps abolit ses jours

et d’un regard de star fêlée sur la lampe de nuit

elle, elle, elle

elle semble protester du destin

qui a planifié de la trahir

*

Algunos mensajes esotéricos



Intermède pour les planches contact d'Eve

*

L'étoile est une croix ?

Est-elle l'endroit de feu d'un sacrifice ?

Loi du Ciel, l'influence des astres

Celle-ci est ma Prima Materia,

du cosmétique,

et je la brûle en moi-même

dans le coït avec l'image.

Mais pourrai-je peintre

porter ces fugaces photographies

en linge étendu sur la planche

entrevues comme dans le timbre

de toutes les lettres d'amour d'une aventure

les porter au spécialiste lecteur de poésie

qui n'aime pas comprendre tout de suite

un vers, une photo, une femme ?

*

Une balade qu'on aime reprendre

de distances qui se télescopent dans le cliché

brouillard qui nous montre une forêt qui marche

une armée d'arbres de la lune qui s'éveillent le matin

lors du tirage sur le papier baryté

mais aussi le lieu où cacher les blessures du plaisir

les rencontres et l'armure d'argile blanche du monde

le lieu et l'idylle de la métamorphose d'Adonis en rose

l'imitation de notre mort

et de nos dernières paroles

quand ce que nous voulons

est l'image d'un visage oublié

qui nous mordille dans les négatifs de nos veines blanches,

dans la tranquillité maladive du fragment

qu'Eve laisse enterré comme une oeuvre alchimique.

*

un tirage en entier viendra

riche en ténèbres

où l'oeil se calme et s'enivre

de bouts de papier auxquels vous attribuez

la qualité du sacré de tout objet physique pour le derviche.

L'aumône est la création d'un ange

et ainsi est le souvenir.

*

vendredi 14 mai 2010

Eve y Buda



Ne va pas si vite, tiens ma carte de visite. Le Bouddha sera passionné, ce soir, lui, enfant ou en tout cas ascète immature, nourri par les membres de la famille ou du monde, mort dans l'oubli du zen, de la magie.

mercredi 12 mai 2010

planches contact d'Eve non numérotées

*
Je suis un secrétaire poétique

aujourd'hui ce sont les saints de glace de la lune rousse

je trouve les artistes trop pris dans des pratiques de bon sens

dis-donc, c'est du travail de cuisiner le chou pendant qu'on poétise

averses sans chauffage semaine prochaine

l'artiste s'occupe de moi et je m'occupe de l'artiste

j'invente ce métier de l'archive d'ombre

*

Sur ces clichés

quelle part pour l'éternité ?

Ils ne sont pas numérotés, trop tôt, trop loin

les chandelles sur la tarte

sont ponctuelles, Claudie regarde

la botte de feu d'une vingtaine ardente

sur l'obscurité du chocolat

premiers autoportraits d'Eve au miroir

ses jambes

sa pose de photographe complique

la longue robe en soie

sa mère la main sur le clair-obscur

d'un piano qui n'existe plus à jamais

partition en auréole, lumière tiède et précise

rare image d'une grande-mère sur le cliché

enfin des ancêtres qui restent à côté de nous

Eve sourit, l'on dévine

enfin une main pour saisir les deux soeurs

une fois les bougies éteintes

*

encore sans chiffre, même dossier

des beaux jeunes qui posent dans l'arabesque

encore méconnu d'un palais de conte

dans une ville touristique mais discrète

transition démocratique espagnole

instant politique d'inconscience

dans les visites exclusives

des couloirs de gypse et de luxe

dans la virginité musulmane

de l'Alhambra de Grenade

aux années quatre-vingts

j'aurais dû le dire avant

*

mardi 11 mai 2010

À propos de "Paris, je t'aime"

Je trouve beaucoup mieux les tee-shirts I love Paris que les tee-shirts I love NY;) Il faut faire une place à ceux qui comme Léon Paul Fargue ou Nerval ont écrit à propos de Paris, sous le mode de l'émerveillement. Ils se font rares dans ces temps de déprime sécuritaire et de morosité. Je trouve très valables les yeux encore adolescents qui écrivent des textes littéraires dans cette tradition, avec la maturité qui se perd avec l'innocence, et suis curieux du traitement réservé au Paris vicieux qui s'affiche partout. Livre à faire lire aux jeunes universitaires, comme je l'ai été, pour leur faire connaître la persistance du mythe d'une ville. Chacun dresse son portrait poétisé dans la description de Paris, et je suis avec mon écriture en français comme deuxième langue exactement dans la même tradition que Myriam Thibault, qui est celle, comme souligne Anne Procureur, celle du début de siècle, en même temps que celle d'une redécouverte du charme parisien.

Relisez par exemple Satori in Paris ou Tropic of Cancer, avec votre anglais à vous, et dîtes vous que dans l'ensemble la déprime française disparaît avec des livres ou des tee-shirts I Love Paris. Peu de gens osent débuter en se manifestant si ouvertement. La mauvaise conscience veut toujours se parer de masques tragiques empruntées.

Loin de me sentir aigri, j'ai toujours apprécié l'amour populaire des villes. Chez moi, en Espagne, dans ma jeunesse contemporaine de La Movida, il sonnait encore le dicton "Todo es posible en Granada", et j'ai passé d'un charme gitan à un charme purement esthétique, où il n'y a pas non plus des impossibles, ce qui me rend gourmand des nouvelles de Myriam Thibault.

samedi 8 mai 2010

planches contact d'Eve (1)





*


planches contact d’Eve (1)

Les hommes veulent voir l’intelligence chez le pervers

l’intelligence elle est partout, elle est comme une faiblesse humaine

qui dépasse la stricte spécialisation du malade ou de l’idéologue

*

innocence du débutant et remords de celui qui se sait mortel

Lune et Apollon de la sagesse

elles restent dans l’imprévu d’une photographe classique comme Eve.

*

Elle ne sera jamais plus livrée à son esprit

que dans les planches contact qui précèdent de dizaines d’années ses tirages.

C’est cela qui m’inspire le plus dans sa photographie

l’éveil apocalyptique

de ces dossiers qui regroupent des planches contact avec

pour titre de l’oeuvre

les dates et les lieux

des époques d’une vie

*

On y peut trouver tout, le concept est aboli, le style est indestructible,

sauf le lieu où une oeuvre définie telle l’Alhambra

se réserve plusieurs gros dossiers

où les années de fréquentation du palais

se présentent nues et concentrées

comme dans une mystique orgie royale

faite jeu d’échecs et tragique miroir

dans le désir de lumière du noir

*

Les photos de famille utilisent le blanc et noir

regard d’artiste

et la soeur cadette au fil des années

finit par être une modèle et une muse discrète et modeste

inconsciente de sa beauté et de l’ambition

dans la franchise et la patience du photographe

dans la magie offerte de ses gestes

rien n’est connu du trésor d’une vie de femme

dans la fidélité de ce métier moderne

*

je vous parle aussi d’une femme écrivain

d’une réalisatrice

d’une modèle et muse de plusieurs peintres

métier enivrant et énervant de rendre la vue

*

planche 332

Ce regard de masque grecque

dialectique et d’Artémis

fille d’une maîtresse du dieu

ces contrastes nécessaires à l’élucidation du profil

ce regard de la soeur dans un autre premier plan

qui semble appris d’elle

l’une pose pour l’autre

s’essayant le même moulant noir

ces horizons où l’on perçoit le palace andalou

ces prises d’image comme des gravures

ces personnages d’un matin de soleil

à la porte du bar Pepillo dans la Carrera del Darro

qu’on apprend à connaître dans le sourire et les longues histoires

vieillards séducteurs ou merveilles d’une vie

annoncés par le serveur qui poétise leurs surnoms

et tout cela dans le calme et la chasteté

d’une rivière complice

du courant du négatif

la jeune et belle étrangère qui prête

sa caméra pour poser avec ces êtres de mémoire

*

planche 622

ces chats inexpressifs qui nous regardent

curieux de nos ombres dans l’appareil du poème

chaque chat de la ruelle aura son instant de gloire

et cela les intéresse et les laisse pensifs

rois du flou et des fenêtres

il n’y aurait rien à dire et je serais pur délire

si ce n’était de l’art

le refus dans le regard d’une bourgeoise âgée sous la loupe

plongeante d’une amatrice décidée

les terrasses dans des jardins à la diable

plusieurs torses déhanchés de sa soeur dans les colonnades

le profil frontal d’une courtisane de Botticelli

encore plus fragile instant

ou semblable à l’animal de sagesse chez le chat

mais soucieux de la mode

si nerveux qu’une magazine feuilletée dans le couloir de la mort

parfait avec la douleur d’une providence

les pères vus de loin

qui semblent encore jeunes dans la tiédeur de l’ombre totale

quelques portraits répétés pour des doutes

quelque faute dans la trahison du souvenir

semblables à une image pieuse de Satan

les chats savent entendre la fureur

du métier et de l’art féminin

qui leur prête une attention d’amoureuse ou d’enfant sérieux

pour l’esprit il n’y a rien d’autre à faire de mieux

*

mercredi 5 mai 2010

dimanche 25 avril 2010

Le singe et le merle

Le singe et le merle se mirent à écrire
amusé des tournures difficiles de la main sur la feuille
le singe raconta ses origines, sa conversion à l'humain

alors le merle écrivit une lettre au singe
parce que dans la partition musicale
il avait caché un charme
par lequel l'ange viendrait séduire l'humain

le singe imita la musique du merle
par de jolies grimaces sur la feuille

ainsi le merle sut le parfum du mammifère
tenant son discours avec les airs favorables
par des respirations et des protestes d'amoureux
prises et lancées du vide de la magie

il sut que le singe avait bu
de Dieu la liqueur amère du silence
dès que ses traits s'étaient mis à danser
sans une autre musique que l'ivresse

et il entreprit de le réveiller les matins
avec désir et envie, comme un ange méchant
mais aussi avec la providence de l'amour
comme un rêve inspirateur qui nous sort du lit

le singe se mit à lire
il se trouvait bien imité
il félicita les trouvailles
et il ne fit rien du tout le reste du jour

vendredi 23 avril 2010

reponse à leo

La mort est une amie intime que le suicidaire prend par viol. Il faut attendre qu'elle vienne à nous, distillant la résine d'un baiser longuement attendu.

aux photos d'Eve Livet

à tous les vins forts de la vie l'image veut que nous tenions
nous soumettons l'image au régime de l'espace, à l'économie
mais ces vins forts sont là

les vins noirs et l'eau lustrale
dans les perles savoureuses de deux grenades
tel une jouvence fêlée qui sommeille ses plaisirs

l'abstraction de l'instant dans un rempart ambulatoire
et dont la solidité est faite pour la guerre et pour l'exaltation
tout angle comme le tir de l'arbalète et le mépris royal

le chat de l'oeuvre, logé dans le sceau de la chimie du pauvre
nous avertit des passants, à nous qui buvons son vin interdit
à nous qui attendons les secrets depuis l'instant vécu, à la porte

l'oeil précis qui nous adresse au fond de la pente
soutenu aux arômes de la montagne à vue d'aigle ou de sorcière
l'oeil vole dans l'arôme sur un terroir peuplé d'une chapelle

c'est l'Andalousie, incommunicable, vin fort qui nous assoit
en silence se passe notre photo mourante pour le repentir
les ballons pleins d'eau attendent les petites destinées

des rares femmes qui oeuvrent par leur beauté
font le choix des peintres qui se succèdent tels les styles
et dont le souvenir nous vient chargé d'objets précieux

ce sont elles qui lisent dans la jupe de l'enfant
la rage de vivre qui sort respirer au balcon
la jupe est de gitane, une petite artiste

dans le quartier des pauvres chaque rue est un escalier
les maisons tombent comme les dernières dents du sage
la bicyclette est notre ânesse et l'on met toute adresse à la peindre

le grenadin répand de la monnaie au pied d'une croix de fleurs
des groupes d'enfants la font d'oeillets, bois, céramique et nappes de soie
sans qu'il leur manque le cuivre et le sourire

des gifles reçues Dieu a les joues noircies dans sa vitrine
le coeur surprit du flash, le regard d'une psychologie qui n'est pas d'ici
il a bu avec nous la lie de son sang
des meubles pour se prosterner, des fausses fleurs pour l'éternel

plus on s'attarde sur Dieu plus on sait qu'il est déjà ailleurs
ivre perdu d'une douleur et d'un plaisir extatique
il se sent flotter dans son église, il se perd dedans
la pitié première nous impulse à nous faire remarquer de Dieu

un éclair dans la poitrine d'une mère de Dieu est la dernière coupe de vin qui nous évanouit
son fils est mort et il était Dieu, elle semble crier
le cadavre est trop triste à bercer
la pudeur rend gris les deuils du ciel

caché derrière les fleurs et les reflets de l'intelligence
le gris des mortes statues qui simulent l'instant sacré
nous révèle le spectacle de nos âmes qui veulent encore un verre
encore un verre de Dieu, une découpe de sa jeunesse

la fréquence des prières des mères nous rend lucides
le temps revient de savoir où l'on est
l'église est un lieu de mémoire et d'oubli
oeuvre d'art qui nous fait désespérer
nous ne pouvons entrer dans un souvenir
mais savons reconnaître l'oubli dans ses contrastes et ses lignes de fuite

Une croix est un arbre qui se fait connaître
un palmier, un cyprès, un arbre nu dont on ignore les fruits
la voiture de chacun, au soleil, l'auteur blasphème
connaissent un jour ses branches qui tiennent une petite lanterne
et le pubis de la pierre qui est sa racine
et le sel d'argent du souvenir de ce repas dans l'arbre

jeudi 22 avril 2010

dimanche 21 mars 2010

Nigra Fair

Nigra Fair was followed by a number of Gods, fortunate mortal

as Faire are to be in head of godship as we call godhead.

Black gods were devoted to humanness and to labour and the metal

of first creators First Nigra Fair inside were on the hollows of head.

Gods were booden swords of fight against spirit, or illness or madness

of men intruded to adult mankind and of fight against the rapture of children by fate.

You muste be intruded to which they ate

and to sensual sadness

of ancestral birds dialogue and its fairie signification.

Hate was a delicious drunkenness to give to oneself

such they were made in manner of style of each nation

Stronger than one sole nation was Nigra Fair

and she employed herself to various matters and prayers.

Witchcraft occupated her in a non-stop war.

She was known by sorcerers as a betrayer

kind of beberage, as a charm over the charm,

and therefore they smiled of their defeat.

Eating lions was in her sound !

.

The African diaspora or this first Nigra rapture by white devil

left a falling swing of kind and wise in her,

but stronger than one sole nation she could move earth

and times become faster and the Abraxas of voice expanding

power and unavoid the dance and the hunting of pleasure.

.

The knight was told by latin books that this Fair

was far in the horizon womb of death and birth

and must be known firstly as magic companion

and be respected. Mental image was useless

onions of paperback and the kings of any pleasure.

The knight sang a fair calling on the mountain road

and founded a castle on a fishing net and a moon

reflected by dust, and some superstitions on sacred,

as he knew in flesh a goddess and was told

the music of repeated O and the coloured dawn of an opium flower

He and She equally artists, black and white fotos

united them both in the kiss of the unique moment

and of scissors of witchcraft in order of composition.

Insistence on a work made heavy colors and distortion

of pelvis in the search of union with eye of sex.

The stranger fair appears in the land of tired

so is said by prophecy and my tips percussion so anounce.

The beberage of slavery is not expensive to forget

and is like a greek voluta or a vicious fight in bed.

.

Revolution of planets onto a lot of stercoris

persistence of life in a living town

milk of snow terror lust

conversion onto foolish apocalyptical

accomplished by war sphere strenght to betray

unsayeble glances of fortune statues

my dream evening coffee sky and cold fire of she-planet

.

mardi 16 mars 2010

Lo importante (dibujos de Raul G.Reyes)



©

A mi profesor Juan Cabrera, con el que yo tenía un trato confidente y algo familiar, yo le repetía que la obra de Raúl G. Reyes era IMPORTANTE. El se irritaba del aire irrebatible que yo daba a mi defensa de ese compañero genial e incomprendido...

Poco sé del Raúl que sigue pintando. Recuerdo que obraba con betún de Judea para empastar y apesantar los colores de sus bodegones, herederos de Braque y Gris, pero también de Morandi e incluso de las naturalezas muertas de Balthus. Visto de otra forma se podría hablar de sus bodegones como de un cruce entre Matisse y, salvadas las distancias, Valdés Leal o el Goya del "cordero desollado" del Louvre, pasando de camino por el cloisonnement de Rouault. Recuerdo su delicado sentido de la proporción y de la composición, su capacidad demostrada para las obras de aparato. Recuerdo sus siempre excepcionales dibujos, en los que emergía un tipo de chica muy madrileña y muy de los noventa. Sus confidencias sobre la alquimia, dichas a mitad. Una traducción de la correspondencia de Sade con su mujer, entre los pocos libros que él dejaba a la vista. Su manera de citar a Catulo en latín o de cantar ópera en alemán. O los excelentes poemas de los que él parecía tener vergüenza.

Reproduzco aquí algunas de las ilustraciones que Raúl hizo en 2003 para mi novela Pleroma. Espero que ello les ponga sobre la pista de lo importante.




“En todo semejante, en todo es el mundo superior semejante a éste inferior. Hay ángeles ejecutando acciones carentes de lógica, copulaciones absurdas, hay ligaduras instituidas por la ley, de modo que el orden se mantenga, todo ello se le abre al conocimiento esclarecido como fenómenos celestes, como jerarquía del mundo de las ideas.”



Vitelio: Mira este amuleto. Es una abeja de oro, nacida por generación espontánea del cadáver de un Apis, buey sagrado de Menfis. Apis es la imagen corporal del alma de Osiris. De ahí que no sin razón cuentan en sus mitos los egipcios que el alma de Osiris es eterna e incorruptible, pero que su cuerpo frecuentemente Tifón lo desmiembra y lo hace desaparecer, y que Isis errante lo busca y lo recompone de nuevo.
En el dorso de la abeja de oro hay labrado casi imperceptiblemente un rostro humano. Mi talismán.
Vitelio: Observa ahora el olisbón. Osiris ha sido despedazado por Tifón. Isis encuentra sus restos en la boca Tanítica. Pero falta el falo, que ha sido comido por un pez llamado oxirrinco. El nuevo miembro de Osiris será de barro, fabricado por las manos de Isis.


El culo de Xantippa está lo suficientemente contorsionado (está a caballo sobre la momia) como para que se vea la base del olisbón, metido en la vagina. Por encima del culo se ven los hombros y el perfil de Xantippa, que mira hacia atrás. De todas partes, como peces voladores en la obscuridad, le caen sobre el cuerpo chorros de semen. El sonido viene de su vagina.
Comensal: Se ha oído un chasquido.
Vitelio: ¿No se habrá roto la tanagra?
Xantippa: Se me ha quedado dentro la mitad.
Putiolano: Isis ha sido fecundada y guarda ya en su matriz el embrión de Harpócrates, elevemos nuestras preces a los astros!







Pltds.: ¿Dónde vas tú, Adonis?
Fanio R.: Por un momento tuve la impresión de que tu rostro tenía colmillos retorcidos... Voy a mi domicilio, supongo que puedo volver aquí otro día...
Planetíades: Y ¿quién te da permiso para salir de aquí a esta hora?
F.R.: He pasado un buen y largo rato con Xantippa, le he pagado. He sobreentendido que ella me daba permiso...
Pltds.: De eso nada, hasta que ella no baje a confirmarlo, tú no puedes salir.
Fanio: Subo a buscarla.
Planetíades: ¡Eh! ¿Dónde vas por ahí? ¿Quién te permite subir esa escalera?
Fanio: Tú me has dicho...
Pltds.: Será posible que seas tan inicuo. ¿Ves cómo tengo el ojo?
F.R.: Rojo.
Planetíades: ¡Pues a ti te voy a poner morados los dos!
Fanio Rulo se deja caer de rodillas, se ofrece a la ira del chulo con los ojos cerrados.
Fanio Rulo: Por la muerte redentora del Cristo al que adoras, perdona mi deuda contigo, oh egipcio, judío o lo que seas.
Planetíades, agarrándole el cuello: Acabas de ponerte en el camino de comprender un misterio magno. No es otra la muerte de Cristo que la de Adonis, el consorte mortal de Echamoth. Recuerda lo que te ha sido desvelado en la hora de Sabaot, arconte de Yaldabaot, y séate permitido reposar entre los cantos de las primeras aves.
Xantippa, desde arriba: Y si Martius es el mes de Ares, Aprilis no viene de abrir, sino de apro. El dominio de este arconte en la dodécada es temible.

vendredi 12 mars 2010

news

Se puede votar por una de mis odaliscas al pastel en Saatchi. (parte de abajo de la pantalla)

Vous pouvez voter pour une de mes odalisques au pastel chez Saatchi. (descendre un peu sur la page)

Aussi le numéro de mars de La Revue Littéraire porte un récit critique de mon invention.

jeudi 4 mars 2010

mercredi 3 mars 2010

portrait de Dahlia


La Dahlia, comme une fleur méconnue, dessinait des lèvres d’innocence sur les paupières fermées des corps non plus touchés de la Rose et la Blanche, absentes de la toile. Comme sur la fleur brodée de rouille d’un urinaire de province, sur elle pleuvait l’or de mon désespoir.

(petit hommage à un pseudo - se plaint la fleur d’être déjà fanée ? - digne d’une Kiki de Montparnasse... qui soit en même temps Colette ou Anaïs, et s’entende parfaitement avec Gertrud)

L’on croit connaître et pas se souvenir, cette fleur qu’on ne sait pas dessiner, pendant qu’on a eu Rose demi nue et Blanche qui nous volait des baisers et qui se baignait nue dans l’étang, pour qu’on la connaisse et sache la peindre, mais Dahlia comme une femme secrète m’a tout juste montré la peau de ses pieds rendant les chaussures à la grise moquette comme on rend un masque vénitien.

vendredi 26 février 2010

poème 25210


.

Je travaille des regrets la ligne sûre,

je cherche une image comme on cherche les lunes

d'un papillon dans un livre, d'une sauvage soumise,

la ligne sûre

du secret tissu de l'araignée de la mémoire.

Mon travail du regret est le règne sublime

d'un drakkar ou d'un pinceau qui parcourent les vagues

d'un air distrait et concentré,

mais il se passe dans l'après-coup.

Un cycle de conférences à la Fondation Ricard.

Une édition introuvable à l'Université de Grenade.

Une petite danseuse de flamenco.

Ta première bouffée d'air entre les jambes de ta mère.

Je cherche et je trouve l'androgyne, le Mercure.

L'image est une reine abandonnée aux chiens du bois.

La nuit est nocturne dans notre vol dans l'air.

Hélène, voit Paris languir de passion paresseuse.

La rose à la bouche comme un collage.

La fourrure d'un secret bourgeois.

Bye, bye, love. Une pisseuse.

L'image unique, monotone et intense.

Ton visage n'est pas un visage mais une porte.

Tes bras sont dionysiaques et circulaires,

ta main termine l'oeuvre des dieux

par ses doigts gracieux et par sa traditionnelle trahison,

douce comme le miel est l'effronterie de ton regard bleu turquoise.

Je te compte parmi les blondes, cheval symbolique de la pensée.

Tu es la fiancée du soleil disent-ils,

et j'ai la copie parfaite de tes lèvres

dans mon cou ce soir, amère euphorie qui dure à la Lune.

La fièvre de la Fée Morgane est une ligne sûre

qui m'a fait perdre la peur d'être torse-nu dans un catalogue,

qui m'a fait deviner pour les amis et endormir un enfant avec des contes.

Le regret ferme à la cendre la paupière des jours.

Tableau qui s'épuise et renaît.

vendredi 19 février 2010

Oliva y lino


sin palabras una música en mi mano que brinca y decae

cuando medito en la dharma de la pintura en la inspiración

puede ser que cierto sonido permitido te cantase la melodía budista

puede ser que fuese el Gallo el clic clac de un reloj

para llorar, el Perro y el Tigre, el Mono, el Búfalo,

los años vienen a tu puerta, desesperados, pidiendo permiso

adjetivos de todo empujando a la vez en tu semejanza con Buda

femenino y de vidrio arco iris en una romana pintura de cera

confundir el mármol de ambas naciones del rojo color y diferentes astucias de blanco

primer pintor que conocí, Felipe, aún trabajando en tintas de grabado y teselas

el clásico que va cubierto del polvo de olvidar

la enfermedad en lo oscuro de un mirar y de un brazo de tragedia

la dorada sosez de las obras maestras

la repetición de las rosas en una mejilla

sensible a ligeras disminuciones del espacio.

Buddhist

*

Lust of space was my father's house

on my guilty child-hood

Ants concentrated myself on a point

and females of Nature I squetched on secret papers

Devoted love of a mother enivrated and sharpened

my older and wiser almost distorted gesture on intelectual errors

so I proffessed atheism in my very child-like manner

and I suffered the torture of heresy on schoolish loneliness and pains


All was propper beauty and details taken from a museum

and some silent discussion with the wilderness of ground

counting counted and polished by some river stones

in two shady colours of snows and night set on a walk

to the microscopycal fountain of this southern garden

to count, cunctare, put together as did the master

with girls and I with mastered innocence

silent enlighted fanatism of love shoving me on seduction

and the dance of the male among paradise birds

I need my father again but I live so far and so different

I could nevermore perceive the same feelings

I would be lost in the illusion of space

where my mother likes to live

as her lifely wife

and my love.

*

Greetings old woman you're dead and I still remember

glasses of wine you put on my teenage table

to make me a man, mother of my father.

Drunkenness of memory spots you alive on time's noirceur,

I drink the first breaths of youth and I think of you

I have none other a prayer than your's

and this woman's whose words sounded you as music

the last time I introduced a woman to you where you were.

*

Sensible to slight diminutions of space

repetition of roses on a cheek

golden fadeur of masterpieces

illness in the dark of a glance and a shoulder of tragedy

classical one covered withe the dust of forgetting

first painter I met, Felipe, still working on engraving inks and tessels

to puzzle marble of both lands of red colour and different skills of white

femenine glass rainbow on a roman wax painting, everything's

adjectives coming together on your Buddha likeness

years come to your door, dispaired, asking for permission

to cry, the Dog and the Tiger, the Monkey, the Buffalo,

maybe it was the Cock that knocked the clock,

maybe some sound you allowed sang you the Buddhist melody

as I meditate on the dharma of painting got inspired

without words a melody at my hand's springs and decays

jeudi 11 février 2010

formica


A las muníficas hormigas enseña el fuego del estío los contornos de un único planeta.
Quizá la hormiga muerta, serena al fin, y transportada, se permite mirar en otros fuegos... su mirada es menos que ceniza, como menos que su estío conocido los planetas no nombrados y sin frutos son doctrina pasajera de la larva y el cadáver, blancos, invernales, subterráneos.
Hormigas del norte y hormigas del sur, por turno vienen al fuego doctrinario, el mundo o planeta se divide y un cinturón de eterna hormiga a sí mismo en el sueño de la larva extraña o el cadáver lo vincula, a sí mismo en el munífico planeta no nombrado.
Es útil el invierno, a los ojos de ceniza de la hormiga para olvidar los contornos de ese planeta ardiente y ser larva sin serlo, como no puede ser camino el cielo del pueblo, ni el cadáver moverse por sí mismo, sino dormir en la cueva sin conciencia del blanco blasón o de la negra armadura, sin otra conciencia que el murmullo de la especie en su otro teatro y quizás la ecuatorial crueldad del fuego eterno que aún en la noche hermana norte y sur en un contorno circular que sólo es vida, vida, imposible ceniza.
Así pues, es vida la conciencia del cadáver, y recuerdo del contorno de la larva la figura del planeta, transportado en su cintura por la oscura vida, sereno y como blanco pensamiento de otro mundo o de la muerte.

.

My. Th.

La Revue Littéraire publie un texte d'extrême jeunesse, un texte "adolescent". Alors, que le coeur de la fraternité, notre riprip, vienne dire que le conte de Myriam Thibault est ennuyeux, ça m'incite à le relire et le lui faire relire. Parce que sa réaction manque à mon goût de raffinement et que je crois que la vraie fraternité est un indice de raffinement qui est dans le desiderata oubliés de la France, aussi en littérature. Et je ferai pire, parce que je compte être avocat du diable, comme on m'avait reproché de faire une fois, à nouveau "à la sauce Jean Clair", tout en sachant que la sauce ne fait pas le style, bien-sûr.

J'utilise cette sauce réputée réactionnaire à l'occasion de ce que je perçois comme un contre-temps essentiel dans ce début de carrière avoué de Myriam Thibault. On a voulu lui reprocher en somme sa fadeur, tandis que moi je trouve que sa publication ne manque pas du souffre et du scandale sourds que j'affectionne. Ce que j'ai lu est une déclaration d'amour très compromettante d'une mineur à un homme de son admiration, avec un post-it téléphonique et une photo. Seul je vois, me semble-t-il, la haute tension de sa pudeur, qui suggère un prompt accomplissement d'un amour et qui nous montre en creux une sexualité dont la loi interdit de prendre connaissance, celle des toutes jeunes filles. La simplicité et la primeur des artifices scolaires, dans la probabilité de que la fille qui a remis son téléphone à un monsieur dont elle nous raconte une imaginaire "normalité" soit vraiment l'écrivaine débutante Myriam Thibault, rendent le récit un méticuleux calcul d'érotisme.

Si le réel n'est qu'une possibilité c'est que nous nous trouvons devant une écriture en prises au fantasme. Mais l'écriture rend tangible cette image portant sa dose de réalité, drogue efficace et définitive. Sur le caractère de "souvenir" du récit je fantasme en tant que lecteur, et hautement. C'est le même intérêt que j'ai trouvé dans le premier roman de Dahlia, ou chez des bloggueuses plus mûres comme Marie Lebrun ou Cécile Delalandre, ou encore certains poèmes de Juliette Bagouet, pour citer juste des femmes que j'ai connu du moins autour d'un petit café Nespresso. Il y en a toujours des femmes qui aiment certains hommes, mais il y a peu de récits ou poèmes dans lesquels la femme, en pittrice, dresse un portrait d'un homme aimé comme ex-voto d'amour. La possibilité de ce que le passage sur la remise de ses donnés soit fictionnel ne doit pas nous décevoir entièrement et relève de la sublimation. Même l'amour ressenti peut être toute une fiction du début jusqu'à la fin, et là le calcul érotique rend encore plus compromise l'âme, puisque l'être aimé dévient l'Inconscient même. C'est un phénomène rare que le clivage féministe semblait avoir extirpé de la vie littéraire. Et le refoulement le fait revenir avec force, en symptôme du début de siècle.

mardi 2 février 2010

ciudad secreta




Las costumbres de la vieja aldea

donde pasé mi juventud, Granada,

me dan caza en la venación nocturna

de los desposorios entre Cleopatra y la víbora

de los cambios de lenguaje entre los dos mundos

del tono severo de los ángeles barbudos

que me esperan en el parisino purgatorio de no saber ser.


Las costumbres mejorables y fatídicas del reo

que se tragan las sombras de su propio interior

me dan caza en la venación nocturna.

...


Giramos solamente en torno a cuatro o cinco

usadas, confusas metáforas en el círculo

que describe la vejez y la infancia, el todo

de lo que habríamos podido aprender,

Barcelona nos mostró su mar y sus dientes.

.

Con el movimiento circular de nuestra intestinal persistencia

somos doctores y autoridad de nuestra mala memoria.

Para una insignificancia nos hemos hecho poetas,

o sea, para rematar la palpitante palabra que nos inquieta,

para repetir el tiro primero de una pólvora antigua,

para la púrpura de nuestro hijo saliendo al mundo en lágrimas animales.

La ciudad secreta nos sugiere su modo

su suspiro de sapo es regreso y manera.
.

Y yo, yo solo solamente presiento

el viento que arrastra en el cieno celeste las rubias metáforas

de una guerra entre los elementos que produce la grisalla

histórica en su simbólica batalla con un dios violento.

He visto fotografías de cientos de multitudes

y recuerdo uno a uno los gestos

y los insensatos poemas de Safo,

la maldición femenina me extravía,

la peste y la danza macabra son la gran imagen de estilo

y en el hilo de mi carrera se anuncia la esfera.

.

Espera ahora, Caronte, espera

que termine de desbaratar y mi ruina

llegue a conocerse bajo el suelo

en el pueblo de amazónicas hormigas que rezan por mí,

las archidemonesas hirvientes y sedientas

con las que mi risa brillará sin vestigio

en el invisible prodigio de mi ausencia.

Espera que eche a los perros la tierra

natal que no me bendijo

y a mi hijo le deje la conciencia blanca y los nervios de hierro.

A tiempo estoy de quemar en un beso

a Cristo mismo y a sus dioses adjuntos :

los apóstoles son sólo puntos

de mi negro designio y mi histriónico destierro,

sus nombres son la cáscara de la nave de los locos,

y a justo título, Caronte, se los lleva la risa.

Por toda conciencia en la silla

me espera una camisa,

misa anochecida del fondo del invierno,

este mes de febrero en que ya nada espero.

Barcelona, llegada de Caronte con crin de serpientes.

.

faerie queene pursuit



She came from far away

This night she was next to a rhum factory

a friend of her boy-friend was a musician

influenced by Russia

played his instrument as an inconscious

phalocrazycal nihilist superman

in the mood of another night

not the day of thick sun rays falling straight

he did not stand sad stories because he had visions

I mean the young painter

caressing her without permission

he was critizist with

some kind of artistic prophecy without alcohol nor sugar

he could drink in order to love better

this woman of his kind, this sweet puzzled being

so far away of reality

this night of sugar and being drunk

.

Telepathy was easy to get worked

but the surface of sardines

was salted and burnt

some sacrilege against chastity

kept away his usual not being able

licked words on her body out of foolish

blue sea of all colours of blue

even nocturnal and breathing full silence

.

Used, confused, polished metaphor

I inherited from songs and lessons

repeating cry of my spanish blood

and the way inconscious shakes hands

while fists scratch a disposition of letters

the concerto of some signs and whispers

why not to sing to tourists ?

.

this is the ballad of simplified life

speaking French all alone about

smoke between table and table

mercredi 20 janvier 2010

Appel SOS aux ELS



Un de ces rares aristocrates espagnols qui écrivent encore, et comment! est le philosophe Ignacio Gomez de Liano. Toujours exigent avec soi-même jusque dans la poésie, il est l'auteur d'une oeuvre foisonnante dans toutes sortes de genres, telle sa transparente philosophie complètement inconnue du public français.

Les Français préfèrent de l'Espagne l'image d'un ordre baignant dans l'optimisme, celle d'une classe intellectuelle au service de la gauche. Une culture illustrative de la pensée correcte. Rien d'étonnant à ce que l'on épargne au lecteur français la lecture d'un homme trop complexe, d'un penseur artiste qui par révolte s'approche de la droite espagnole, d'un aristocrate véritable empreint d'un supposé anachronisme qui rebute.

Pas surprenant que du côté espagnol, ce soient les penseurs aristocrates qui défendent la liberté, face à une petite bourgeoisie qui prône la soumission, le défilé populiste, l'uniformité. La culture espagnole a formalisé toute une suite de lieux communs sur une supposée profondeur, d'apitoiements pieux et rédempteurs et, la seule chose pour laquelle je la remercie, c'est d'avoir sanctifié l'ivresse publique. Et pas de surprise pour Ignacio Gomez de Liano s'il est peu intéressant pour être traduit en français. A plus forte raison que les traductions de l'espagnol en français ont pour objet des journalistes et professeurs mystificateurs et populistes, petits bourgeois dans la tête comme Rivas, Vila-Matas et Munoz Molina.

Les exilés volontaires, intérieurs ou migrants, se voient attribuer les cornes du bouc diabolique et coupable. Même dans la conscience aiguë que j'ai du pauvre, sachant souhaitable toujours le vrai socialisme, je suis sur la longueur d'onde de l'androgyne aristocrate. Je pense à un beau grand crayon de Pierre Klossowski qui dresse le portrait d'un hermaphrodite, et au caractère sévère du personnage de sa femme. Je pense à Mario Praz s'insurgeant contre Benedetto Croce. Pensez à Baltruisaitis ou à Michel Tardieu, dont une bonne partie des études sont consacrés au plaisir de l'erreur. On voudrait que tous les signes s'inclinent vers la même direction, autour de nous, mais l'on se doit de faire l'expérience du contraire.

Je suis conforté par l'idée capricieuse. Elle est faite monument par les volumes d'Ignacio Gomez de Liano consacrés à renverser le fantasme du rapport à l'Orient. L'orientalisme se voit complètement détourné par la thèse d'une origine grecque et juive de la structure du mandala tibétain. Une structure astrologique à usage mnémotechnique serait parvenue du monde hellénique jusqu'en Asie à travers les migrations de sceptiques, gnostiques et manichéens. De gros volumes savants peuplés de merveilles. Et puis il y a le théâtre, le roman, et un passé de poète d'avant-garde ayant fréquenté les beatniks, les tous premiers hippies et le milieu de Dali. Son premier livre fut une traduction de textes latins de Giordano Bruno.

Reste encore un gros volume semblable à un Tractatus de Wittgenstein, mais plus chaleureux, rendu agréable par la conceptualisation de la Chair et par la sublimation artistique des nouveautés cognitives qui, depuis l'Amérique, gagnent du terrain en Europe. Un lourd livre que ni le public espagnol, ni le public français sauraient soulever, tel une épée attrapée dans la pierre d'un mythique avenir de la pensée qui n'a pas de roi. Iluminaciones filosoficas.

Par moments le parti-pris de son livre, auquel la culture française a tourné le dos, dans sa stricte philosophie me paraît réductionniste comme la logique de Quine, mais l'ammoniaque des vieilles traditions de libre pensée me ranime et j'y reconnais leur influence sur Ignacio Gomez de Liano. Il a su intégrer aux penseurs aristocrates une dernière pensée pour le monde. Un excentrique foisonnement de générosité. Dans un roman autobiographique qui se passe à Hong-Kong, il montre de fines connaissances de l'art de la guerre ou regrette la victoire du communisme au Vietnam, par exemple. Quelque chose qui relève d'une lucidité insupportable pour le monde de la culture.

L'initiative de donner de la publicité à des conversions au catholicisme, dans un milieu d'avant-garde comme les Editions Léo Scheer, est une première provocation à la classe politique. Sera-t-elle suivie de la traduction d'Ignacio Gomez de Liano ?

Y aurait-il un éditeur en France qui ait la carrure suffisante pour faire traduire les livres d'Ignacio Gomez de Liano ?

mardi 19 janvier 2010

vendredi 15 janvier 2010

Bhartrihari & Baudelaire (bilingue)


La poesía de Shiva en la India puede ser arbitrariamente puesta en paralelo con Baudelaire y con el decadentismo de D´Annunzio. En uno y otro parecemos descubrir un eco del renunciamiento de los ascetas, por la circunstancia de malditismo del uno, por la torre de marfil del otro. Si consideramos los dos ejemplos de shivaísmo literario que conocemos, el vagabundo Bhartrihari nos puede parecer una anticipación de la errancia estética de Las flores del Mal, y el clasicismo precioso de Kalidasa, eso sí con un poco más de dificultad, nos puede hacer pensar en el esteticismo pronunciado de Gabriele d´Annunzio. Pero si estamos dotados de una imaginación aficionada a las proezas de la interpretación, el punto más seductor es lo que los poetas indios nos cuentan de Shiva, reforzado por el hecho de que no es imposible pensar la influencia que las tempranas traducciones de ambos poetas indios hubiera podido ejercer sobre ambos poetas europeos. ¿Albergaron D´Annunzio y Baudelaire el rescoldo de alguna experiencia shivaíta de contemplación y de metafísica de lo cíclico y de todo lo que comporta el culto de Shiva? ¿Es acaso otro italiano, Giorgio de Chirico, en su pintura "metafísica" alguien influenciado por el creciente interés por el esoterismo de la India en el momento de su educación sentimental? ¿No tendría así más sentido el sarcasmo con el que se desvincularía a continuación del surrealismo y especialmente del movimiento surrealista en lo que toca al materialismo dialéctico marxista (André Bretón, etc.)? Nos sale al paso la cuestión interesante de oponer el vocablo, tan propio a los intelectuales de su época, de "compromiso", al vocablo bajo el que se reúnen los poemas shivaítas de Bhartrihari, que es "renunciamiento".

La poésie de Shiva en Inde peut être arbitrairement mise en parallèle avec Baudelaire et le décadentisme de D'Annunzio. Dans l'un et dans l'autre nous semblons trouver un écho du renoncement des ascètes, par la circonstance du mauditisme de l'un, par la tour d'ivoire de l'autre. Si l'on considère les deux exemples de shivaïsme littéraire que nous connaissons, le vagabond Bhartrihari peut nous sembler une anticipation de l'errance esthétique des Fleurs du Mal, et le classicisme précieux de Kalidasa, bien-sûr avec un peu plus de difficulté, peut nous faire penser à l'esthéticisme prononcé de Gabriele d'Annunzio. Mais si nous sommes doués d'une imagination chérissant les prouesses de l'interprétation, le point le plus séducteur est ce que les poètes indiens nous racontent de Shiva, renforcé par le fait qu'il n'est pas impossible de penser l'influence sur les deux poètes européens. Ont-ils abrité D'Annunzio et Baudelaire la braise d'une quelconque expérience shivaïte de contemplation et de métaphysique du cyclique et de tout ce que comporte le culte de Shiva ? Est alors un autre italien, Giorgio de Chirico, dans sa peinture "métaphysique" quelqu'un d'influencé par le croissant intérêt général à propos de l'ésoterisme de l'Inde au moment de son éducation sentimentale ? N'aurait ainsi plus de sens le sarcasme avec lequel il s'éloigna ensuite du surréalisme et en spécial du mouvement surréaliste dans ce qui touche au matérialisme dialectique marxiste (André Breton, etc.) ? Ainsi vient nous rencontrer l'intéressante question d'opposer le mot, si propre aux intellectuels de l'époque de De Chirico, du "engagement", au mot sous lequel se réunissent les poèmes shivaïtes de Bhartrihari, qui est le "renoncement".

Les agradezco que hayan seguido leyendo hasta aquí. Confieso que tengo una preferencia por las ideas impensables, que producen una suerte de imagen mental nueva y, por lo intensa, placentera, pero que puede no ser compartida, ya que para el sentido común aparece como una excrecencia a depurar. Hay en la experiencia mística del extranjero, como en la del maldito o el decadente, para el hombre medio, un mal olor intelectual, un atisbo de repugnancia que le hacen descartar todo valor en su discurso. Mi propósito es no quedarme en la ensoñación de una idea crítica cogida por los pelos, y profundizar en mi lectura desde esa primera intuición superficial, que pudiera responder a una realidad profunda, pero que no me encuentro preparado para demostrar. Por otro lado, ¿ por qué debiera ser mía esta idea, y ser yo la persona destinada a demostrarla ? ¿ No he hecho suficiente con asociar algunas ideas en un momento de inspiración ?

Je vous remercie de me lire jusqu'ici. J'avoue que j'ai une préférence pour les idées impensables, qui produisent une sorte d'image mental nouvelle, et, de par son intensité, plaisante, mais qui peut ne pas être partagée, puisque pour le sens commun elle apparaît comme une excroissance à expurger. Il y a dans l'expérience mystique de l'étranger, comme dans celle du maudit ou du décadent, pour l'homme moyen, une mauvaise odeur intellectuelle, un perçu de répugnance qui le font laisser tomber toute appréciation dans leur discours. Mon propos est de ne pas rester dans l'enivrement d'une idée critique prise par les cheveux, et approfondir dans mes lectures depuis cette première intuition de surface, qui pourrait répondre à une réalité profonde, mais que je ne suis pas prêt pour démontrer. D'un autre côté, pourquoi devrait être mienne cette idée, et en être moi la personne destinée à la démontrer ? N'ai-je pas fait assez en associant deux idées dans un moment d'inspiration ?

Un certain piétisme dans la malédiction pesant sur Baudelaire le met en rapport avec la religion chrétienne. Chez moi l'expérience du yoga m'a tourné sérieusement sur ma propre enfance religieuse. L'envolée vers la manie de l'esthétique en est la conséquence, cette fois-ci dans la poésie, mais aussi dans l'anachronisme du style en peinture.

Un cierto pietismo en la maldición que pesó sobre Baudelaire lo pone en relación con la religion cristiana. En mi caso la experiencia del yoga me ha vuelto seriamente hacia mi propia infancia religiosa. El vuelo hacia la manía de la estética es su consecuencia, esta vez en la poesía, pero también en el anacronismo de estilo en pintura.

samedi 9 janvier 2010

mercredi 6 janvier 2010

migas de reyes


Se darán cuenta de que soy un muerto más. No hay gran cosa que decir, todo se entiende y mejor olvidarlo. Una cierta alegría por mí, porque todo haya acabado.

O bien junto a mis despojos la desesperación de una vida latirá hasta la locura. No habré podido morir, y seré una serpiente capaz de asfixiar de amor, con los nudos de mi desaparición.

La muerte vuelve elocuente al que escribe rodeado de silencio, las memorias del adusto joven se escriben en el cementerio, cubierto de una losa y comido de gusanos. Los jóvenes se parecen a los muy viejos en la recurrencia de la infancia. Sólo la cuarentena se duele de vivir. Quisiera no presentir más. La caída del hibisco es un pozo ensangrentado... así fue la de algunos emperadores. Es extraño tener el pelo largo. Tan normal la derrota de Sansón. Qué fascinante es la muerte escrita en los ojos de Dalila, cayendo a los senos y perdiéndose en la pedrería del negro y estrellado pubis.

Los ascensores por código son tan difíciles de rezar como el rosario del ADN. Un día estás ahí, y pronto serás clonado sin saberlo.

Las mujeres sosas escuchan las mismas voces de violencia que Juana de Arco, y crían militares como Gilles de Rais. Gozaré de ver arder a las mujeres sosas. Descubriré al fin su milagroso corazón de sal. Los chauvinistas que han fundido a la mujer sosa en numerosos bronzes y la han subido a un caballo no saben que su mejor monumento es un patíbulo parecido a un falo negro cubierto de ceniza.

No me importa ser patético cuando bailo.

Peligrosos cálculos del amor. La belleza es parecida a una intoxicación, y su matemática es el delirio.

Dolor de la pintura de no poder levantarse y seguir al violinista que se aleja. Las formas saben que la música es su madre.

El arte de un peluquero puede volver loca a media Historia, si sabe el poder del simulacro sobre el demonio.

Pero si el peluquero comprendiese la raiz de su arte, dejaría calvas a las mujeres, como ocurre ya a largo plazo y a veces de forma inesperada. El peluquero omnisciente es un dios peligroso. Sólo su humildad lo salva de arruinar el planeta.

Un poco de pelo en algunas partes anuncia el primer amor. Creen terminar con la telepatía desnudándose y volviendo nuevo nudo la calvicie. Nada es transparente.

Las figuras en el cuadro son huérfanas desde que la pintura empieza a secar. Encuentro que es un acto caritativo de parte de Barceló pintar sus frutos con el aceite de unas sardinas en lata, que no secará fácilmente.

Alimentemos el papel con leche fresca antes de envejecer con las líneas de nuestra tinta china filosófica.

Varias son las Rosas y no he conocido la certeza del goze.

La geografía española se parece cada vez más, en las líneas de mi mano, a un repertorio de crepúsculos y volcanes que despiertan. Está ausente el rostro familiar en el espejo del exilio.