mercredi 20 janvier 2010

Appel SOS aux ELS



Un de ces rares aristocrates espagnols qui écrivent encore, et comment! est le philosophe Ignacio Gomez de Liano. Toujours exigent avec soi-même jusque dans la poésie, il est l'auteur d'une oeuvre foisonnante dans toutes sortes de genres, telle sa transparente philosophie complètement inconnue du public français.

Les Français préfèrent de l'Espagne l'image d'un ordre baignant dans l'optimisme, celle d'une classe intellectuelle au service de la gauche. Une culture illustrative de la pensée correcte. Rien d'étonnant à ce que l'on épargne au lecteur français la lecture d'un homme trop complexe, d'un penseur artiste qui par révolte s'approche de la droite espagnole, d'un aristocrate véritable empreint d'un supposé anachronisme qui rebute.

Pas surprenant que du côté espagnol, ce soient les penseurs aristocrates qui défendent la liberté, face à une petite bourgeoisie qui prône la soumission, le défilé populiste, l'uniformité. La culture espagnole a formalisé toute une suite de lieux communs sur une supposée profondeur, d'apitoiements pieux et rédempteurs et, la seule chose pour laquelle je la remercie, c'est d'avoir sanctifié l'ivresse publique. Et pas de surprise pour Ignacio Gomez de Liano s'il est peu intéressant pour être traduit en français. A plus forte raison que les traductions de l'espagnol en français ont pour objet des journalistes et professeurs mystificateurs et populistes, petits bourgeois dans la tête comme Rivas, Vila-Matas et Munoz Molina.

Les exilés volontaires, intérieurs ou migrants, se voient attribuer les cornes du bouc diabolique et coupable. Même dans la conscience aiguë que j'ai du pauvre, sachant souhaitable toujours le vrai socialisme, je suis sur la longueur d'onde de l'androgyne aristocrate. Je pense à un beau grand crayon de Pierre Klossowski qui dresse le portrait d'un hermaphrodite, et au caractère sévère du personnage de sa femme. Je pense à Mario Praz s'insurgeant contre Benedetto Croce. Pensez à Baltruisaitis ou à Michel Tardieu, dont une bonne partie des études sont consacrés au plaisir de l'erreur. On voudrait que tous les signes s'inclinent vers la même direction, autour de nous, mais l'on se doit de faire l'expérience du contraire.

Je suis conforté par l'idée capricieuse. Elle est faite monument par les volumes d'Ignacio Gomez de Liano consacrés à renverser le fantasme du rapport à l'Orient. L'orientalisme se voit complètement détourné par la thèse d'une origine grecque et juive de la structure du mandala tibétain. Une structure astrologique à usage mnémotechnique serait parvenue du monde hellénique jusqu'en Asie à travers les migrations de sceptiques, gnostiques et manichéens. De gros volumes savants peuplés de merveilles. Et puis il y a le théâtre, le roman, et un passé de poète d'avant-garde ayant fréquenté les beatniks, les tous premiers hippies et le milieu de Dali. Son premier livre fut une traduction de textes latins de Giordano Bruno.

Reste encore un gros volume semblable à un Tractatus de Wittgenstein, mais plus chaleureux, rendu agréable par la conceptualisation de la Chair et par la sublimation artistique des nouveautés cognitives qui, depuis l'Amérique, gagnent du terrain en Europe. Un lourd livre que ni le public espagnol, ni le public français sauraient soulever, tel une épée attrapée dans la pierre d'un mythique avenir de la pensée qui n'a pas de roi. Iluminaciones filosoficas.

Par moments le parti-pris de son livre, auquel la culture française a tourné le dos, dans sa stricte philosophie me paraît réductionniste comme la logique de Quine, mais l'ammoniaque des vieilles traditions de libre pensée me ranime et j'y reconnais leur influence sur Ignacio Gomez de Liano. Il a su intégrer aux penseurs aristocrates une dernière pensée pour le monde. Un excentrique foisonnement de générosité. Dans un roman autobiographique qui se passe à Hong-Kong, il montre de fines connaissances de l'art de la guerre ou regrette la victoire du communisme au Vietnam, par exemple. Quelque chose qui relève d'une lucidité insupportable pour le monde de la culture.

L'initiative de donner de la publicité à des conversions au catholicisme, dans un milieu d'avant-garde comme les Editions Léo Scheer, est une première provocation à la classe politique. Sera-t-elle suivie de la traduction d'Ignacio Gomez de Liano ?

Y aurait-il un éditeur en France qui ait la carrure suffisante pour faire traduire les livres d'Ignacio Gomez de Liano ?

mardi 19 janvier 2010

vendredi 15 janvier 2010

Bhartrihari & Baudelaire (bilingue)


La poesía de Shiva en la India puede ser arbitrariamente puesta en paralelo con Baudelaire y con el decadentismo de D´Annunzio. En uno y otro parecemos descubrir un eco del renunciamiento de los ascetas, por la circunstancia de malditismo del uno, por la torre de marfil del otro. Si consideramos los dos ejemplos de shivaísmo literario que conocemos, el vagabundo Bhartrihari nos puede parecer una anticipación de la errancia estética de Las flores del Mal, y el clasicismo precioso de Kalidasa, eso sí con un poco más de dificultad, nos puede hacer pensar en el esteticismo pronunciado de Gabriele d´Annunzio. Pero si estamos dotados de una imaginación aficionada a las proezas de la interpretación, el punto más seductor es lo que los poetas indios nos cuentan de Shiva, reforzado por el hecho de que no es imposible pensar la influencia que las tempranas traducciones de ambos poetas indios hubiera podido ejercer sobre ambos poetas europeos. ¿Albergaron D´Annunzio y Baudelaire el rescoldo de alguna experiencia shivaíta de contemplación y de metafísica de lo cíclico y de todo lo que comporta el culto de Shiva? ¿Es acaso otro italiano, Giorgio de Chirico, en su pintura "metafísica" alguien influenciado por el creciente interés por el esoterismo de la India en el momento de su educación sentimental? ¿No tendría así más sentido el sarcasmo con el que se desvincularía a continuación del surrealismo y especialmente del movimiento surrealista en lo que toca al materialismo dialéctico marxista (André Bretón, etc.)? Nos sale al paso la cuestión interesante de oponer el vocablo, tan propio a los intelectuales de su época, de "compromiso", al vocablo bajo el que se reúnen los poemas shivaítas de Bhartrihari, que es "renunciamiento".

La poésie de Shiva en Inde peut être arbitrairement mise en parallèle avec Baudelaire et le décadentisme de D'Annunzio. Dans l'un et dans l'autre nous semblons trouver un écho du renoncement des ascètes, par la circonstance du mauditisme de l'un, par la tour d'ivoire de l'autre. Si l'on considère les deux exemples de shivaïsme littéraire que nous connaissons, le vagabond Bhartrihari peut nous sembler une anticipation de l'errance esthétique des Fleurs du Mal, et le classicisme précieux de Kalidasa, bien-sûr avec un peu plus de difficulté, peut nous faire penser à l'esthéticisme prononcé de Gabriele d'Annunzio. Mais si nous sommes doués d'une imagination chérissant les prouesses de l'interprétation, le point le plus séducteur est ce que les poètes indiens nous racontent de Shiva, renforcé par le fait qu'il n'est pas impossible de penser l'influence sur les deux poètes européens. Ont-ils abrité D'Annunzio et Baudelaire la braise d'une quelconque expérience shivaïte de contemplation et de métaphysique du cyclique et de tout ce que comporte le culte de Shiva ? Est alors un autre italien, Giorgio de Chirico, dans sa peinture "métaphysique" quelqu'un d'influencé par le croissant intérêt général à propos de l'ésoterisme de l'Inde au moment de son éducation sentimentale ? N'aurait ainsi plus de sens le sarcasme avec lequel il s'éloigna ensuite du surréalisme et en spécial du mouvement surréaliste dans ce qui touche au matérialisme dialectique marxiste (André Breton, etc.) ? Ainsi vient nous rencontrer l'intéressante question d'opposer le mot, si propre aux intellectuels de l'époque de De Chirico, du "engagement", au mot sous lequel se réunissent les poèmes shivaïtes de Bhartrihari, qui est le "renoncement".

Les agradezco que hayan seguido leyendo hasta aquí. Confieso que tengo una preferencia por las ideas impensables, que producen una suerte de imagen mental nueva y, por lo intensa, placentera, pero que puede no ser compartida, ya que para el sentido común aparece como una excrecencia a depurar. Hay en la experiencia mística del extranjero, como en la del maldito o el decadente, para el hombre medio, un mal olor intelectual, un atisbo de repugnancia que le hacen descartar todo valor en su discurso. Mi propósito es no quedarme en la ensoñación de una idea crítica cogida por los pelos, y profundizar en mi lectura desde esa primera intuición superficial, que pudiera responder a una realidad profunda, pero que no me encuentro preparado para demostrar. Por otro lado, ¿ por qué debiera ser mía esta idea, y ser yo la persona destinada a demostrarla ? ¿ No he hecho suficiente con asociar algunas ideas en un momento de inspiración ?

Je vous remercie de me lire jusqu'ici. J'avoue que j'ai une préférence pour les idées impensables, qui produisent une sorte d'image mental nouvelle, et, de par son intensité, plaisante, mais qui peut ne pas être partagée, puisque pour le sens commun elle apparaît comme une excroissance à expurger. Il y a dans l'expérience mystique de l'étranger, comme dans celle du maudit ou du décadent, pour l'homme moyen, une mauvaise odeur intellectuelle, un perçu de répugnance qui le font laisser tomber toute appréciation dans leur discours. Mon propos est de ne pas rester dans l'enivrement d'une idée critique prise par les cheveux, et approfondir dans mes lectures depuis cette première intuition de surface, qui pourrait répondre à une réalité profonde, mais que je ne suis pas prêt pour démontrer. D'un autre côté, pourquoi devrait être mienne cette idée, et en être moi la personne destinée à la démontrer ? N'ai-je pas fait assez en associant deux idées dans un moment d'inspiration ?

Un certain piétisme dans la malédiction pesant sur Baudelaire le met en rapport avec la religion chrétienne. Chez moi l'expérience du yoga m'a tourné sérieusement sur ma propre enfance religieuse. L'envolée vers la manie de l'esthétique en est la conséquence, cette fois-ci dans la poésie, mais aussi dans l'anachronisme du style en peinture.

Un cierto pietismo en la maldición que pesó sobre Baudelaire lo pone en relación con la religion cristiana. En mi caso la experiencia del yoga me ha vuelto seriamente hacia mi propia infancia religiosa. El vuelo hacia la manía de la estética es su consecuencia, esta vez en la poesía, pero también en el anacronismo de estilo en pintura.

samedi 9 janvier 2010

mercredi 6 janvier 2010

migas de reyes


Se darán cuenta de que soy un muerto más. No hay gran cosa que decir, todo se entiende y mejor olvidarlo. Una cierta alegría por mí, porque todo haya acabado.

O bien junto a mis despojos la desesperación de una vida latirá hasta la locura. No habré podido morir, y seré una serpiente capaz de asfixiar de amor, con los nudos de mi desaparición.

La muerte vuelve elocuente al que escribe rodeado de silencio, las memorias del adusto joven se escriben en el cementerio, cubierto de una losa y comido de gusanos. Los jóvenes se parecen a los muy viejos en la recurrencia de la infancia. Sólo la cuarentena se duele de vivir. Quisiera no presentir más. La caída del hibisco es un pozo ensangrentado... así fue la de algunos emperadores. Es extraño tener el pelo largo. Tan normal la derrota de Sansón. Qué fascinante es la muerte escrita en los ojos de Dalila, cayendo a los senos y perdiéndose en la pedrería del negro y estrellado pubis.

Los ascensores por código son tan difíciles de rezar como el rosario del ADN. Un día estás ahí, y pronto serás clonado sin saberlo.

Las mujeres sosas escuchan las mismas voces de violencia que Juana de Arco, y crían militares como Gilles de Rais. Gozaré de ver arder a las mujeres sosas. Descubriré al fin su milagroso corazón de sal. Los chauvinistas que han fundido a la mujer sosa en numerosos bronzes y la han subido a un caballo no saben que su mejor monumento es un patíbulo parecido a un falo negro cubierto de ceniza.

No me importa ser patético cuando bailo.

Peligrosos cálculos del amor. La belleza es parecida a una intoxicación, y su matemática es el delirio.

Dolor de la pintura de no poder levantarse y seguir al violinista que se aleja. Las formas saben que la música es su madre.

El arte de un peluquero puede volver loca a media Historia, si sabe el poder del simulacro sobre el demonio.

Pero si el peluquero comprendiese la raiz de su arte, dejaría calvas a las mujeres, como ocurre ya a largo plazo y a veces de forma inesperada. El peluquero omnisciente es un dios peligroso. Sólo su humildad lo salva de arruinar el planeta.

Un poco de pelo en algunas partes anuncia el primer amor. Creen terminar con la telepatía desnudándose y volviendo nuevo nudo la calvicie. Nada es transparente.

Las figuras en el cuadro son huérfanas desde que la pintura empieza a secar. Encuentro que es un acto caritativo de parte de Barceló pintar sus frutos con el aceite de unas sardinas en lata, que no secará fácilmente.

Alimentemos el papel con leche fresca antes de envejecer con las líneas de nuestra tinta china filosófica.

Varias son las Rosas y no he conocido la certeza del goze.

La geografía española se parece cada vez más, en las líneas de mi mano, a un repertorio de crepúsculos y volcanes que despiertan. Está ausente el rostro familiar en el espejo del exilio.

mercredi 30 décembre 2009

ESTOICISMO O RELIGION DEL ARTE


Se me ha acusado de querer salvarle la vida al arte reaccionario. Incluso se ha dicho que yo me consideraba un mesías de la cultura, por mi doble condición de escritor y pintor. Se han hecho constataciones del carácter marginal de mi trabajo respecto a todas las corrientes repertoriadas por la rúbrica "contemporáneo". Yo mismo he llegado a creer que se me iba la fuerza por la boca y que debía renunciar a la escritura, tentación constante. Sé el bien que me hace el aspecto manual del trabajo pictórico. Pero mientras antes yo pensaba que la pintura era más fácil de dar a ver que la escritura de dar a leer, encuentro por la práctica, y gracias a la intromisión de internet, más directa la escritura en la tela que la pintura en el lienzo, ya que paso dificultades para dar salida a mi pintura, mientras que en el blog sé al menos que hay gente que me lee.

He comprobado por mi hijo, que es moderadamente ateo y que no encontró gracioso que yo le regalase una Biblia por su cumpleaños, que lo que a nosotros, los que tenemos de cuarenta para arriba, nos hizo la catequesis fue, por medio de la oración, modelar en nuestra memoria una serie de mecanismos del pensamiento, de formas de ordenar las ideas. Así, con Santa Teresa, fácilmente abandonamos el esfuerzo del razonar o de la composición en pintura, nos hacen falta ciertos rudimentos paganos para retomar los pinceles o buscar apoyos a un argumento, siquiera sea puramente lúdico, como el literario. Desde hace un año no tengo libros en casa cuando escribo, y cuando estoy en el taller me dedico a pintar o me dedico a leer los libros que he ido amontonando por todos lados. Luego, aunque espaciado por mil y una razones, mi trabajo pictórico goza en realidad de mejor salud que mis escritos de usar y tirar en la tela.

He probado ayer las carísimas creaciones culinarias de Alain Passard, permitiéndome insistir en que se me autorizase a cometer el sacrilegio de tomar un capuchino de aperitivo. Soy una rara persona que consume café caliente incluso durante la comida. Costumbre que me situa en una cierta soldadesca. Un huevo con la yema en el fondo y un juego entre lo dulce y lo salado lleno de secretos en su clara montada, untuosa. Un plato de cebolla de su "potager" cubierta de trufas. Y el momento supremo de tomar una langosta preparada y en salsa cremosa. Austeridad al comienzo y una euforia creciente. Clientela variada en la nacionalidad y en el tono de conversación, pero siempre muy bien vestida. Frente al menú que costaba el salario decente de un mes pensé que merecía la pena. Y a la vez me confronto a la llamada del arte. Una ruptura, una renuncia, y un eterno principio de algo.

La dificultad de ser admitido en las corrientes contemporáneas es la manera clásica en que se intercomunican y se separan los temas en mi pintura. Motivaciones tradicionales y más cerca de lo cotidiano que las que se usan en la universidad a la hora de decidir como situar mi visión en cada momento. La forma clásica es grosera según el prisma contemporáneo, basado en la histeria.
Nunca dejaré de repetir la influencia que fue para mí la Transvanguardia Italiana. El paso siguiente fue Balthus, llegando finalmente a una síntesis que yo llamo expresionismo retro. Lo llamo también vanguardia caliente, o recurro desde hace más de diez años al calificativo post-pop. Cuestión bastante estúpida cuando el valor de una obra debiera ser evidente. Pero si me defino más gráficamente diría "no contemporáneo", lo cual ha constituído mi hara-kiri profesional, mi renuncia a todo reconocimiento. En definitiva no me gusta el arte, ni la literatura, obedezco al impulso de purificarme por la creación, de hacer salir mi rabia y mi deseo por el intermedio del arte y la literatura. El amor por el arte me meció apenas unos años más que la creencia en los reyes magos. Vivencia intensa y que fue abriéndose como un crisantemo de fuegos artificiales, pero lejana, asimilada como una etapa de crecimiento. No me apresuro al museo cuando se celebran grandes acontecimientos. Por una cierta asiduidad tan sólo asistí al vernissage privado de la retrospectiva Klossowski en el Centro Pompidou, y porque estoy en deuda con su Baño de Diana.

Me han dicho que figuro en la bibliografía del catálogo "integral" de Klossowski que se hizo en Madrid a continuación. Según mi hijo el colmo de un fracasado con insomnio es dormirse en los laureles, y tomo buena nota. Pero tiendo a ser un compulsivo y sé que retomaré la pintura cuando esté para reventar o cuando se dé la coyuntura de que alguien venga a posar. Me doy cuenta de lo conceptista que me vuelvo últimamente al usar el español, y de como el texto se presenta como una superficie pulida que nos devuelve nuestro reflejo. Justamente eso me ocurría al enfrentarme a la poesía de los otros, sobre todo si consistía en sonetos, como era el caso en Granada con Narzeo Antino o con Alfredo Lombardo, pero sobre todo me ocurría con los clásicos.

mardi 29 décembre 2009

Diogène ? qui d'autre ?


J'ai modéré une foulée de trente et deux commentaires anonymes remplis de renvois sur des divers sites. C'est la présence d'une grande quantité de liens pénibles à vérifier qui m'a décidé à tout supprimer et non pas les insultes délirants dont ma personne était l'objet. Nous savons tous que la violence verbale fait monter l'audience de n'importe quel site. J'en conviens que celui-ci est un raisonnement douteux, et je me défends de lui, ce n'était pas le seul atout de l'attaque individuel que le site a subi. La raison pour laquelle je regrette un peu d'avoir effacé ces commentaires est dans les quelques fulgurances lyriques parsemées ça et là sous la modalité de l'insulte. Un insulte se voulant prophétique, voire moralisateur. L'auteur, dans un vrai délire, me prenait en otage de tous le problèmes de la planète. Voire un riche bourgeois, ou bien, alternativement, un traître, un mou, et pour comble par moments j'étais un pauvre diable, au fur que les messages se succédaient. J'ai cru reconnaître un personnage qui jadis pullulait abondamment sur le site de Léo Scheer, participant fébrilement avec ses monologues à prendre toute la place.

J'étais tenté de répondre une par une aux pièces composant son délire, comme si la folie était la loi du monde et le délire un chef d'accusation crédité. Mon corps, plus sage, s'est mis à me rendre paresseux pour bâtir une sociologie nouvelle très tentante mais dont je n'ai pas obligatoirement la vocation de fondateur. Suffissent donc quelques remarques. Ayant eu un proche en hôpital, j'ai eu occasion de subir des pratiques abusives qui seraient impensables dans des décennies passées. De spéculer sur le délai d'attente des taxis est la moindre et longue à expliquer. Mais par exemple la privatisation des appels téléphoniques sur une compagnie qui fait sciemment des erreurs à sa faveur est la plus illustrative de toutes. Ce proche avait encore la force de raisonner et m'a exprimé son point de vue, qui résonne avec la colère de Diogène dont j'ai été l'objet sans le prétendre, à savoir, que c'est le capitalisme, la recherche du profit à tout prix et en fin de comptes, une apocalyptique guerre entre les pauvres et les riches. J'ai eu du mal à lui faire voir que plein de pauvres ont voté ce gouvernement, que les policiers et les employés qui exercent toutes ces pressions sadiques sont eux mêmes des pauvres diables, et que très souvent on trouve des riches qui n'y sont pour rien dans la violence ambiante. Ma théorie est que ces pratiques sont mafieuses et féodales si l'on peut dire et que le profit capitaliste n'est pas la finalité, mais plutôt l'excuse. Ce qui compte c'est la nouvelle condition du consommateur en tant qu'objet de violence, et c'est nouveau.

Un jour je reviendrai sur les bouts de phrases à sauver de la masse de commentaires supprimée, mais je n'ai pas les forces à présent.

dimanche 27 décembre 2009

opérette nouvelle


Les voix des porteurs sont grossièrement mimées par des locuteurs
du doublage pour la France blanche
la forme est imposée par le bruit
abrutissement artistique dans l'écriture
le poème n'est plus faisable dans sa musique ancienne
les temps ont perdu respect
pour les silences angéliques et les diminutions

Les stridentes sonorités quotidiennes
ferment à clé le livre immatériel pour ma vue
m'imposant l'oubli

Lui, esthète excessif qui a conçu son impensable
réalité, lui le monde, méconnu
sacrifié
d'autre fois, quand l'enfance surabondait

Nous venons de fêter Noël
chez tes parents
l'enfant existe père et fils sont des dieux

Trivia par ses airs
féminins est nonobstant
mémorable
deux lunes pour deux mondes
sextuple pénétration dans la ruse
de la pensée du fleuve au coeur de lumière

Trivia
terreur
sans ses rayons mercuriales
sans ses pleurs cosmiques
qui communiquent dans tes yeux
endormissement d'une année dans l'amour
sonne Vénus par la seule Trivia

Tels sont les testicules
de Nostradamus

Accouchements sous le ciel de néon
montagnes vengeresses où la disparition se passe
sur les crânes d'une réminiscence
le vertige des vestiges est abattu par le léopard
la femme enceinte du passé
la bacchante juive dont Ezequiel si sévère

Le jour où l'on ne pourra plus mentir sur la toile
le travail arrêté pour toujours
et la mensonge de l'image se faisant dans le vide de l'âme

lundi 21 décembre 2009

Grecia (bilingue)


Una duda insólita me atormenta suavemente, poniendo fin a una crisis de angustia esta noche. Tratando de combatir el mal por el mal mismo, me estaba preparando una nueva cafetera. De pronto me vino. Yo estaba pensando en los testimonios en los documentales. Cuando son sobre personajes o acontecimientos recientes, hablan los hijos o los que han sido testigos de la cosa. Pero pienso luego en un posible documental sobre el Renacimiento en el que se hiciese hablar a los descendientes de sangre de los papas y condottieros, o de los pintores y arquitectos. Pensando en eso comienzo a realizar que sólo los profesores pueden hablar de los artistas, cuyos descendientes son pistas perdidas en principio, y que solamente a los descendientes de dinastías reales o cerca de serlo se les podría encontrar hoy día.Si los reyes salen bobos es porque la aristocracia durante siglos se ha casado por razón de Estado. Pero el goce consistía en la unión de reinos, o su separación. La transformación del mapa a través del matrimonio. En ese caso una idea fulminante me hace dar un salto, si una princesa griega como la Reina de España se ha casado con el rey, ¿cómo es que no se considera a Grecia como el mismo Estado que España?

Un vivo deseo me arrebata de visitar Grecia y que sea mi propio país, con una reina griega y un rey español.

Une doute insolite me tourmente doucement, mettant fin à une crise d'angoisse ce soir. Dans une tentative de soigner le mal par le mal même, j'étais en train de me préparer une nouvelle cafetière. D'un coup ça m'est venu. Je pensais aux témoignages dans les documentaires. Quand ils sont sur des personnages ou des événements récents, les fils parlent, ou ceux qui ont été témoins de la chose. Mais je pense ensuite à un possible documentaire sur la Renaissance dans laquelle l'on fasse parler les descendants de sang des papes et condottieri, ou des peintres et architectes. En pensant à cela je commence à réaliser que seulement les professeurs peuvent parler des artistes, dont la descendance est une piste perdue en principe; et que seulement les descendants des lignages royales ou près de l'être pourraient être retrouvés aujourd'hui. Si les rois deviennent idiots c'est parce que l'aristocratie pendant des siècles s'est marié par des raisons d'Etat. Mais la jouissance consistait à l'union de royaumes, ou à sa séparation. La transformation du mappemonde à travers le mariage. Dans ce cas une idée foudroyante me fait sauter d'un bond, si une princesse grecque comme la Reine d'Espagne s'est mariée à mon roi, pourquoi est ce pas qu'on ne considère la Grèce comme un même Etat avec l'Espagne?

Un vif désir me ravit de visiter la Grèce et qu'elle soit mon propre pays, avec une Reine grecque et un Roi espagnol.

Es como si la locura nos ofreciese de pronto unos sabrosos frutos. La angustia en la que me encontraba era de esa mala especie calificada como paranoia. Me parecía imposible salir del laberinto paranoico, en el fondo de consciencia. Y ello me hace recurrir sin saberlo al método daliniano de la paranoia crítica, que es inexplicable porque tiene que ver con el misterio de la gracia. De mi angustia, que va a ser redoblada por una nueva cafetera, surge una idea graciosa, surreal y profundamente artística. La única posibilidad de puntuar un final a la locura. Me pregunto si el humor no es en el fondo en los cómicos sino una suerte de síntoma sublime, que busca una armonía con el Otro.

C'est comme si la folie nous offrait soudainement des fruits savoureux. L'angoisse dans laquelle je me trouvais était de cette mauvaise espèce qualifiée comme paranoïa. Il me semblait impossible de sortir du labyrinthe paranoïaque, dans mon fonds de conscience. Et cela m'a fait recourir sans le savoir à la dalinienne "méthode paranoïaque-critique", qui est inexplicable parce qu'elle est en rapport au mystère de la grâce. De mon angoisse, qui va être redoublée par une nouvelle cafetière, surgit une idée gracieuse, surréel, et profondément artistique. La seule possibilité de ponctuer une fin à la folie. Je me demande si l'humour n'est pas au fond chez les comiques qu'une sorte de symptôme sublime, qui cherche l'harmonie avec l'Autre.

Etre grec par alliance de mon roi, voilà ce qui serait sublime.

Ser griego por alianza gracias a mi rey, he aqui lo que seria sublime.

Et au même temps je peux lâcher prise, tout laisser tomber, laisser couler.

Y al mismo tiempo puedo dar de mano, dejar de lado, dejar fluir.

Dali tend un pont entre la new age y la psychanalyse. Sensible au moindre détail de la réalité mondiale, il réagissait par un délire qui n'était jamais du lieu commun ou de cliché, contrairement au paranoïaque médiocre qui est dans tout un chacun.

Dalí tiende un puente entre la new age y el psicoanálisis. Sensible al más mínimo detalle de la realidad mundial, él reaccionaba por un delirio que no era nunca un lugar común o un cliché, contrariamente al paranoico mediocre que reside en cada uno de nosotros.

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vendredi 18 décembre 2009

migas sobre el slam que vi


Nerón murió asesinado en mayo del 68
Ucoc, entrevista.









El saber de la tela es una fruta podrida o aliñada por brujas que tanto en la tela del cuadro nos impide la negritud (la tela tiene su dossier) como en la tela virtual nos impide la belleza de la memoria.

Lo pienso todo como pintor, así que equivoco las palabras, pero basta invertir el cuadro para comprender que no es abstracto, sino concreto, lo que pienso lo vivo, sólo que no está escrito en el escrito de la consciencia.

Un pensamiento para Georg Baselitz.

El saber de la tela es inconsciente, surge de la sombra, y no de la labrada luz de la vida consagrada a esos objetos sacramentales que son los libros.

De todas formas esas brujas que nos engañan en la apariencia son las hijas de las musas, y a la vez son más arcaicas que ellas, han salido a las abuelas. Podemos en toda confianza seguirlas en lo desconocido, cada día será distinto, especialmente si practicamos la pintura. Ellas harán arder nuestra torpeza con las revueltas del zorro y de la salamandra inventiva.

A veces sale más fácil despachar a Dios con un libro de autoayuda china yanquee que con la obra morosa de Santa Teresa. ¿Por qué no? El castillo interior del pensamiento positivo. Pero empieza a excavar en el patio del castillo, en el suelo de lo positivo, y encontrarás a todos los prodigiosos esqueletos que están en Dios, de huesos de jade y oro, de pellejos ventrales que han conocido la posteridad, un libro blanco de hinduismo con prefacio de Madeleine Biardeau, una serie de poemas de Lao Tsé, de Tchuang Tsé, o de Ucoc recitados por él mismo. Sutras diversos, el método Ruchpaul, el propio Octavio Paz, mejicano que vuelve de la tierra del ascetismo con las manos abiertas. Un catecismo maniqueo en Chino traducido por Nahal Tajadod, una trilogía monumental de un español, Ignacio Gómez de Liaño, que soporta sobre sus espaldas la invención y los repertorios de tanta sabiduría.

Soy parte del invento, no tengo más que pasar dentro, ¿qué hago fumando bajo la nieve?

lundi 14 décembre 2009

Life On Mars (invitation à l'ekphrasis)


L’artifice du roman ou du film disparaissent dans le clip musical comme dans le délire du drogué et l’imagination revient à son naturel chaotique et exclusif. Je voudrais parler d’un voyage hallucinant qui résiste à se mouler dans un récit. Ce n’est pas un délire à moi, mais à une amie. Je ne peux que essayer de l’imaginer en ami et en artiste. Pour les quinze lecteurs habituels et les occasionnels qui font monter le compteur jusqu’à vingt et quelques ou parfois, quand le titre est accrochant, à peu près quarante. Elle ne m’a jamais fourni un récit unique et articulé, mais quelques rêves imprécis et quelques sorties symptomatiques, mais la possibilité d’écrire m’est venue à la tête en écoutant David Bowie.

La forme coûte chère. Une narration en prose ferait sacrifice de l’intensité "musicale" du délire et du trip. Semble plus appropriée l’écriture poétique. Mais la poésie ne laisse que suggéré le vraisemblable. Reste le compromis de la prose poétique, trouvaille qui ne l’est pas des maudits français.

Moi aussi j’ai eu la forte sensation du cosmonaute les premières nuits passés à mon atelier parisien, quand le seul objet était la moquette et je m’étais dit qu’il fallait que j’imprègne le lieu. Les fluorescents qui éclairaient d’une lumière écrasante le gris homogène, la noirceur de la nuit.

On pourrait se mettre sous la musique obsédante de l’ekphrasis ou description de l’art, de l’objet d’art imaginaire qui est fait de synesthésies ou glissements sensoriels et entre des catégories voisines mais étrangères par essence. Le délire et le trip sont une essence impure qui nous trouble, comme l’union sexuelle pour le névrosé.

Ou bien devrais-je dresser le portrait d’une femme marginale mais pourvue d’un fonds surprenant de mondanité aristocratique, due à son milieu original. Qui corrige ma prononciation erronée de l’anglais. Me confesser envieux de ses rêveries foudroyantes, fasciné par le pouvoir de l’image dans sa maladie. Je devrais rendre l’extrême sophistication et délicatesse de ses dessins qui s’entassent et tendent à être détériorés et devenir de plus en plus complètement hors champ pour le marché de l’art.

Souligner sur ce chaotique manuscrit que je chiffonne l’héroïque lucidité et amabilité de mon amie, malgré le désespoir où tout semble baigner. Tout comme une baisse de sucre dans un concert à puissants haut-parleurs.

Vous pourrez prétendre que mon amie n’est qu’un leurre et que je parle de mes visions. Ceci sera approprié pour la situation actuelle d’elle et moi, je ferai écran, devant une position dans l’art qui demande discrétion et des renvois subtils.

dimanche 6 décembre 2009

Cafard et nature morte II


+


Je vais essayer d'écrire
pour développer le langage
j'appelle du pied du fond de la terre
les anges solennels des profondeurs
et les fait danser à la lumière électrique
des fruits sur une vaisselle
des Ephèbes dans la plage Faustique des Anciens
selon le hasard de l'insomnie
propre à l'écriture des Lumières

J'aurai vécu le dégel du Pôle Nord
debout sur le paillasson ou le tapis
en équilibre viril et presque militaire
j'ai frappé le sol et j'ai attendu
cette malédiction des chinoiseries
qui seules nous intéressent aux métèques
et aux femmes secrètes et sévères
les bibelots qui puisent dans le dos des muses
la faible brillance de mon cerveau qui souffre

photographies noires et lumière des fleurs de Hollande
le romarin des champs fait une pause dans sa garde d'air
pour la caméra d'une belle nudité artistique
pauvre végétal au fond sincère
même la pomme sous la main d'Athénée
ou les soins de l'espoir des araignées
l'homme même et la pomme
sont vanité requise pour la vie
sont vanité des vanités la mièvre intelligence
négligée comme elle nous livre tous les soins
des images qui viennent
pareilles à des actrices
mère nature faite compagne pour développer le langage.

+

vendredi 4 décembre 2009

Manuel Montero en FB


Queridos amigos, sepan ustedes que he abierto un perfil face-book, a quien le interese le ruego que en su "petición de amistad" me ponga una nota para que yo me entere de qué va.

Bueno, puesto así parece un aforismo de Tchuang-Tsé o de los últimos míos en francés (les miettes). Casi una greguería, pero estoy necesitando que me eche una mano algún bloguero con el dichoso facebook y por eso necesito una explicación.

No se desanimen si todo está en francés, ustedes se dirigen sobre facebook a mí en español con toda tranquilidad. Ya veremos en qué termina, por de pronto me asusta un poco. Pero en la parte francesa ya he empezado a marcar límites, remitiendo la cosa a este blog.

Sobre todo insistiendo en que yo no tenía vocación monacal para estar en constante plegaria delante del ordenador y jugar a los amiguitos como un crío o un político. Que mi rollo era la pintura y que mi actividad de escritor estaba consagrada a los eruditos. Y ahí, ante la duda, especifiqué "serios o mundanos"...

jeudi 3 décembre 2009

Naturaleza muerta


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El cosmos está hecho de información
y el signo único es el espejo que nos informa

Estamos colocados en el cosmos como rosas
en un viejo y lujoso jarrón
Un orden cierto nos liga a este salón
pero no son sino unos días
nuestro destino es humilde
nosotras que trajimos la alegría
y el perfume del fondo de la tierra
mágico misterio de la esfera
dado al instante.

Las meretrices de Babilonia se aparecen
sobre la ausencia y la apatía, montañas
para delimitar el conocimiento. La muerte es un color no percibido.
Las imágenes reverberan en sus nichos
el turno secular del tosido del viejo creador.
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mercredi 2 décembre 2009

cafard (espagnol)


La Red es una autopista transnacional que hacemos en moto, que de post en post pasa bajo nosotros en total soledad. Los burdeles parecen una camada de conejos sobresaltada por nuestro paseo, desaparecen. Las ciudades son laberintos asépticos. No se precisan las mismas cosas en las leguas cardinales. La noche es constante. El pensamiento de la casa, de la mesa, del lecho nupcial, todo eso lo debe proteger el casco.

El humo de las ballenas y el GPS que no conocieron nuestros padres. Las horas y los sueños son suplantados por el oleaje musical que nos intensifica. Mi mente repite como un mantra "estoy equivocado", para inspirarme humildad y mortificarme. Pero el sacerdote no existe para comulgar. Nunca comulgué desde entonces y sigo bebiendo la ducha de semanas como en la infancia.

La presencia de Nico o de Santa Teresa, que puedo convocar desde su tumba a mis ojos instantáneos, es algo familiar, cercano y como de hace un momento y aquí, en este castillo sobre ruedas, en esta jaula de marfil. Pienso en los elefantes. Pienso mucho en los elefantes. ¿Quién viviese su vida de palacios ambulantes, quién no entraría en fatal dormición con el pulso del elefante, toque triste? En eso me he convertido, en un castillo, en una moto.

Cuando la poesía no recibe la comunión se dice que es enfermedad, que es un cascabel de anticuario, y se guarda en un estuche. Hostia profanada sería la comunión dada al que escribe en la Red poemas, como si se le diese los domingos a una rata, robada antes que disuelta. Esto piensa el que atraviesa la Red, como un Camino de Santiago, pero en el cielo.

mardi 1 décembre 2009

Thérèse


:::
Présentation rapide du m@nuscrit :
Autour du Château intérieur de Thérèse d’Avila rôdent les couleuvres du savoir mondain et les vipères du fanatisme

4e de couv :
Nonne funky truffe sur le gâteau intérieur. Il y a écho entre Thérèse d’Avila et La religieuse de Diderot. Ce décalage est très contemporain, malgré les rideaux d’une société du spectacle du rideau fermé. Le protagoniste s’appelle Gaspar et il est graveur.



Manuel Montero

Deuxième demeure
ou le compliment


je veux signifier, si elle (l'âme, la soeur...)
voit quelques saints,
qu'elle les connaît comme des habitués






Mon ami Gaspar passait aux yeux des autres grenadins pour un malheureux et un malchanceux. Il avait un penchant autistique et son prénom lui fut donné en l'honneur de Kaspar Hauser - un enfant sauvage du XIX siècle - par son père, lui-même autistique mais assez érudit pour connaître le pouvoir magique des noms. En tout cas, Gaspar portait les stigmates de la marginalité sans trop sombrer en elle. Il maintenait des rapports avec sa famille et quelques connaissances charitables, plutôt de gauche.

Il cherchait toujours quelque prétexte dans ses lectures pour se faire aimer, ou du moins apprécier. Son critère dans l'étude était le merveilleux, une certaine contradiction intellectuelle, qui pouvait passer au regard de ses connaissances pour une subtilité de l'esprit, une délicatesse de dilettante. Mais ce que je veux montrer chez Gaspar, ce sont ses méthodes dans la mise en place du merveilleux.

Dans les conversations, il faisait des citations sans modération, semblant assumer un chiffre de responsabilité colossale. Ainsi, comparaît-il une de ses charitables connaissances à Erskine Caldwell, ayant pourtant à peine effleuré La route du tabac, livre qu'il trouva d'occasion au Maroc, en raison des associations d'idées autour des témoignages sur la misère que l'une comme l'autre semblaient arborer, mais sans qu'il ait en aucune façon approfondi cette mise en parallèle. Il suggérait en revanche obstinément que cette comparaison voulait tout dire.

Il avait lu une page au hasard du livre de son amie, pas plus.

Il avait comparée publiquement à Sainte Thérèse d'Avila une dame qui lui avait concédé une amitié notoire. Ce moment lui laissa une forte sensation d'avoir échoué le compliment. Du coup, l'image d'une nonne chevauchant un âne lui venait à l'esprit et le perturbait fortement. C'était pas top, comme citation.

On pouvait penser à Madrid - il n'était plus, au moment de cette rencontre, en sa Grenade natale où il passait pour un avant-gardiste avéré - qu'il n'était pas au courant du féminisme radical qui, après coup, s'était venu réclamer de l'écriture féminine de la sainte et de sa fonction de résistante. Au fond, il avait choisi le compliment pour cette raison, mais pour les madrilènes ça n'allait pas de soi. Voilà Gaspar malheureux à Madrid.

Surtout à cause de la présomption que s'il avait lu la sainte ce n'était pas à l'université et pour faire la révolution, mais aux cours de religion et pour aller à la messe. Et là venait l'image de la nonne sur le bourricot.

A Madrid, on ne pouvait pas être au courant des différentes monographies savantes qu'il avait consultées dans son dilettantisme, dont l'essai féministe et déconstructif de Mercedes Allendesalazar - opposant une plasticité (symbolisme de l'eau) de l'image thérèsienne à la rigidité autoritaire et tridentine de Loyola - qu'il fallait lire en français parce qu'il n'existait pas de traduction espagnole.

Un autre livre s'intitulait De los rios de Babel et mettait Las Moradas en rapport avec la Kabbale.

Deux pièces savantes que ses amis de Madrid ignoraient, et qu'ils ne pouvaient donc pas présumer chez Gaspar. Au lieu de lui donner de l'ascendant, elles lui donnaient, si l'on peut dire, du descendant.

De temps à autres, Gaspar se droguait, car il avait lu Henri Michaux qui était un grand écrivain et en faisait autant. Il citait Edgar Varèse, dont il avait entendu des partitions en concert une fois dans sa vie, comme la plus familière des choses, puisque le concert avait eu lieu à Grenade. C'était de la musique d'avant-garde, un peu froide, hiératique, fortement ésotérique, et cet instantanée, il l'avait placé, depuis, sur une des étagères de sa mémoire.

Son rapport à la drogue se résumait ainsi : une assez prudente disposition, "je n'en prends que rarement", de la modération toujours, "à de très faibles doses, parce que je suis très sensible", de la circonspection, "il y a des gens qui parfois...", son côté autistique labouré comme une distinction petit-bourgeoise, jusqu'aux jours où, à Madrid, il avait malencontreusement cité la carmélite. Il en prépara un bien fort. Gaspar, qui dirait se sentir rassuré par ces connaissances à travers des essais consultés pendant des années d'étude et se considérerait si peu pris dans l'illusion ecclésiale, se retrouva repêchant LAS MORADAS parmi le désordre des livres de sa petite chambre madrilène où des matériaux d'artisanat et une bibliothèque énorme, disproportionnée, envahissaient l'espace et le sol autour du canapé sur lequel il dormait pendant la journée.

Malgré qu'il avait fumé pour se décontracter et fuir le cafard, il pensait que ce n'était pas assez, qu'il avait peu fouillé dans les textes originaux l'écriture de Thérèse, même si plusieurs des livres de la sainte étaient à portée de sa main depuis des années.

Lui vinrent des images froides en blanc et noir d'actrices, et il lui semblaient être en marbre. C'était la vraie image en marbre d'une poseuse nonne par Bernini qui était la plus chaude, fondante. Il essaya de trouver une voie moyenne et imagina la sainte portant une grande robe de mariée, sous laquelle il découvrait son sexe luminescent et multicolore. Elle était forte comme une amazone pour briser les chaînes de fer qu'il portait. Elle fouettait un businessman pour deux sous. Il se souvient parfaitement de la normalité avec laquelle il eut un mécène travelo à Grenade, qui lui achetait des portfolio de dessins, et qui lui exposa même dans la salle de cinéma pour adultes dont il était le propriétaire et chef d'entreprise. Il ressemblait vraiment à une femme... quelqu'un lui donna la première fois un coup de coude lui chuchotant : "c'est un homme." Cela rendit très formels leurs rapports commerciaux, et l'amena à une humble gratitude. En tout cas, si on lui avait dit "c'est une sainte", il aurait quand-même continué à être coquet. Et si on lui disait "C'est Sainte-Thérèse d'Avila", alors il tomberait amoureux en coup de foudre et plein de désir.

Savoir que seuls des hommes entraient dans la salle de cinéma de son mécène et qu'ils se masturbaient ou se suçaient ne lui fit pas mépriser son collectionneur et marchand. Au contraire, il restait émerveillé que dans sa cour d'artistes il y ait de belles femmes. Qui faisaient même de la méditation transcendantale.

Ainsi prit-il soudainement la décision de plonger dans la Deuxième Demeure. Il considéra que pour cultiver son goût du merveilleux, autant dans ses gravures et autres productions graphiques, que dans son écriture et sa conversation, il était de bon ton de lire Thérèse drogué. D'ailleurs, en Espagne, les amis de gauche parlaient toujours de la sainte lorsqu'ils prenaient des bières ou au troisième ou quatrième verre de vin, arguant qu'elle avait des visions parce qu'elle prenait des champignons cubains.

Il ne voulait pas entendre les biographes à la radio ou au bar, il aimait que chacun raconte son histoire propre et prenait plaisir à raconter la sienne. C'est pour cela qu'il appréciait les livres de Thérèse.

A ce jour, il avait, au long des années, lu au hasard une certaine quantité de pages de LAS MORADAS et de la "Vie" de la sainte, ainsi que "Chemin de perfection" par morceaux. Mais, d'habitude, il était sobre. Ce ne fut pas le cas le jour où il essaya de fuir par la lecture l'image de la nonne trottant sur un âne.

Il se jurait qu'il ne se verrait réduit à cette vision ridicule (tutti a cavallo) due à un insidieux glissement entre le cinéma d'après-guerre sous la dictature de Franco et le dernier roman de Kristeva, qui lui semblait d'une frivolité crasse de par les morceaux lus sur le site de la psychanalyste.

Il essaya d'autres visions religieuses plus proches du hype. Par exemple, celle de la poétesse madrilène célèbre surtout aux années 80 quand elle était très jeune et particulièrement belle et photogénique, Blanca Andreu, qui avait flirté avec l'héroïne, selon certains de ses poèmes, et qui posa pour les photographes déguisée en nonne en extase. Il l'avait découverte dans une anthologie espagnole de La Pléiade, puis dans d'autres anthologies. Il connaissait certaines photos par ouï-dire.

Ou bien encore les nonnes sensuelles et surréelles qui apparaissent dans les photos coloriées de Ouka Lele, autre madrilène des eighties, très raffinées et bizarres, telles qu'il s'en souvient. Mais rien de cela n'était évident par le simple fait de mentionner Sainte Thérèse. Il n'était même pas sûr d'avoir vu les photos d'Ouka Lele, dont il ne possédait pas de catalogue.

Le souhait de trouver une écriture radicale et résistante se voyait assoupi et ramené au merveilleux à cause de ce qu'il avait fumé. Ainsi, au début de la Deuxième Demeure ou Morada, le démarrage de Thérèse s'adressant aux femmes d'une foule de couvents avec une franchise et une assurance totales, pour parler des âmes habitant les demeures de la mystique, sembla l'arracher du canapé et le ramener dans le songe éveillé. Il ne lisait plus depuis le XXI e siècle. La sainte décrivait l'autisme en l'assimilant à la première demeure et décrivait le passage dans la deuxième demeure comme un insight et comme une lutte. Mais sa parole était imagée par des mots métaphoriques tels "couleuvre" ou "démon" qu'il ne pouvait pas s'empêcher de voir défiler en songe comme s'il assistait à un anachronique cinéma clérical.

En Suisse, ils viennent d'interdire les minarets. Il visualisait la croix blanche sur le drapeau suisse. La sainte parlait aux nonnes d'embrasser la croix, ou douleur, de leur époux, le Christ (Jésus). Pour lui, Jésus était la came, un mot de passe marginal, quelque chose qui ne passait pas dans l'écriture du docte. Ou du docte pour lequel il s'était pris lui-même depuis longtemps. Car le Christ s'était éloigné de l'Eglise, comme de Satan ou de Pierre. Quelle femme compliquée, Thérèse ! Pour comble, par oeuvre d'analogie, le passage sur l'insight est décrit par la sainte comme une scène d'artillerie, une batterie de canons tirant sur nous à grand bruit. Règne le suspense, l'on ne sait pas si l'on en sortira vraiment vivant pour les demeures suivantes... qui vont jusqu'à sept.

Ce sont de différentes modalités du même insight, avec des adhérences subtiles de narcissisme, d'amour et autres poétiques métamorphoses de la libido ou du Dasein, si vous voulez. Ainsi, me le raconta Gaspar, quand il vint prendre un café, sans avoir pu aller plus loin que la première moitié du livre, dans un état terrible, comme s'il venait vraiment de passer sous cette vieille artillerie.

Rester dans la deuxième demeure, attendre, ne pas sortir.

Il s'était refusé de lire le roman historique de Kristeva, qui lui paraissait une trahison à la bizarrerie de l'expérience mystique, malgré qu'il eut admiré comme une sainte Julia Kristeva dans sa période Tel Quel.

Des nonnes délicieuses, maquillées, tiennent compagnie au drogué, lui offrent un sein, lui tendent un pied délicat sous le nylon, n'était-ce pas là un de ces "goûts" dont la sainte nous invite à nous abstenir, mais par lesquels l'on est forcé de passer ?

Le chapitre de la Première Demeure est déjà chantant comme une musique, qui invite à l'humilité avec plein d'humour, et qui pose la question de l'amour des autres comme limite et initiation de l'introspection. Nous sommes, si vous me permettez la frivolité, dans les solitudes amicales de nymphe, dans la demeure de Latona, aspect bénéfique de Diane, soeur du Soleil. Ce fut donc pour Gaspar, videlicet, la lecture du Bain de Diane qui fut inaugurale, un premier éveil, dans son choix du passage intermittent entre écriture et gravure. Mais je reparlerai de Klossowski un peu plus bas.

Mon hypothèse est que la Deuxième Demeure est régie par la lutte, par la guerre, comme le jour de Mars. Dans l'édition que Gaspar a utilisé, c'est le chapitre le plus court, raison pour laquelle Gaspar l'a choisi.

Gaspar ressent la qualité aigre-douce de la demeure. Il a peur de sortir, il a peur de rester emprisonné. Il sait qu'il devra finir la lecture du livre, comme il devra finir d'autres livres. Occupé par la volupté de la lecture suspendue, il se sent une larve, une chrysalide.

La sainte fait partie de son métabolisme, de son code génétique.

Le discours de Jamblique ou simplement celui de Plutarque dans De Iside et Osiride. Il y a de quoi alimenter la Foi, avec leurs intuitions païennes.

La sainte est, au fond de sa profusion affectueuse, plutôt schématique, comme Ignace de Loyola, et nous situe dans une topologie où elle place parfois dans un lieu précis l'expérience de la mort.

Une poétesse argentine, Alejandra Pizarnik, est un bel exemple de "nonne" moderne et athée complètement consacrée à l'expérience de la mort, sur ce socle thérèsien, jusqu'au suicide qui serait un mariage mystique.

L'arrivée, enfin, au domaine du léontocéphale, Saturne, père du Temps et des Dieux. Mélancolie. Et gardien du Deus absconditus, du centre du château des châteaux.

C'est cela que Allendesalazar et Kristeva n'ont pas perçu, selon Gaspar, mettant en avant une fluidité qui serait féminine. Elles n'ont pas perçu, selon lui, l'ésotérisme astrologique de Thérèse. Un univers avec sept planètes qui sont des facettes de Dieu. Le besoin de décompter, de rythmer par les noms, même s'ils sont passés sous silence.

Avec forte raison, Pierre Klossowski assimile la sainte à un esprit androgyne, avec un petit dragon au pubis, gravitant autour de son Baphomet. Un roman dont l'adaptation au cinéma par Raoul Ruiz met en évidence le contenu érudit d'actualisation du mithriacisme. Thérèse buvait dans ces sources à travers un hypothétique aïeul cabaliste.

En tout cas son grand-père fut rabbin, ce qu'elle devait cacher dans l'Espagne totalitaire de l'Inquisition comme une honte, comme quelque chose à gommer pour toujours. Il restait la solide structure de son psychisme, plus fort que la honte imposée. Klossowski fait d'elle un esprit vagabond et changeant. Placée, donc, dans l'air, royaume de l'Antéchrist. Un principe du métamorphique.

Le Baphomet...

Ce livre presque inintelligible, qui se propose comme roman, a fait parler les philosophes post-modernes. La modification, dit Deleuze à son propos, est le principe commun à Nietzsche et Klossowski. Et c'est "La modification" que Michel Butor donne en titre à son propre roman .

Là où se tient la vision de l'insight, Thérèse place un château, ou forteresse temporaire de la vertu et de l'amour de Dieu, et elle l'entoure du Mal du Monde signifié aussi bien par les conversations inutiles que par leur figure, la vipère.

La vipère...

Blotti dans son canapé, peu avant l'effort titanesque de venir chez Berthe et moi, Gaspar sentait la rue comme un domaine de vipères rampantes à taille humaine. Sous l'effet de la drogue, tout ce que la sainte proposait comme symbole lui semblait une expérience directe, au point qu'il ressentait sa chambre comme la chambre d'un de ces châteaux à visions.

Et surtout au moment du coup de la batterie de canons tirant sur lui, là il fut sur le point de se jeter par terre et de sentir le bruit. Il s'attendait à ce que des démons, mi-quattrocentistes, voire gothiques, mi-boudhiques, ce qui revient au même, le surprissent dans la rue sous forme de soudaines présences. Ce sont les alentours de la Deuxième demeure, régis par Mars, le rouge, le chien. Il attendait d'arriver à un troisième château, dans sa lecture, pour avancer dans la musique des sphères, ces planètes qui nous parlent et qui sont de Dieu les facettes.

Leurs noms restent secrets et le mot de passe est commun à tous, "Jésus". Et, au delà, la mise en suspension et la dissolution du schéma. J'espère que Cecilia comprendra finalement le compliment de Gaspar.

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samedi 28 novembre 2009

migas expurgadas


...

Días fastidiosos para un aristócrata.

Siempre soy póstumo a mí mismo.

La lesbiana tiene una familiar repugnancia por los hombres, como el sabio.

El maestro irónico es un grado de la ignorancia.

El psicoanalista es un comerciante de la benevolencia.

El eclesiástico mundano de izquierdas, matizada aportación española a la vida cultural mundial.

Tu vas te rendre compte que le siècle sera un millénaire en prises avec l`Islam, si cela n´est pas de la stabilité...

Cuando las opiniones son artísticas...

Con internet se comprenderá el refinamiento de un analfabeto.

Lo escrito a mano se considerará lo impensable, una historia mediúmnica.

Amor de clases.

La izquierda será religiosa, y no habrá derecha.

Cuando se convierte en decider el periodista tiene la lengua de trapo.

El pintor que se vuelve más frágil que el músico necesita escribir. El pintor de domingo, como el trombón de una banda de música, es sólido y vive bien. ¿Para qué escribir?

El placer siempre supone correr un riesgo. No era tan disparatado asimilarlo al pecado.

Soy un viejo cascarrabias enfadado con sus mejores amigos.

En las zonas mixtas, has de ser bella para que un caballero te ceda el paso en la cola.

Antes de la llegada del ordenador, el hombre era aún la inteligencia de la máquina, la apartaba del fuego, la hacía girar, etc.

,,,

vendredi 27 novembre 2009

Dreams


*

Stylish works on science-fiction turn fair Peaceful into mad insanity and old extraterrestrians becomed healthy dogs fade out on the air leaving a wave of suspicion.

Je trouve fascinant le metier de psychiatre L’écriture d’un cas clinique, ou d’un dossier médical, ressemble à l’écriture d’un roman ou d’un évangile, ce qui revient à la fausseté de toute écriture.

Influenced by the stranger she feels no more terrestrial.

Et dès l’avion de combat de ses rêves, elle cible les coeurs tout en maintenant l’enemi en vie.

Une panne générale est comme une célebration d’une vie qui marche trop bien, la psychose règle les comptes à l’intérieur ou à l’exterieur,

and how much battles has not been winner fair Peaceful ? Somebody turned far away the warmer and the knight of nonchalance was not ready to push out his clothes, but to alow some head on it to be straight and a sort of idiot in saintity. This knight understood the roll of the fair, being alone, and so he made a solitude of the presence of love.

Arriving at the age of forty Seconds as fly of the air in the eye another fair has been young enough to be a kind lover and to be old enough to forgive herself for a lack of bright.

Or is it the same fair, a two headed maiden that is getting old ? Terror of Mars, more influent in Peaceful fair, represented by a dream, than stylish science-fiction of late atomic in war affairs where she wins all along the front line, some emotion of green, of grass leaves as hair of the martian.

*

La poesia llega demasiado tarde a mi cerebro, cuando el lenguaje ya ha volado por los aires con todo.

jeudi 26 novembre 2009

deux variations du discours en vers

45. Manuel Montero (A.R.C.), le jeudi 26 novembre 2009

Mais je sens qu’on abandonne le miel

du plaisir pour le soulagement des punitions

mort d’une gazelle.


a'

Mais je sens qu’on abandonne le miel

du plaisir pour le soulagement des punitions

saut d’une gazelle.

mercredi 25 novembre 2009

miettes francoespagnoles

...

Un día se encerrarán en jaulitas en el salón a los liliputienses pornográficos.

Ella se enfada conmigo porque estoy más enamorado de la Luna.

He comprado el más caro del supermercado, pero aquí en Paris no se puede encontrar un salchichón tan bueno como el de España. El único que se puede comparar es el que B. trae de casa de sus padres.

Nuestra cámara de ecos está profanada por la fanfarria de una televisión que no entendemos.

Creerse Cristo era lo más normal en ese hotel, los personajes más notables se creían Calígula o Hitler.

No hay mejores amigos en el mundo de los locos.

El cine americano era una forma de teatro, mientras el europeo se parecía a un libro de pintura moderna.

El hijo del maldito es el mundano.

El poeta es ese señor que hace libros que nadie compra, los demás son mundanos exhibicionistas. Es como la llamada de una madre, la voz de la musa, no se permite el impudor.

Se ha querido hacer un himno al hombre normal y se ha comenzado a rebuznar de ignorancia. El himno poético es himno de pocos.

Nos duele morirnos porque representamos nuestro papel. El que se ha quitado la máscara sólo quiere desaparecer.

Je ne suis pas un mondain, mon art est ambitieux parce qu'il est petit bourgeois.

Todo pensamiento crítico, progresista o reaccionario, se podría resumir en un libro que se llamase "Escritos sobre la mierda". Esa es la prueba del origen anal del razonamiento. Retención o incontinencia. Estreñimiento o diarrea, en la vida propia del artista. El vómito viene después, con el pensamiento contemplativo.

El buen ladrón es el personaje sobre el que medita el hombre normal, el pensamiento de Judas, así como el mal ladrón, o el del propio Cristo son el pensamiento del mundano y del aristócrata.

Mis padres han puesto todos sus deseos en mí, y me han hecho un pequeño genio que tiene miedo de desilusionarlos.

Yo me negaba a combatir en los bailes de viaje de estudios, el autismo es el resorte oxidado del malditismo. Chicas que no estaban mal dormían con la cabeza entre mis piernas en el autocar.

Siempre he bailado para mí mismo, convulsivamente, entre los senos del universo, como en la primera visita al burdel. La atlética señora reía a pata suelta, agarrada a los barrotes de la cama.

Me he equivocado de día, eso es. Mi amigo no está en el restaurante. Guión de un suicidio.

El hasid en el burdel escribe.

Il y a trois crucifixions, le bon larron, le mauvais et puis celle du Christ, qui est le seul à avoir le côté percé. Ce fut une blague très propre à son humour evangélique de cracher de l'eau avec le sang par la blessure.

J ai tué l'araignée du soir. Mes mains sont des marionnettes qui écrivent.

Ni me gusta el cantante de Police de turista en NY, ni Lorca en el mismo plan. Son una tortura y no tengo fuerzas para bajarles el volumen.

Es preferible no salir del armario a terminar en ese salón de prima donnas.

Une véritable paranoïa, la nuit. Il semble que je ne suis pas assez honorable pour écouter FIP. Ils m'administrent du classique comme à James Stewart dans Vertigo. Je me sens crever à ces pianotements anodins. Ils ont fait quelque chose aux antennes pour que FIP n'arrive pas à mon atelier. Si ce n'était que je sais que j'ai cette pensée délirante pour pouvoir être original dans ce que je raconte, je serais fou. Figure de tonnerre...

lundi 23 novembre 2009

Monks


:
Fair of my awakening to this new dream
Your name Eve of a sunrise is Echo or Mirror
you turn in the unknown in order to sleep out from this Error of Dream
so you take me to the candle as I see my face in you as for Moonrise
We've talked, we have practiced Peace
as I love to put at your feet when you piss
God is fat enough to be respectable
and you will see it's Him
the angel of idolatry, the top of my thinks.

Tough is the fight with God
and if He were not in love with me,
he the splendid mirror of my illusion
the giver of truth,
he will transform me in a deadly flower.

To asume the consequences of my acts,
in this hyeroglyphical of dream,
was a path of Winter Time,
honored by snow and the flash of extreme Cold,
but you are a charm on this path
some deer light of sight on the movement,
some healing heart of some far spot representing a monastery
some company of the pilgrim
waking up in the grass,
by diamonds of the farewell made pure Beauty.
This is the Milky Way of repentance and joy
the trip to reality.

As the warrior of fair keeps in walk
she gets the memory of love on the feathers of her helm
so as when, for the first time,
she surrendered to a story teller
in the fight and the bleeding of fair
to hear her own story preached along by a stranger
without God and cursed,
an artist living of rain and sun
feeling wind in the borders of the road.

This was the story I told to fair Eve
of how we met and I became her poet,
and the painter of miraculous legs and shoulders,
the sticking with her genius. A comet
in fact kickly leaves
to the orders of Fortune, may the cursed say.
Stylish fairs desappear
taking back their gifts.

In a babylonic shopping list
the hours and days of each planet
are painted to forget,
you should never have the bright
of these sunny shots of sex.
You will have cender on a canvas,
but so recent enough to light your fire.

So I'm singing with monks
gingle belling and smoking night cigarettes

Uccellini
time invisible flight of understanding

the monks and the birds of Venus, pigeons,
smile to me, with the old feathers
looking grey
and looking great to my walk as they flash.
:

dimanche 22 novembre 2009

Santa Asinidad I


La question "vous faites des rêves" est devenue presque obscène.

He explotado. La obra está cubierta de sueño como de una baba, hace parte de mí o de lo que queda de mí. Los chicos se hacen fotos fumando con las estatuas. Serán tiempos donde la palabra Arte provocará risa. Como una identidad no deseada la poesía, o sea la metafora salvaje, irrumpirá en la charla con funesto augurio. Uno querrá tragarse sus palabras. Existirán quienes, inmorales, sentirán un placer malsano en escuchar a los poetas a su pesar. El cine de Bombay será considerado el colmo de la modernidad y nadie recordará Calcuta. La gente normal se prostituirá en el trabajo, y sólo existirán dos categorías de personas, los políticos y los individuos. Las fiestas serán el festejo de una condena.

samedi 21 novembre 2009

Kali


$$

I can make one phone call
to the King of spirits in deep night
he will open all the palaces in the island of fair Isis
if he minds as he does.

There is no crowd to listen
but a single king in the body of an angel
trembling because of the knowledge
alone, alone
he watches TV as an ancient river
to make him purified,
he is the king of spirits
on the theater of interior bullfighting
he speaks from deep night to me.

Me, Myself And I
from Billy Hollyday to the hard rock of L7
are all females.
Vamps in Russ Meyer movies
turn to intelligent slaves when you are intoxicated
so the period of fairie queene makes you poet.
It's tough that girl-friends and moon could
inspire a song of destruction,
where rules of music are distorted by queer.

I have seen the bleeding heads
on the neck-lace of a dark skinned
goddess, and fair on it,
like If I was in permanent war with the top of mankind.

As if she was the other one in my life
the black goddess was in accordance
to my wills of prince and poet.

Me, Myself and I
are all females,
so one of them is fair Death
and this is impossible to know which one
is going to deliver you from the two others.
I was killed on a rock and roll concert in 1992
since I am a spirit and a soul
without body,
only a neck-lace of bleeding heads.

Who are you this night ?
I am the same.
So tachycardia is the life
of ageing spirits,
killed many years ago.
Is soul going to call spirit ?
Just dial on the medecin door of each planet
the code, the number
of fair and wonder,
spirit will come down on you
to closer Death allow to drive you here and now.

You, my soul, are a princess, a fair,
you are called Eve because you are a portion
of the father.
You don't want emptyness, and you dance to feel
of better spirits, of voices of children on your ear, your fair ear.
Now I wait the morning and the end of night
whispering cigarettes to my soul fair Eve
because of the light magic on domestic fire.
I think on people I know on the book of illusion.

$$

vendredi 20 novembre 2009

the picture of Isis


*


The ape of hollow glasses, aped scribe of some Egypt
ancestral of confusion between human and beast
dressed out in furs suddenly smoked with cigarettes
which he light in lung penitence,
he, the ape,
took the tools of color and line
some evening in the corruption of memory
in order to possess the shape of fair.

Virgin Queene of the Moon
suffering darkness
offered to painter kiss closed lips,
and spoke silent of some war in the sky
of angels enivrated with hate
how dangerous was the place of towers
penetrating heaven and its bloody roots.
She had the corpse of a heroe
in the palm of her delicate hand.
This corpse transformed in a rose,
and buried in a glass of transparence.
Painter could not betray his wild thought
that knew not the slow pouring of merit
and pretended to rape the image enchanted by brush.

Becoming a woman of greatness,
Virgin Queene of the Moon took the thorns of martyrdome
and set them on the beastly heart of the artist,
to make remember the existence of past knights
in her astral life,
and found in crowded luxurious beaches and disco streets,
fair Eve mother of abstract human, fair Patience secret queene of virtue,
fair Pamela at the same time,
and coffee shops in Montmartre, people of Bagdad in constant danger,
people of Sahara and emprisoned knights starving for medecines and food,
cursed by fear, as those points of those thorns.

A drop of gold made smile the portrait
and the model,
the instant of a brief sunset
and of communicating with militians muses all around
to make present the rare art of an ape,
imitation of itself under the influence of fair,
this is so Nature to the sight of the father
humble king sitting on the air.

This is for the part known by men
I tell not the drops of cry in a cursed trip on the darkness
occulted by thick lines of cloudy sky and magazines
which speak none
and of the impertinence of idiots
as a female crucifixion,
something familiar and silent and painful.

This is not known by men
fair is foul on their papers
foul is fair to their finger strokes
because they are blind now and then.

las modificaciones

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Las modificaciones

Las modificaciones que introduce el dinero, como el doble de las modalidades infernales, para aquellos que piensan que Satanás es el dinero. Por alguna razón la falta es una seña de identidad, la falta es el signo de Dios, como identidad soberana. Sólo cuando hayamos terminado la imagen de Dios, cuando hayamos proclamado en la cámara de ecos de nuestro ego la muerte de Dios, se hace posible el sabbat de las brujas, la suspensión del Bafomet.


Queridas amigas, y querido Vic, porque finalmente vengo a lo de Azúa, hoy estoy oscuro y me considero instruido en vuestro circular eterno femenino. Cortar con tijeras el círculo vicioso. Muerto Dios no necesitamos ir a misa ni rezar ni bautizar a los hijos. Una importante modificación, parecida al pecado del rico. No estamos lejos de librarnos de la pobreza cristiana, la gran culpa. El dinero somos nosotros mismos, corporalmente, por la carne, por los límites protectores. Pero el cadáver de Cristo me conmueve. Reconozco los rasgos familiares de la identidad, y vuelvo a rezar, condenándome a la frustración de la santidad.


Un hombre ha dicho que el dinero es energía, o que es amor, puede ser. El asceta de esa energía es el verdadero loco. Se cree Dios cuantitativamente, mientras el artista sabe que es Dios tan sólo en su parte muerta, en sus lagunas. El dinero es extraño al artista porque entra y sale, porque modifica su vida, pero sobre todo es el satánico cadáver de Dios, su desaparición y su pobreza. El artista presente no conoce cómo se produce el abismo de la riqueza.

Videlicet, cuando digo "satánico cadáver de Dios" propongo reconsiderar para el dogma la antigua herejía del cuerpo demónico del Cristo, con la innovación de que su única participación de lo humano, siendo muerte y escarnio, es a título necesario la participación en el horror, en la sombra, en el mal, la adopción temporal de la máscara de Satanás. No otra cosa se representa en el mito de su descenso a los infiernos y al seno de Abraham, su mano tendida a Adán, el primer pecador. ¿Qué relación guarda esto con el dinero, poderoso caballero?

No podemos sino admirar a los perversos, que obtienen siempre lo que buscan, que se satisfacen. El papado mismo se aparenta a la perversión, en el imaginario contemporáneo. Cuanto más el oficio de artista. Pontífice y pintor. Dos artes mímicas para convencer de la duración de lo idéntico, para sepultar discretamente a Cristo. En cuanto al dinero : Ecclesia non iudicat de occultis.

En definitiva, gastamos dinero antes de producirlo, quizas porque el dinero es la cadena simbolica que nos conduce al trabajo. Que nos seduce para el negocio; para la prostitucion del arte a la que tan sensible fue Savonarola.

jeudi 19 novembre 2009

primer estadio casi definitivo de un cuadro



Le falta poco. Yo no hago acabados relamidos y alambicados. Todavia no estoy contento de la mirada, demasiado neutra, ni del seno impreciso.

mercredi 18 novembre 2009

faerie folies

myth of silk

A King of spirits knew a mortal in Filipines and earned the misery of loving by its only prestige on seweing and embroiding a veil given to his nights. The crowned head loved delicate objects, and used to caress existence with soft hand. Full of desire the god was washed cold by despise in discovering the wrong sex. So called to him the musicians and inspirers set on the stars, and skill from the mortals and applied to worke by a ravishing veil to mist over the imparfection of human.

In reading these male loves the countess
the fairie countess healed the frozen spirits of her court
ambassadors came every sunrise and each time she was in sorrow
to transmit the compliments of all counts and princes
and happened that theater in Manila
in order to charm the tongue
asked for her presence and teachings
promising the circunstance of fair.

A very important fair that ruled Manila gypsies
by her beauty and wisdom, seemingly, because we are not told
of punishment or curse, we are told of travelling painters and poetry,
Estrella was called, received fair Elvira in a mood of pain and fever
troubled dreams had too hard enivrate her inteligence
and wisdom had no hands to offer its natural gifts.

By providence of faerie queene this was the occassion renewed to fair Elvira
to realize compassion and self-giving in the green golden and silver paradise.

Coming from the chamber of illness a fishape dragon
declared to be possesor of the sweetness and blood of fair Estrella
and there were fight between the spirit and dust
which fair Elvira prepared late in the air by oxidating her arrow

They did not know a knight was spying curious the beginning of fight
and prepared a human sword to take part
in the distance
and in silence of peaceful music

le règlement


Manuel Montero

le règlement

(récit critique)














Agacé par des remarques sur ses manques de prudence dans l'ivresse médicamenteuse, et par d'autres questions en batterie, Francesco a été méprisant envers son être aimé et il lui a commandé carrément de se taire. Nous comprenons la violence qu'elle a pu ressentir, face à un petit mâle qui prétend la gommer de la société, qui n'a presque pas de mots encourageants, qui se fout de ses projets.

Ils dînaient à La Fontaine Gaillon, et ils arrivaient d'une conférence de Luc Boltanski. Elle trouvait que le speech péchait d'un jargon et d'une langue de bois qui le rendaient hermétique. Francesco était inspiré et il a mis en lingua franca l'exposé du dernier livre de Boltanski ; il était si enthousiasmé de pouvoir le traduire comme ça dans une langue plus imagée, plus chair à canon délicate, qu'au lieu de parler en demi ton, il poussait de vrais cris sur le chemin du métro pour expliquer Boltanski.

Francesco a été ambigu sur ce qu'il cherchait dans les autres modèles, à part elle. Il a parlé d'une recherche de l'obscénité, attribuant à cette idée des propriétés miraculeuses sur sa carrière. Il voulait persuader Virginie que ce n'était pas de la sensualité qui lui suffisait, qu'il trouvait la joie dans le sexe explicite. En fin de comptes il voulait briser son armure d'espoir à elle, sa pudeur, son rêve d'une carrière à côtoyer la classe politique qui la faisaient mettre les limites du convenable au travail de Francesco. Mais dans le désir ou vocation de son métier de peintre il y aurait une indépendance implicite, un refus des contraintes.

Donc, les voici au restaurant de Depardieu et il entend un anglophone qui ne fait qu'élever la voix. A la grande déception de Francesco, il ne comprenait pas un seul mot et se disait en son for intérieur qu'il avait du culot de s'être mis à écrire des poèmes en anglais. Mais surtout, le café qu'il avait pris au bistrot où Boltanski a parlé à son public avisé lui avait fichu un horrible Parkinson par le mélange avec ses médicaments, et il était agacé corporellement, physiquement, qu'on lui fasse remarquer son manque de retenue avec le café tout comme d'être trop tendu pour répondre avec un peu d'humour.

Une rancune lui cuisait dedans, et c'était peut-être un peu de jalousie. Mais voyons ce qu'il y a dans cette jalousie pour raidir Francesco comme ça, pour mépriser tellement. Vous trouvez la concupiscence, vouloir être propriétaire, ce qui revient à pouvoir se dire qu'on connaît tout de l'autre. Et voici que leur conversation à Roland et Virginie lui est impénétrable. Aux quelques questions que Roland pose, par courtoisie et pour voir si Francesco peut suivre, il n'a que des lacunes, des boutades, si on insiste. Donc ce n'était pas étonnant qu'il sorte fumer à la terrasse et qu'il se sente vexé du reproche sur son tabagisme. C'est comme si on lui reprochait son ignorance du monde qu'elle partageait avec Roland. L'on ne devient machiste que quand s'opère le clivage entre l'homme et la femme, et il est certain que c'est une des épiphanies du Mal, un artifice de la haine. C'est pour cela que mon ami Francesco apprécia la guerre psychologique sous le signe de la femme dans la prison américaine de Bagdad, qui avait autant scandalisé les médias.

Dès que Francesco fait un examen de conscience, il a un penchant pour la domination féminine. Son inconscient ne rêve pas de rapports égalitaires. C'est cela que l'optimiste classe intellectuelle nous dérobe, cette injustice implicite au libidinal. Alors les couples tourmentés sont de rigueur, obsédés qu'ils sont sur leurs droits individuels, d'une individualité fragilisée par le genre, soit le manque de différence, puisque la différence est indifférente. La domination dont Francesco rêve est la seule forme non méprisante de la connaissance de l'autre. Il se peut qu'il projette sur elle tout le mépris qu'il a subi et que, se rendant compte de son injustice, il préfère le subir in minore que de l'appliquer sur le sexe faible.

Francesco friture du jour, rumsteack tartare et cappuccino, elle de l'Esprit de la Fontaine avec Roland, foie gras au coeur d'artichaut, poisson ; pour Roland pâtes à la truffe blanche en entrée et rumsteack tartare. Je résume. Francesco a pris du café comme dessert et il est resté distrait de ce que les deux autres prenaient. Sa main a tremblé au mauvais moment et il a failli s'asperger de café crème, la tasse était évasée. Il s'est regardé de haut en bas et s'est senti soulagé de ne pas s'être taché les vêtements.

Francesco a été un enfant têtu et paresseux, sauf pour dessiner. Je pense que c'est le psychanalyste américain Bateson qui a étudié la fonction de la mère dans l'étiologie de la schizophrénie, de par ce qu'il appelle "double bind". En tout cas, je pense que si sa mère avait été moins puritaine, Francesco serait plus aimable avec ses maîtresses.

C'est du luxe quelqu'un qui s'occupe de vous, qui fait des efforts pour vous comprendre, tout en restant un continent inexploré, parce que lui, ses états d'âme avec les femmes lui avaient bouché les oreilles, il n'entendait que l'écho de sa propre voix. Jamais, par exemple, Francesco n'avait laissé libre cours à une chanson de sa part à elle, à un poème, à une confidence. Il n'était pas sorti de sa bulle. Et c'est une bulle lourde qui écrase et qui aplatit tout. De là que Francesco fantasme d'un soulier à talon qui s'appuie sur son dos.

La sexualité est une mise en scène pour inverser les manifestations de l'injustice. Un léger masochisme est propre à l'homme de génie, au mâle. Même un gigolo est injuste en tant qu'homme, et il le sait et il culpabilise. La culpabilité a donné naissance au théâtre et à ses catharsis, autant dire aux arts du bordel, et aux secrets de couple.

Le temps qu'ils sont restés à la conférence de Boltanski, Francesco s'est placé près de la porte, accroupi un peu à la manière indienne et africaine. On lui a offert plusieurs fois une chaise, mais il a préféré rester comme ça, même s'il tenait en équilibre son café. Il ne sait pas si Boltanski, avec qui il a croisé le regard plusieurs fois, pensait que son attitude était moqueuse. Loin de là ! Il s'était hyperconcentré à suivre son idée de sociologie critique, et à ne pas se laisser aveugler par les sorties d'humour. Ensuite, comme ils ont parlé, elle et Francesco, alors il a pu lâcher prise.

En fait, Luc Boltanski, à cause de ses nouveaux corollaires anarchisants, semble chercher au bon moment la jeunesse éternelle. Francesco m'a raconté qu'on sentait Boltanski plein d'illusions comme un jeune homme qui a gagné un prix. Je veux dire plutôt, qu'il s'est construit un labyrinthe pour se perdre et accomplir l'exploit, qu'il a trouvé la forme, l'architecture, et qu'il en est fier. Parce que la théorie est comme un deuxième corps, un corps qu'on peut vouloir toujours jeune, si on a l'art.

Cela implique, pour avoir voulu un deuxième corps, d'avoir bien profité du premier, d'aimer son image.

pascinisme vue centrale (2009)