dimanche 4 mars 2012

Canular sur Michèle et moi (roman)

Puisque ma vie est devenue un canular, les mémoires qui me restent à écrire seront ni plus ni moins littéraires qu'un canular, mais elles se doivent du merveilleux, de l'étonnant et du ridicule en même temps. Le style propre à déclencher la paranoïa ou l'accélération chez le public éventuel intéressé ou pas.

Michèle a dû raconter dans son entourage que ses rapports avec moi relèvent du flirt et de l'inconséquence, que je suis un pauvre con, bref. Et pour rester conséquente elle est sagement rentré chez elle préparer le dîner à son fils musicien folk, qui passe plutôt la nuit en boîte ou chez des copines, et peut-être aussi pour faire comprendre à son ex, ce bon samaritain, qu'il y a peu d'hommes sur la terre qui aient ses qualités et sa grandeur d'âme.

Cela m'a permis de me pencher sur les allusions à la biographie de Gide dans un livre de Léo Scheer sur internet, notamment à la destruction de sa correspondance privée (document in fine pour un roman à venir) par sa femme jalouse. J'ai aussi profité pour trouver un arrangement avec mon propre fils qui me permette d'écrire la nuit. Bref, je suis retourné chez moi.

J'ai raconté à Michèle au mobile que je suis en train de commencer pour la première fois un roman, carrément un roman, en français, carrément en français en non pas comme les précédents en espagnol. Ma muse dans ce projet à long terme a raccroché me disant qu'elle m'appellerait plus tard et je me suis dit que je ferais donc mon roman en direct, puisque le français je l'utilise sur le blog et sur facebook pour consommation immédiate. Cela rendra tendue l'action, qui, malgré les boudins de mémoire, reste à vivre.

Que cela ne fasse qu'éventer la puissance d'un vrai roman je n'en doute pas, si vous voulez me dire cela avec plein de ferveur. Mais le roman o les mémoires en tant que canular n'auraient la sauce fantastique que je sais préparer sans ce détournement des bons procédés.

Tous les artistes se targuent de bien connaître le sexe et de le décliner souvent dans les meilleurs intensités de son spectre, aucun, même celui qui se pose en maudit, va faire étalage d'une vraie grosse pitoyable misère sexuelle. Sur internet on fait mine, si jamais quelque chose comme ça nous arrive entre nos multiples aveux de routine de lécheurs, que ce n'est point un coming out, mais bien un soupir au deuxième degré.

Je pense que plutôt que les détails de la rencontre et des précédentes, plus aptes à m'inspirer une lettre de tango, et la chorégraphie avec, ce que je veux c'est foncer dans le trash du punk revendicatif, or whatever. Puisque c'est un canular, au risque de virer lyrique ou ringard et perdre le percutant. J'ai des moyens pour faire mal, dans l'abstrait, faire de l'abstraction, de la peinture abstraite, du malfaisant canular, ça viendra.

Le corps se réveille, en peu de secondes le rêve est transmis à la jeune dame, avec le sexe encore dans son tétanos de l’aube. Le rêve est tapé sur un vieux mobile. On garde en tête les autres femmes ? A ce moment on est quand-même conscient qu’on est limite en train de harceler. Mais l’excuse intello est implicite aux mots choisis pour condenser les images érogènes. La jeune femme en princesse… mais on évite le mot pour banal. L’on dit plus sobrement les vrais images choc, ou métaphores. Le mobile ne conserve pas les messages depuis des semaines, il est saturé. Elle possédait un jardin et on s’était caché là dans un pavillon de corail. Je lui faisait rencontrer ma mère, sur le visage de laquelle je crachais avec une volupté suprême. Puis je raconte une autre fois le rêve à Michèle que j’aime depuis un an et que j’ai dénommé ailleurs “ma fiancée clandestine”, à cause de la situation précaire de nos rencontres, soumises à l’inquisition de nos ex-couples, encore maîtres de notre vie. C’est ce que je voulais raconter, d’accord ?

1 commentaires:

hélène a dit…

Oui , complètement d'accord .